Puisque vous nous suivez, vous le savez : il existe entre le label Entreprise et votre serviteur un mésentente qui n'a rien de cordiale. La maison française aligne depuis maintenant quelques années de mauvais disques de groupes qui auraient pu être bons, à maxima. Passe encore : se laissant appeler « indépendant », ce label distribué par Sony et dont les budgets subventionnés n'ont strictement rien à voir avec celui d'une structure qui peut se revendiquer ainsi se fait passer pour ce qu'il n'est pas.

Entreprise vend de « l’underground » facile à ceux qui sont trop fainéants ou n’ont pas les réseau pour s’y plonger vraiment et trouver la création rock, électronique et plus encore d’aujourd’hui. C’est intellectuellement malhonnête et ça surfe sur le manque de travail de nos camarades rédacteurs. Nous avions d’ailleurs jouté en vain suite à une mention assassine, une conversation que vous aviez lue par ici. On est donc bien au cœur d’une opposition qui a tant à voir avec une forme de « politique » qu’avec le propos musical.

Mais voilà, Entreprise de sortir un disque incroyable.

Des voix ressorties de la variété 80, des synthés marqués, du texte à tiroirs, des guitares au son surfoide. Oui, il y a tout dans le EP de Fishbach tout ce qu’il faut pour un cliché facile. Du Niagara premier degré, écrit par un Balavoine de CFA diront ceux qui, fatalement, y seront imperméables. Et pourtant, ces quatre morceaux mettent à genoux.

Fallait-il vite fermer ce player ? Tenter coûte que coûte d’oublier ce qui avait été entendu ? Éviter, en société, toute conversation qui aurait tourné autour ? Rester idéologue, somme toute, et nier la qualité d’une production ? « Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard ». Une seconde écoute est irrésistible. Une troisième, une quatrième. L’obsession guette. La nuit passe, douloureusement. Au petit matin, la tentative de résister à une nouvelle session ne tient que quelques minutes. Les morceaux sont toujours aussi bien. Mortelle est déchirante, Petit Monstre est d’une classe redoutable. Bandcamp bloque, Deezer prendra le relais. Tu vas vibrer, magnétique.

La proposition de Fishbach est pleinement maîtrisée : il n’y a pas là d’esbroufe, de ressorts particulièrement pompier. Si les emprunts sont marqués, ils ne semblent ni forcés ni faciles : la frange des années 80 qui sert d’outil à la jeune fille n’a pas encore trop été marqué par les fracturation. Au contraire, ce disque regarde dans les yeux, droit dans ses basques, prêt à répondre de lui même. Il ne grime pas (le club, le garage, la musique synthétique…), il fait.

Enregistré loin des studios du label, mixé par Alf (responsable des merveilles de Mustang ou du père Sherbini) : on se prend à imaginer que le disque a été signé sur le tard, déjà enregistré, en dernière minute. Il faut tenter, comme on peut, de sauver l’honneur, de ne pas céder tout à fait. Ce format court est pourtant une évidence qui ne laisse pas indemne, d’une grâce folle, d’une beauté aussi frappante qu’interdite.

Fishbach // EP Mortel // Entreprise
https://www.facebook.com/FFishbach/

12 commentaires

  1. C’est une belle analyse, dommage que la haine et la mauvaise foi te fassent dire n’importe quoi : le disque n’a pas du tout été signé « sur le tard »… Tu gagnerais en crédibilité en laissant ta jalousie et ton ressentiment de côté.

  2. Sinon, je ne comprends pas vraiment l’accueil dithyrambique qui se profile un peu partout sur Fishback. Oui, ce disque met à genoux. Et ça fait mal, Rose Laurens qui rencontre la new-wave et l’orchestre du Splendid.

      1. Pire que ça , je viens de réécouter plus attentivement on dirait un mélange effectivement de rose Laurens avec du desireless et une touche de Julie Pietri. On avait réussi à dépasser cette époque, ne nous remettez pas ce style sur les ondes.please

  3. Mais faut aller faire caca hein… déjà la charge contre Grand Blanc était ridicule (« ils sont débutants, on parle d’eux, bouh c’est pas bien » ouai et alors ? ils remplissent pas des Trianon non plus, et quand bien même, tant mieux pour eux si c’était le cas)
    Mais le pseudo « droit de réponse » à Entreprise suintait l’aigreur et la frustration. Leur reprocher leur succès (mais n’est-ce pas le but de tout label ? signer des groupes, les défendre et miser sur eux En espérant qu’un maximum de personnes les découvrent et les apprécient elles-aussi ?! je suis peut-être naïve). Ça marche (et encore) pour eux donc ils devraient s’auto-flageller c’est ça ?
    « Entreprise vend de « l’underground » facile à ceux qui sont trop fainéants ou n’ont pas les réseaux pour s’y plonger vraiment »
    Ah oui c’est vrai, on est tous des veaux, merci de nous éclairer sur le chemin du bon goût…Mais si le 16eme side-project de ton pote qui galère depuis 10 ans n’a jamais décollé c’est peut-être pas uniquement dû à un manque de médiatisation/de copinage non ?
    Enfin en crachant ta bile sur eux pour la 3ème fois tu leur fais plus de pub qu’autre chose…

  4. hahaha cet article est tellement … français. Des grands mots, de la méchanceté, avec un soupçon de tendresse pour adoucir le tout. Fishbach est talentueuse, Entreprise font (une fois de plus) une bonne action pour la musique d’ici. Relax mec, tu te trompes d’ennemis, tout va bien aller.

  5. C’est franchement de la daube et à cause des diktats de ses labels douteux qui veulent nous imposer des pseudos chanteurs chanteuses qui n’ont rien de talentueux comme entreprise notamment et bien on a pas fini de la voir la vilaine
    Underground ou pas c’est mauvais fishback , cette fille ne dégage aucune émotion et sa voix est moche …

  6. Pouvez-vous faire une relecture de vos articles avant de les publier ? Cela éviterait les fautes (dès la seconde ligne quand même) qui pourrait laisser penser à vos camarades rédacteurs qu’il y a « un manque de travail ».

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