Dans la catégorie « groupe branché écouté et oublié », Breton tient une place de choix parmi la ribambelle d’expressionisme rock électro venant titiller le synthé comme une pute la demi-molle d’un fonctionnaire ferroviaire. Après trois EP et un passage obligé par les Transmusicales, les quatre Londoniens aboutissent leurs pseudo-expérimentations dans un premier album déjà ringard.

Tout a débuté dans le sud-est de Londres. Une banque désaffectée pour théâtre des horreurs, et quatre loustics étudiant le cinéma (les pires) se rêvant en nouveau groupe multimédia. Nous sommes en 2010. Après trois EP révulsants, ils s’installent dans les quartiers de Sigur Ròs, en Islande, pour enregistrer un premier album d’une ambition démesurée. « Groupe générationnel », ils réalisent également des clips pour Tricky et The Temper Trap, pour ne citer qu’eux et éviter la nausée malencontreuse. Moi, ça me fait penser à tous ces relous de Paris III qui tentent inlassablement de devenir le nouveau Buñuel, et te balancent des références lourdingues, mélangent les genres et te chient un projet de fin d’études abominable de prétention. Un réalisateur qui regarde le monde comme une racaille commençant à porter des jeans, un joueur de djembé s’installant des rastas, un rappeur blanc une casquette à visière droite sur la teuté. Tout ici est en retard, dépassé par un regard rempli de désuétude. Tenter de relancer le trip-hop mort au début du siècle ou le dubstep qui n’a jamais existé, et ne jamais l’assumer, l’embourbant dans du rock électro « à la mode », est une atteinte à la décence.

Cet album n’a aucun intérêt, l’écouter d’un bout à l’autre est un chemin de croix vers le mont Golgotha (j’en suis pas peu fier de celle-là). Pas un titre pour sauver l’autre, naufrage annoncé et drame écologique sur les côtes finistériennes, marée noire de bouillie sonore, Breton est en angle mort, aucun parti pris, pas de plan d’attaque et un mélange cosmopolite d’« air du temps », c’est à dire pollué et bousillant l’ozone. Wood and Plastic résume parfaitement l’esprit Ikea de Breton : associer deux pauvres matériaux pour en sortir un produit bringuebalant à terre après deux coups de marteau. Ici, ce sont les sonorités cheap que l’on accorde, mais le résultat est le même. Casse-gueule.

Ne nous éternisons pas sur un raté, ce serait donner trop d’importance à une prétention artistique dépassant le talent originel. Cela nous renvoie par ailleurs à mon discours sur Discodéine. Je m’étais toujours promis d’éviter le passéisme, mais voir depuis quatre ans chez Gonzaï défiler autant de tentatives infructueuses, ça fout le bourdon. Moi qui suis breton, je n’approuve donc pas ce message. Et je retourne illico à mes crêpes au rhum.

Breton // Other’s people problem // Fat Cat (La Baleine) 
http://www.myspace.com/bretonbretonbreton

9 commentaires

  1. Insultante cette chronique, qui plus est qui manque énormément de références.

    J’en connais qui disait la même chose de Since I Left You de The Avalanches, il y a quelques années.

    Allez retourne au Pôle Emploi chercher du travail pour t’occuper.

    Et pour finir sur ton inculture venons en aux fautes, j’essaye de t’aider :

    1 – expressioNNisme
    2 – c’est à dire polluER

    Avant de commencer à utiliser des mots savants, faut-il encore savoir écrire de simples mots.

  2. Cher Osymyso,
    Perso je ne trouve pas cette chronique insultante, juste honnête. Je suis globalement d’accord avec Mr Ig. J’ai écouté l’album et dès le premier titre ça sent fort l’arnaque. Moi qui suis un peu classicos sur les bords reprendre deux trois mesures du quatuor la jeune fille et la mort de schubert pour en faire cette bouillie infâme hip hop, ça m’a direct mis la nausée. Il y a eu de bonnes reprises de thèmes classiques dans la pop, je pense à Gainsbourg et Initial BB qui reprend un des thèmes de la symphonie du nouveau monde de Dvorak d’une manière magistrale. Mais là, c’est juste à vomir.

  3. Moi, cette chronique m’a méchamment donné l’envie d’écouter. Grâce à sa subjectivité qui palpite et – justement – son manque de « référenceskilfoconètrepourdonésonavi », oripeaux modernes de la vacuité qui se cache derrière des bouts de chandelle (en mousse). Dans la mesure où ce qui différencie fondamentalement la musique des artistes qui nous intéressent sur ce site ne dépasse pas la taille d’un poil de nez, je ne pense pas que donner son avis sur ce groupe requiert de le justifier par 30 références cryptopéteuses nous expliquant comme c’est crucialement plus conceptuel de répéter 10 fois Ré majeur parce 5 quand même c’est trop cheap et qu’ouvrir un filtre de synthé pendant 10s plutôt que 5 c’est un trop mega clin d’oeil à la musique sud-berlinoise période printemps été 1974. L’important est dans le détail, certes, pas dans la connerie vue au microscope.

    Peace et que vivent les avis non référencés

  4. « ils réalisent également des clips pour Tricky et The Temper Trap ». Des remixes, pas des clips.

    Au-delà du débat sur les références dans les commentaires, les sources chez Gonzaï devraient être avant tout vérifiées.

    Ce que vous voyez comme « un retard » et « un regard rempli de désuétude » prouve surtout que vous restez dans un culte obsessionnel et totalement paradoxal de groupes qui se tournent totalement vers le passé. Breton réussissent tant bien que mal un exercice difficile et audacieux, celui du mélange des gens dans un esprit DIY et libre.

    La prétention? Je ne la vois pas quand le groupe t’explique qu’ils assument n’être pas arrivé à diffuser leurs court-métrages et qu’ils ont dû passer par la musique et les concerts pour les montrer (ils ont un VJ sur scène). On y voit seulement de l’humilité et de l’engagement dans leur approche.

    C’est affligeant de voir que vous cherchez les moindre détails, le plus souvent détournés, pour justifier votre simple plaisir de troller. Toujours à la recherche de groupes très médiatisés à malmener dans vos pages hmtl pour vous targuer d’un esprit élitiste et à contre-courant, vous vous parodiez en considérant l’originalité de certains artistes comme trompeuses et non inspirées. Vous incarnez tout ce que le mot « hype » peut signifier. Un paradoxe, un chat qui se mord la queue. Mais surtout, une attitude totalement irrévérencieuse envers les artistes qui se démènent automatiquement gratifiés par vos mots bourrés de fautes et vos sources encore plus douteuses que wikipedia.

    Sinon, simple demande, je veux bien bien savoir comment l’auteur de cet article a pu écouter Practical, le premier EP du collectif sorti en 2010. Je ne l’ai trouvé nul part sur internet et j’aimerais bien pouvoir comprendre en quoi il est « révulsant ». Merci.

  5. Breton, c’est juste le meilleur album depuis ce début d’année…
    Mais bon, faut pas vivre dans le passé et juste apprécier a sa juste valeur de jeunes artistes plein d’avenir

  6. Oué total d’accord avec Thom Gonzaï c’est une bande de bâtards frustrés qui vivent encore dans les années 80 du Général 2 Gaulle, bande de bobos parisiens frustrés va!

  7. C’est qui ce BSTR qui fait rien qu’à défoncer Gonzaï ? Vais t’envoyer le commando des aristochats, tu vas moins faire le malin ! Bon, sinon, jamais écouté Breton, mais ce nom, quouahhhh. Pourquoi pas un groupe « Vauclusien ». Ou « Alsacien », tant qu’on y est. Ces Rosbeefs sont décidément à la ramasse.

  8. «  »Tenter de relancer le trip-hop mort au début du siècle ou le dubstep qui n’a jamais existé, et ne jamais l’assumer, l’embourbant dans du rock électro « à la mode », est une atteinte à la décence. » » => mais c’est exactement ça. C’est tout ce que j’avais à dire.

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