Le rock garage séduit les foules : preuve en est le fameux label Burger Records agrégeant toujours plus de pépites dans ses rangs. Les têtes de proue de l’avant-garde garage-pop de LA se pressent de rejoindre cette entité hyperactive au logo adolescent pour former une constellation d’étoiles aux doux noms de Together Pangea, Dead Ghosts, Cosmonauts ou encore les bordelais Strange Hands, pour ne citer que les moins pop.

La diversité n’étant pas la moindre qualité de ce label, chacun peut y trouver son compte avec des groupes garage flirtant entre punk, pop, psyché, shoegaze, toujours dans un esprit de simplicité, d’efficacité mélodique et de réverbérations assassines. Dans cette galaxie de mutants se niche un groupe de jeunes rêveurs aux looks plus sunshine qu’une photo d’après-midi barbecue réunissant Laird Hamilton et Brian Wilson autour d’un kalhua baileys et aux yeux plus explosés que les mecs qui jouaient les grands frères dans Lords of Dogtown.

Les Tomorrows Tulips, loin d’être hollandais ne sont pas loin d’incarner la désinvolture d’une bande de potes sortant d’un coffee shop d’Amsterdam avec l’impression de tenir en laisse des rottweilers invisibles en guise de protection. Une bande de potes presqu’aussi allumés que Syd Barett, mais tous ensemble.
Sauf qu’ici les protections s’incarnent dans des guitares truffées de reverb donnant l’impression que ces gars cherchent à se faire oublier, à dresser un mur entre eux et la réalité, en deçà duquel ne pourraient survivre que sirènes sensuelles à qui on aurait greffé des roues de skateboard, plantes hallucinogènes et leurs petites gueules de minets défoncées à l’acide.

On est plus dans l’ambiance lendemains qui déchantent avec des ascenseurs de flanger du style Mac de Marco dans des chansons comme Flower on The Wall, ou dans Eternally Teenage, une chanson à l’image du groupe qui donne envie de passer des vacances coincé entre le canapé d’une veille bicoque californienne à mater Retour vers le Futur et une rampe de skate un peu délabrée d’Echo Park à taper le carton avec des sosies d’Eliott Smith.

Les voix lancinantes et plaintives d’une chanson comme Shades of Grey donnent un petit caractère bucolique à l’ensemble alors que les wow-wow et duos de voix de Roses renvoient à une Californie ensoleillée et lointaine récupérée par les yuppies de San Francisco dans leur entreprise de transformation vintage du réel pour se donner bonne conscience de dominer le monde grâce aux technologies. Mais ici c’est LA et les chansons sont harmonieuses, pleines de mélodies accrocheuses, de voix légèrement fracassées à la négligence punk pour former une entité garage-pop au poil sans grande ambition si ce n’est apaiser les petits tracas de la vie autour du spliff géant de l’amour et de la spontanéité.

On se pressera donc d’aller les voir mercredi prochain à l’Espace B histoire de creuser la tombe de nos émotions les plus blafardes et de communier dans une joyeuse effusion de câlins maltés, bercés par les reefs planants de ces jeunes adeptes du Velvet, en bons décérébrés de la côte ouest.

Tomorrow Tulips // When // Burger Records
En concert le 15 octobre à Espace B

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