L’excellent label Azbin (Regal, Kaviar Special, Strange Hands…) sort cette semaine en co-prod avec Frantic City le dernier album de Froth, groupe garage californien qui nous avait déjà intrigué avec son premier album "Patterns", longue tirade stoner pop troquant l’immensité du désert contre une baie vitrée sur le Pacifique.

Le quatuor de LA avait notamment tiré son épingle du jeu avec l’agréable Lost My Mind, comptine nugget faisant s’entremêler avec un sens imparable de la synthèse freakbeat down-tempo flangerisé et complaintes à la Franck Black sous acide. Avec une touche de chœurs wilsoniens, pour rappeler d’où l’on vient.

Fédérés sous la bannière Burger Records (Tijuana Panther, Growlers ou encore Tomorrows Tulips), ces dignes représentant du romantisme surfer cheap et désinvolte reviennent avec un objet plus classique dans une veine power-pop entre Pavement et Ride, et avec des réminiscences de My Vitriol pour le côté répétitif des mélodies accentuées par des reefs de guitares un peu pompiers (on entend presque les sirènes mais elles ne viennent pas du large). Du rock bien connoté 90’s avec des chansons comme On My Chest mais aussi d’autres comme Nothing Baby qui rappellent une pop plus psyché-prog en mode Deerhunter avec une vraie capacité à libérer l’énergie noisy au bon moment après des boucles répétitives. Un sens de la mélodie notable, mais sans grande originalité et sans direction précise, si ce n’est peut-être celui de l’épure ou d’un retour aux sources partiellement négocié.

Un album agréable en somme dans sa production et son éclectisme avec une petite surprise acoustique en fin de course qui fait tomber dans une rêverie doucereuse, mais sans l’audace ni l’ambition du précédent “Patterns. Non contents de creuser le sillon de la psych-pop léchée de leurs débuts, les mecs de Froth prennent des chemins de traverse avec “Bleak”. Sans faire avancer le schmilblick, ils font preuve d’une certaine honnêteté définissant leur identité. Celle d’un petit groupe californien dans la hype du moment avec juste ce qu’il faut de romantisme réverbéré pour rêvasser mais pas suffisamment de fougue créative pour éviter de s’emmerder complétement.

Froth // Bleak // Azbin Records (Frantic City). Sortie le 8 février.
http://froth.bandcamp.com

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1 commentaire

  1. J’ai été les voir hier (Madame Moustache – Bruxelles) et ça casse pas trois à un canard. En même temps, j’en attendais pas plus. Mais je pensais voir un groupe garage efficace et, au final, me suis retrouver face à de la power pop teenage tendance 90’s … et même pas d’orgue sur scène (pourtant omniprésent sur Patterns) … une déception. J’ai tenu 5 morceaux.

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