Les Eagles of Death Metal méritent-ils vraiment d'apparaître dans ces pages? Si l'on se pose la question, c'est qu'elle n'a même pas lieu d'être écrite.

Les Eagles of Death Metal méritent-ils vraiment d’apparaître dans ces pages? Si l’on se pose la question, c’est qu’elle n’a même pas lieu d’être écrite. Car mis à part le soi disant tube qu’il m’est ici impossible de retrouver (certainement parce qu’il n’a jamais existé) et le fait que Josh Homme fut jadis le premier batteur (qui devait être affreux soit dit en passant), pourquoi parler de ce groupe? Sinon pour vous parler de cela…

” Dave attendait depuis bientôt une heure à sa table. Ce n’est pas que Dave était hostile à l’attente: sa vie, elle-même, en était une. Mais ni le soleil transperçant les vitres du drive-in, et encore moins le damier du sol se reflétant dans le mercure de ses lunettes, ne parvenaient à le distraire. Seul le jeu de deviner quand Clay passerait la porte le distrayait vaguement. Clay et ses lunettes noires, son T-Shirt marin et sa coupe toujours trop courte sur les oreilles… Un garçon immuable et fidèle. Alors Dave jouait avec le Ketchup de ses frites en fumant une cigarette. Peut-être Clay arriverait-il avec un journal sous le bras ou une boucle créole à son oreille. Allez savoir… avec Clay. Remarque c’était un garçon fidèle et immuable. Il porterait certainement ses lunettes noires. L’oignon violet du cheeseburger faisait de l’œil à Dave. Quand on est un légume violet, on a un potentiel charme toujours plus important qu’un autre légume. C’est à ça que Dave pensait en passant en revue la totalité des types de légumes qu’il avait goûtés dans sa vie.

Quant à ce steak rond et argenté, il ne savait pas s’il en avait déjà mangé un de la sorte. Dave pensa un moment à l’engloutir. Un steak laser végétarien, c’est une bonne idée après tout. Ils avaient fini par trouver un moyen de refiler leurs marchandises. Pour sûr, à manger, c’était toujours moins désagréable que les anti-vomitif… ou même à consommer différemment. Puis il y avait quelque chose de ludique, un peu warholien dans le concept. Manger un steak laser, c’était comme boire du Harlan Coben ou sniffer du Z .Brite. Plus accessible à tous. Ca rentre, fait son effet, puis… la suite est toujours un peu plus désagréable. Mais la nature est toujours un peu désagréable… tous les légumes ne pouvaient être violets. Puis manger cela, ça ferait peut être venir Clay. Il arriverait certainement une fois qu’il l’aurait fini. Il n’y a jamais de place pour deux problématiques à la fois dans un si petit monde”.

La jouissance immédiate. Bouffer du Fast Food, jouer aux jeux vidéo, écouter le nouveau disque de rock à la mode… La limite entre art et recréation.

Aussi bien fait qu’un Metal Gear Solid, aussi délicieux qu’un CBO (Chicken/Bacon/Onion)… pour quelques heures, quelques minutes. Pas une histoire de bonheur. Pour ce genre de prétention, autant se tourner vers Alain et Balzac. Plutôt une petite mort programmée, aussi forte que l’appel de votre patron sur l’Iphone : un petit crépitement qui saurait au mieux contracter votre haine. Eagles of Death Metal ne mérite rien de plus que cela : Balancier rythmique Stones, Rockhab’ Ramones, plagiat potache JJ Cale. LE groupe Néo Rock aux cotés de Queen Of The Stone Age et Unkle. À cette phrase, nous pourrons cependant tirer la conclusion suivante: Josh Homme est la vision néo rock à lui tout seul. Et dans cette petite famille (qui ne peut pas comprendre les Gossip, ils ne sont qu’un groupe de reprises de Donna Summer), eux jouent le rôle des ploucs. Les fermiers rock star, les sudistes crétins, les Spinal Tap cul-terreux. C’est ce qui arrive quand on fricote trop avec un Jack Black et que niveau vision… c’est le strabisme nasal. Je tiens pourtant à remercier les maisons de disques qui remplissent à merveille leur rôle de marchands de soupe (dans ce cas précis, nous préférerons parler de Burgeur King culturel) et donner le mode d’emploi d’écoute de ce disque: bouffer un cheeseburger en marchant dans la nuit, un paquet de Camel souple dans la poche et les Eagles of death metal dans les oreilles. Une image intemporelle de l’éternel éphémère.

Eagles of death metal // Heart on // Downtown Record (Coop) www.myspace.com/eaglesofdeathmetal

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15 commentaires

  1. Pathetique cet article…
    J’ai adoré l’album je vous emmerde, ca fait toujours plus de bien aux oreilles qu’un Coming Soon ou un Herman Dune.
    C’est un album maitrisé, energique et classieux, avec de vrais chansons.
    Pis, bon, à cause de vous, je vais finir par croire que le gonzo c’est rien que de la suffisance et de l’ecriture superficielle… Cependant vous n’êtes pas encore allés assez loins dans ces deux adjectifs pour me gâcher la lecture des articles de Lester Bangs (relisez le, prenez en de la graine, ca pisse pas loins vos articles qui défendent des critères de qualités que vous semblez être les seuls à comprendre)

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