DLGZ rock 5 tet. Première écoute via myspace : whaouh. Deuxième étape, le concert : super waouh. Suite logique, le disque. Waouh again. Labels indés et majors de tous les pays,

DLGZ rock 5 tet. Première écoute via myspace : whaouh. Deuxième étape, le concert : super waouh. Suite logique, le disque. Waouh again. Labels indés et majors de tous les pays, que n’attendez vous pour signer ces gars? Bon dieu, des Français qui prennent de VRAIS risques, ça ne vous donne pas envie d’imprimer un contrat ?

Ces rockeurs là ont 30 ans, comme tout le monde. Ils prennent des risques, comme à peu près personne. O grand dieu, ils ont une ambition. Oh pas celle du haut des charts, des camions de coke et des hôtels en cristal dévastés pour de rire, avant de passer chez Nagui. Non, juste celle de trouver leur public. Un public exigeant mais pas trop, capable de fredonner au concert sur le chorus et de s’emmêler les baskets sur les (nombreux) changements de rythme, d’accepter d’aller là où le groupe n’a pas fait beaucoup plus de visites ; juste une reconnaissance, juste apprivoiser le terrain.

Don’t push me coz I’m close to the edge.

Pas de frontale ni de casque : basse, guitare, batterie, clavier & laptop, chant. Il y a bien un xylophone planqué au fond de la scène, mais il l’utilise avec PARCIMONIE. Pour le reste… ils font comme tout le monde, ils travaillent. Ils tâtonnent. Ils explorent. Ils TENTENT. Sans talent, cela ne rimerait certes à pas grand-chose, alors c’est sûrement qu’ils doivent en avoir. Lignes de basse from Washington, remember Fugazi dans ta face, urgence urgence urgence. Tension. Et la voix aux tripes, et le nœud se resserre, et la batterie ne te lâche plus et tu vas lâcher prise nom de dieu ?! Mais au vrai, chez DLGZ rock 5 tet (les journalistes feront l’impasse, leur nom est trop long et compliqué à taper) la première filiation évidente et saute aux oreilles, c’est Tortoise. D’ailleurs, leur première galette, ils sont allés l’enregistrer à Chicago, chez Monsieur Mc Entire.
Dis comme ça, ça peut paraître casse-gueule : à l’écoute, ça passe tout seul. Le boss a accepté de les produire, point final. Bon, c’est finalement son assistant qui a quasi tout enregistré, mais le mix, hop hop hop, pas touche, il revient au geek patron des studios. Les Américains sont impayables. Le guitariste me raconte un repas avec lui : le gars ne décroche pas un mot. Mettez vous à lui parler matos, vintage de préférence, sa langue se délie soudain. Et puis plus rien.  Reste un disque, News tricks for old dogs, qui valait bien quelques silences malaisés.

DLGZ rock 5 tet, exploration à la dynamite.

Je l’ai dit en intro : j’ai découvert ce groupe via myspace. Autant dire une gageure. 30 secondes plus tard, j’envoyais un mail à leur manager, 5 jours après, j’étais au concert, deux jours plus tard, me voilà avec mon clavier stylo, du prosélytisme plein la prose, dans l’espoir d’apporter mon caillou au fragile édifice érigé en 220 par ces petits gars du nord. J’ai mille excuses. Celle, entre autres, que Gonzaï a été inventé pour ça. Dans 10 ans, les néo-cadres chez Universal et SFR murmureront, entre deux tafs d’une super weed (« attends, la qualité, ça se paye ») et une gorgée de bon vin : « tu te souviens Gonzaï, putain qu’est ce qu’on s’est marré à lire ça… Putain, tu sais, j’ai revendu tous mes vinyles… ». Et DLGZ rock 5tet, où seront-ils, sachant que Carpe diem est une vaste fumisterie ?

En attendant la déprime, les faiseurs de binaire éreintants, les pousseurs de bouton et les labels à la traîne pour cause de trésorerie dans le rouge, je continue de faire tourner leur disque sur la platine. Je serre les dents autour d’un whisky, mes cheveux se dressent au passage de leurs riffs extatiques, par temps d’éclaircie j’entraperçois le truc qu’on appelle la lumière, les doigts vont plus vite sur le clavier, je pense à de la dynamite, je pense à un dancefloor enfin fréquentable, je pense à la pulsation, à l’énergie dévorant les câbles d’alimentation, aux factures impayables et à l’importance d’une cymbale. Mais vous voulez savoir la meilleure ? C’est quand ils me parlent du dub et de l’influence que cela a pu avoir sur leur musique : surprise sur le gâteau. Je reste coi. L’intrusion backstage d’un de leur – plutôt azymuté – fan me tire de là. Mais j’en viens à la conclusion, rassurez vous : être surpris, ça n’a pas de prix.

DLGZ rock 5tet // New tricks for old dogs // Pourquoi faire simple record (Anticraft)

http://www.myspace.com/dlgz

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