14 mai 2012. Paris. Une relance par mail : « Tu voudrais pas faire une interview par hasard ? », me demande l'attaché de presse au sujet de la sortie vinyle et digitale du premier EP 4 titres du groupe pop français Aline.

« Y a matière », précise-t-il. Je le sais bien. Aline, c’est le nouveau nom de Young Michelin, le projet groupal formé par Romain Guerret après ses deux albums solo sous le nom Dondolo : “Dondolisme…” (2007) et “Une vie de plaisir dans un monde nouveau” (2010). Young Michelin, je les ai même vus à leurs débuts en concert au squat La Gare au Gorille, à l’occasion d’une soirée bien bordélique organisée par Gonzaï. Je ne me rappelle plus ce qu’ils avaient joué. J’ai juste le vague souvenir de quatre types portant les mêmes pulls mais de couleurs différentes, comme des Bioman, et d’un rock en français oscillant entre rock Pixien, popitude Indochienne et résurgence punk alterno. Pas mal, mais mal dégrossi, comme le physique Franckblackien du leader.
Dondolo/Romain Guerret je l’avais découvert, je crois bien, dans les pages de Technikart. Le mec de la rubrique l’ayant, semble-t-il, pris sous son aile en mode égérie pop française, j’y avais suivi ses aventures sous ce blaze de one man band. Comme c’était Tech’, un mag branché, un truc me disait « tu dois aimer ». Mais ouais nan, en fait pas tant que ça.

J’avais écouté deux ou trois trucs sur Myspace. Je me rappelle de son Let your daddy sleep qui pompait la mélodie de refrain du slow de Billy Idol, Eyes Without a Face. Le reste ? Pop lo(l)-fi à la Jacno-Gotainer (synthé, boîte à rythme), paroles chantées-parlées à la Houellebecq-Katerine (« Après m’être fait sucer dans mes rêves, c’est marche ou crève »). Style pouet-pouet bébête, borderline loser au bord de la crise de nerfs mais en filigrane. Un pote musicien aimait bien. Quand j’avais vu “Dondolisme” pour 3 francs 6 sous dans un magasin d’occasion, je l’avais donc ramené chez moi. Mais le cœur n’y était pas.

Et puis j’ai appris que sous la pression d’une célèbre marque de pneus — Michelin, gonflé ! — ils avaient dû changer de nom, avaient opté pour Aline, ce qui déjà changeait mon regard, me faisant penser à Christophe, à l’amour, la solitude, les sixties… Et puis dans la foulée, en mars dernier est arrivé Je danse et puis je bois, leur nouveau morceau. Pas le morceau entier hein, juste son teaser vidéo pour buzzer en amont de l’EP, et là, j’ai craqué. On découvrait un tube décontracté du gland, droopy groovy, superficiel par profondeur. Là, se plaçant sous une « double influence », « anglaise pour les guitares pop, tristes, carillonnantes et pleines d’énergie, sous haut patronage de la scène C86, de The Wake, des Pastels, des Smiths et des groupes de l’écurie Sarah records, et française pour ces textes simples et directs, naïfs et sans fioritures » (dixit leur bio). L’esthétique était nickel. Hélas, Deux hirondelles, Je bois et puis je danse, le remix : que des pépites !

Salut les copains ! J’avais envie de partager ce titre. Je l’avais même mis sur mon mur, accompagné d’une petite accroche de mon cru (« Les pizzas c’est comme les célibataires, t’es toujours content d’en trouver une en fin de soirée. ») ce qui m’avait valu une boulette – je venais de rencontrer une Aline –  en plus d’une réputation de goujat et de queutard patenté. De mon côté, je chérissais le romantisme et la fausse candeur d’Aline — le disque, leur côté french spin off des Cure et des Smiths, leurs arpèges qui flirtaient avec le soleil qui filtre entre les persiennes, la musique de quatre gars qui font l’école buissonnière, cœur et f(a)illes en bandoulière derrière leur fronde Pastels (« Longtemps je me suis levé débonnaire »).

Alors oui, y avait matière pour une interview. Le 11 mai, lors de la soirée Gonzaï IV à la Maroquinerie, écoutant Bester distiller ses conseils biz-biz à l’ami AV à propos de ses plans avec les maisons de disques (« Tarde pas, signe avec lui, il est top »). Cet échiquier business des nouveaux jeunes gens modernes, en plus de leur musique de post-Valentins, ça m’intriguait. « Mais moi je suis fatigué », comme le chante Romain, alors il me fallait un petit plus, comme un cadeau Bonux. Le RP a su trouver les mots (bleus) : « Ils avaient très très peu de vinyles mais je crois qu’ils en ont repressé. Je te redis ça. Et Ok, pour une interview par mail, par contre dans ce cas on la fait pas fleuve. » Vendu pour un rendez-vous virtuel.

Gonzaï : Bonjour Romain, bonjour Arnaud. À vos débuts, quand vous vous appeliez encore Young Michelin, on vous disait que votre musique évoquait Indochine, ce qui n’est plus le cas maintenant. Comment expliquez-vous cela ?

Romain : Quand les gens veulent nous vexer, ils nous traitent d’Indochine. Aujourd’hui on nous en parle encore, alors que ce qu’on fait n’a rien à voir — ou alors faut être sacrément tordu.

Arnaud : C’est un raccourci assez facile : boîtes à rythme + chant en français = Indochine.

Romain  : C’est un truc qu’on traîne comme une absurde étiquette made in France. Après il est bien vu de cracher à la gueule d’Indochine ; Indochine les tocards et Taxi Girl les génies. Les choses ne sont pas aussi simples que ça. Moi je m’en fous d’Indochine, ce ne sont pas mes héros, mais ils ont fait quelques bons morceaux, voire de sacrés tubes à leurs débuts : Miss Paramount, Canary Bay, Tes Yeux Noirs, c’était pas dégueu du tout, personne ne faisait ça en France, cette guitare surf sur un fond pop/new-wave. Et force est de constater que ça a très bien marché.

Aujourd’hui, et à juste titre, on vous compare plutôt aux Cure et aux Smiths, à tous ces groupes indie pop anglais en vogue au milieu des années 80. Mais moi par moment je vous trouve aussi des airs du groupe Les Valentins. Ce groupe indie pop français du tout début des années 90, que Daho contribua à lancer, ça vous dit quelque chose ?

A : Bien sûr !!! C’est d’ailleurs Jean-Louis Piérot des Valentins (alors qu’Edith Fambuena assurait micro-grattes, il tenait les claviers – NdA) qui a réalisé notre album et notre EP.

R : Moi, je connaissais deux ou trois titres mais je n’étais pas un spécialiste des Valentins. Ce fut un très bon groupe de pop à la française, un bel exemple. On nous compare aussi souvent à Gamine et aux Fils de Joie, deux groupes qu’on a découverts assez récemment. Pour ce qui est des Smiths, je pense que la comparaison tient à certains sons de guitare et à la façon de jouer. Arnaud agrémente, il est le liant de mes parties de guitare rythmique assez basiques et nerveuses. Nous serions une rencontre entre Johnny Marr  pour les arpèges jangly/twang, et Robert Smith pour la guitare rythmique tendue (un de mes guitaristes préférés de tout l’étang, Robert !). Bon, à la base, moi je voulais surtout faire une musique d’inspiration jangly et post-punk, un truc assez large qui va de Shop Assistants à The Wake, des premiers Cure aux Pastels. Et puis je voulais y ajouter des ingrédients typiquement français qui n’ont rien à voir avec le pudding, comme François de Roubaix, que j’admire profondément.

Romain, Aline est-elle la formule musicale que tu voulais atteindre avec Dondolo ?

R : Non, pas vraiment, avec Dondolo j’ai essayé plein de choses, je cherchais, j’expérimentais à mon niveau, avec les outils que j’avais, je découvrais les ordinateurs, ça partait un peu dans tous les sens : synth-pop, électro, chanson, rock. Avec Aline j’ai volontairement resserré le propos, restreint ma palette, c’est plus concis, plus stylé, peut-être plus pointu et référencé aussi. Je veux aller vers l’épure, le blanc, affiner mon langage, ma technique, mes gestes. Je reviens à mes fondamentaux, mais avec plus d’expérience. Ce qui fait sens, le fil rouge du truc, c’est le désir profond d’écrire des popsongs définitives à ma manière. Toujours ce vieux fantasme d’écrire le morceau parfait, tout dire avec rien en trois minutes… Le reste ne m’intéresse pas vraiment mais les plus belles chansons restent à écrire, comme on dit dans Pif Gadget.

“Aline c’est de la musique faite par des hommes qui voudraient faire de la musique comme des femmes qui voudraient faire de la musique d’hommes.”

Aline, c’est quatre gars. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

R : En fait nous sommes cinq sur scène avec mon cousin Jérémy qui joue des claviers et qui remplace au pied levé mon autre cousin Laurent, qui jouait avec nous au temps de Young Michelin. Avec Arnaud, on se connaît depuis un bail. Pour Dondolo (en amont de la sortie du deuxième album, “Une vie de plaisir dans un monde nouveau”, en 2010 – NdA), je voulais monter un groupe pour faire de la scène, je lui ai demandé s’il voulait jouer de la guitare, je savais que c’était un bon musicien, et il a bien voulu s’y coller. On a ensuite passé des annonces pour trouver la section rythmique. Romain Leiris s’est proposé pour la basse, et puis sa copine nous a présenté Vincent Pedretti, un batteur qui a fait le forcing pour venir passer une audition alors qu’on en avait déjà trouvé un ! Il a vraiment bien fait. Au final, on trouve dans Aline les mêmes personnes que sur Dondolo.

Vous êtes, semble-t-il, « Marseillais d’adoption ». D’où venez-vous donc ? Et est-ce bien, pour des musiciens pop comme vous, de vous tenir si éloignés de la capitale ?

R : Nous venons d’ailleurs, plutôt de la moitié nord de la France. On habite à Marseille, on s’est rencontrés ici, ça fait partie de notre histoire. Marseille c’est pas des plus pratique pour la vie du groupe, c’est pas une ville pour la pop. C’est bien pour plein de raisons, mais pas pour faire de la pop. Marseille, je la vois comme un sanctuaire : tu y es bien pour te reposer, mais après faut en bouger le plus possible sinon tu t’enterres. De par sa géographie, c’est un cul-de-sac, ça a une fin : la mer d’un côté, les montagnes de l’autre. C’est pas une ville de passage, tu es encerclé, faut s’échapper.

A : Personnellement, j’aimerais vivre à Paris… C’est pas simple de développer un groupe en province et plus particulièrement à Marseille, qui est loin de tout. La scène pop y est très réduite, voire invisible, et il y a peu de salles correctes pour jouer.

Finalement, après coup je veux dire, diriez-vous que c’est une bonne chose que vous ayez dû troquer votre ancien nom de groupe, Young Michelin, contre celui d’Aline ?

R : Je ne sais pas, c’est comme ça, on n’a pas eu le choix. Aline c’est plus facile à retenir, et on sera dans les premières pages des futurs dictionnaires du rock français…

A : C’est toujours un peu pénible de changer de nom par rapport à la fanbase qu’on s’était faite avec Young Michelin. Maintenant c’est vrai que le son a un peu changé, notamment avec la « patte » de Jean-Louis Piérot. Prendre un nouveau nom peut orienter nos envies.

Choisir Aline, c’est une manière de revendiquer une certaine féminité ?

R : Non, on ne revendique rien. Aline est juste la ville natale des Young Michelin et, oui, c’est un prénom féminin. Sa sonorité est douce et surannée, ça colle bien avec notre son. Sinon moi j’adore les groupes de pop de filles. J’aime les chanteuses qui ne braillent pas comme des putois. Les hystériques à la Björk, beurk ! Celles qui cherchent la « joliesse » à tout prix, qui minaudent à longueur de morceaux ou qui misent tout sur leur pouvoir de séduction me fatiguent aussi très vite. J’aime les filles qui ne cherchent pas à faire comme les hommes et ne font pas tout à fait comme des femmes… J’aime percevoir leur douceur, leur poésie, leur vulnérabilité, leur belle âme derrière des guitares punks pas très carrées. En général, elles ne visent pas la démonstration technique à tout prix et jouent à l’instinct. Comme c’est maladroit, c’est beaucoup plus fin que la musique de mecs. Il y a pour moi quelque chose de magique dans ce que peuvent faire des groupes de filles (ou groupes où la chanteuse est une fille). Je pense à Talulah Gosh, Shop Assistants, Electrelane ou carrément les Shaggs, pour ne citer qu’elles. Quelque chose de virginal, de très enfantin, presque asexué. C’est archi-basique et ça peut toucher au sublime.

A : Je dirais qu’on a une certaine sensibilité, qui est peut-être propre à la gent féminine. Et puis on parle souvent d’amour et de filles dans nos chansons.

R : En résumé, Aline c’est de la musique faite par des hommes qui voudraient faire de la musique comme des femmes qui voudraient faire de la musique d’hommes. Enfin, à la base, tout ça c’est rien que du punk rock adolescent transcendé…

Quels sont, à chacun, le premier disque qui vous a émerveillé, et le dernier en date ?

R : Le dernier en date, c’est le dernier John Maus (“We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves” – NdA) et le premier, comme tout le monde, ce doit être “V.U.” du Velvet.

A : Pour moi, le premier, c’est très classique mais je dirai l’album blanc des Beatles. Le dernier en date ? “Forget” de Twin Shadow.

“Une mèche mal placée, un pantalon mal ajusté, une fausse note, un chœur à côté, un kilo en trop ou une blague mal comprise et t’es mort, tricard, tu dégages.”

Si je ne me trompe pas, vous avez actuellement sept chansons en circulation sur le Net (Elle m’oubliera, Obscène, Les Copains, Je suis fatigué, Je bois et puis je danse, Hélas, Deux hirondelles). Où en est votre premier album ? 

A : Tu en as oublié trois, il y a aussi Teen Whistle, Elle et moi et Les Éclaireurs. En fait l’album est quasi bouclé, on l’a enregistré en octobre et novembre dans le studio de Jean-Louis Piérot à Clamart. Certaines choses restent à peaufiner.

Comment est née Je bois et puis je danse ? 

A : Peu de temps avant de rentrer en studio, on cherchait à faire un titre un peu diffèrent, sur un tempo plus lent, plus mid tempo.

R : La démo a été faite l’été dernier dans le garage de ma mère, à la campagne. J’avais envie de changer de registre, un test, pour voir ce que ça pouvait donner avec la « charte » Aline. Des blancs-becs qui s’essayent au funk avec leur bagage indie  pop… C’est parti d’un pattern de boîte à rythme, congas cheap comprises, puis d’un riff un peu groovy. J’avais Rip it Up d’Orange Juice (le groupe d’Edwin Collins – NdA) dans la tronche. Le texte est venu après. Ça parle de frustration, encore et toujours.

Quel est votre alcool préféré ?

R : La vodka Skittles d’Audrey et Jeremy Dervaux, et la bière « Saint Glinglin » fabriquée près de Lille.

A : Le vin.

Pourquoi sortir un EP ? Ce format vous plaît en soi ou c’est plus un truc business ?

R : C’est un format qu’on aime bien, pas trop cher, joli comme tout. J’aime l’idée de sortir des EP régulièrement, ça donne une liberté plus grande que sur un album. C’est aussi un produit d’appel pour le LP, découvrir notre musique par petites touches. Les gens peuvent aussi se prendre en photo avec l’édition vinyle du EP ce qui est, vous en conviendrez, quasiment impossible à faire avec un morceau téléchargé sur iTunes…

Il paraît que votre dernier concert parisien au Point Éphémère a été quelque peu raté, et qu’il vous a mis à mal devant plein de directeurs artistiques qui comptaient vous signer. Qu’en est-il, selon vous ? Craignez-vous un coup d’EP dans le 2.0 ?

R : Tu as l’air bien mieux renseigné que nous… Nous n’avons pas eu de retours des D.A. en question, par contre le public a eu l’air d’apprécier, enfin surtout le public de devant. Une salle en général se divise en trois zones distinctes. Devant, les jeunes et les fans qui veulent profiter du concert et participer au maximum, danser, chanter, boire, gueuler. Au milieu, plus âgés et réservés, ceux qui font attention à ne pas trop tacher leurs vêtements avec leur bière et dodelinent attentivement en rythme. De la scène, on peut les voir sourire. Et au dernier rang, les invités, les officiels, les D.A., qui discutent beaucoup entre eux et analysent la situation entre deux cigarettes.
Pour en revenir à ce concert, oui, on était ultra-tendus, sur les dents (je me suis écorché la main sur ma guitare, le sang giclait et je ne voyais pas), beaucoup s’attendaient à écouter de la pop un peu léchée, mignonne et sympa, mais nous on l’a plutôt joué punk toujours au-dessus des tempos, sans vraies nuances, pied au plancher comme on aime le faire parfois (on aime les Smiths mais aussi beaucoup les Ramones et les Buzzcocks…). En plus, personne n’a compris un traître mot des paroles. Visiblement, c’était pas le jour pour faire ça ! Au stade où on en est avec Aline, on est surveillés, scrutés. À chaque concert, tous les D.A. de Paris sont présents, ça met une pression assez dingue, c’est dur de jouer, de chanter souple pour un traqueur sensible comme moi. Il faut savoir que maintenant tout passe par le live, vu que les disques ne se vendent plus. Il faut être bon tout de suite, irréprochable, pas le temps de s’aguerrir, de se bonifier, pas le droit à l’erreur. Une mèche mal placée, un pantalon mal ajusté, une fausse note, un chœur à côté, un kilo en trop ou une blague mal comprise et t’es mort, tricard, tu dégages. C’est la société qui veut ça. C’est du sport de haut niveau, de la compète. C’est le jeu, on est en plein dedans. Ça fait aussi progresser, on l’a prouvé ensuite à de très nombreuses reprises.

A : Ce concert était très bien ! Peut-être un peu trop punchy et à l’arrache pour des D.A. de majors habitués ou en quête de choses plus lisses, surpris du rendu d’Aline sur scène ce soir-là. Mais ce n’était pas notre dernier concert parisien : Flèche d’Or, Boule Noire et Palais de Chaillot sont les derniers en date et ils furent vraiment réussis.

En ce moment, la presse à tendances parle d’un « renouveau de la pop française », reboot 20 ans plus tard de la new-wave des « jeunes gens modernes » des années 80, et vous y met en bonne place. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Cela vous grise-t-il ?

A : Je crois qu’une certaine partie du public a envie d’entendre des groupes qui chantent en français… Que la presse nous soutienne, c’est chouette, ça nous permet de jouer et de sortir des disques… Après, de là à nous sentir grisés…

R : C’est toujours agréable d’avoir bonne presse, ça prouve qu’on intéresse le public mais aussi les journalistes qui, de par leur métier, sont forcément plus sceptiques, circonspects et parfois plus blasés que le commun des mortels. Depuis le début en 2009 on a toujours eu bonne presse, de la part de la presse nationale mais aussi de la blogosphère, qui est un bon thermomètre de ce qui ce passe musicalement en France et dans le monde.
On était les premiers surpris, surtout qu’on était un peu les seuls à faire ça il y a trois ans (à part Doggy d’Anorak Records et leurs potes que personne ne cite jamais et qui œuvrent dans l’ombre depuis plusieurs années). Avoir des bons papiers dans des magazines que je lis depuis tout môme, c’est aussi très motivant. Outre l’effet de mode de la pop en français, les jeunes gens modernes 2.0 et le renouveau de la scène française, ça fait du bien de se sentir compris, soutenus et accompagnés. Depuis, de nombreuses nouvelles formations de « pop française » avec des styles différents (nous on aime beaucoup Lescop, par exemple) ont vu le jour. C’est très bien, le niveau est élevé. Faut croire que l’envie était commune, un souffle partagé par plein de gens en France. Maintenant faut pas que ça devienne un argument de vente, une caution branchée genre « c’est de la pop en français alors c’est forcément super génial ». Chanter en français n’est pas forcément un gage de qualité. Désormais va falloir voir au-delà. On veut dépasser ce phénomène de mode et s’inscrire dans la durée. On prend notre temps. Seuls les meilleurs resteront. Ainsi soit-il.

Aline // EP Aline // Accéléra Son/LELP (Idol)
http://alinemusique.wordpress.com/

Crédits photo : Frank Loriou


ALINE (EX YOUNG MICHELIN) :: Interview sans… par Gonzai_mag

3 commentaires

  1. C’est dingue, je dois vraiment être le seul à trouver que “Dondolisme” est un chef d’oeuvre. Bon allez, je retourne dans mon placard, salut.

  2. J’étais au concert du Point Eph’. Concert que j’avais trouvé très bon, tendu, rêche, joué sur le fil du rasoir. Pas raté du tout. Exactement ce que j’en attendais, puisque je ne me rendais pas à la bibliothèque municipale. Suis pas DA, et on sait tous que la crise du disque et gnagnani gnagnana, mais ce groupe DOIT être signé, si ce n’est pas encore fait. Potentiel commercial réel selon moi (évidemment pour MCM ou MTV, c’est mal barré les mecs…).

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