Seule véritable question, que j’entends d'ores et déjà retentir : pourquoi offrir la moindre ligne à cette folkeuse à barbe de Soko dans Gonzaï ? Parce qu’aucun homme n’en parlera comme moi. Parce que le journaliste s'extasie plus qu'il ne s’agace sur cette babosse en toile de tente, poussiéreuse somnambule d'un road trip à l'huile de colza. Alors je me dois d'offrir une franche version des choses, moi qui ne suis point payé à la pompe.

Je me suis promis de continuer l’écriture sans l’écoute. Mais ma maturité au poil me pousse au professionalisme. Alors, entre honnêtes gens, allons-y gaiement. Un paragraphe suffira pour décrire la bouse intermittente et cracheuse de feu d’un album aussi ignare que mon sexe. La bio de quatre pages serait l’analyse sémantique la plus hilarante d’Eric Zemmour, si seulement elle était écrite au troisième degré. Cliché ambulant de la routarde communiste, Soko a osé sortir la bonne vieille rengaine de la Zaz du hipster : “Bohémienne sans domicile, je suis une citoyenne du monde”. Le mot “troubadour” est meme lancé quelques lignes plus loin… En plus d’avoir été élu mot le plus moche depuis “croûte”, le gagnant 2010, il représente bien l’âme peinée d’une rétrograde de la guitare sèche qui navigue la gueule dans la farine et dans du mauvais Moldy Peaches.

Ok, ça peut fonctionner sur la lesbienne de douze ans venant de perdre son premier amour, déchue par le regard moqueur de ses camarades de bac à sable. Si j’étais cette adolescente, j’écouterais Soko au casque en séchant mes larmes acides. Etant plus vieux et masculé, cette redite de la dépressive à deux accords m’énerve grandement. On titille l’inaudible, on s’endort le verre de lait encore plein, les bouts de choco-fraise collés au fond par ces longues plages de Valium. J’ai écouté l’album une fois, d’une traite. Et la seule réflexion intelligente qui en ait découlé, c’est qu’ils devraient mettre un logo “interdit au volant” sur la pochette. Écouter Soko ou conduire, il faut choisir. Et mourir sous les braillements d’un accent anglais foireux et d’un clavier Okapi à deux touches, c’est la lose. D’ailleurs, que ce soit sur la route ou tranquillement a poil dans son pieu, il faut bannir ce ramassis de conneries.

Je ne m’éterniserai pas plus sur le premier album de ce phénomène à deux sous : ça sent les aisselles humides. Elle qui revendique le poil et les pantalons bouffants, elle complète sa panoplie du mauvais goût par quatorze titres mielleux à peine valables chez My Major Company. “Pour l’essentiel, je ne fais que pleurer sur ma guitare”. Moi je pleure pour ta guitare. Du balais jeune Soko, fausse personne pour mauvais album.

Soko // I thought I was an alien // Because
(Sortie le 31 octobre mais on n’a pas pu s’empêcher d’en parler avant, désolés)

http://www.myspace.com/mysoko

4 commentaires

  1. ouais assez d’accord dans le fond
    sauf que c’est déjà son 2eme album
    vue dans un festival à Lille entre Late of the Pear et je ne sais plus quel groupe, elle demandait à la foule de pas parler pendant qu’elle chantait parce que juste avec un gratte et sa voix, c’était pas cool…
    Le public ne s’endormait pas, il n’entendait même pas qu’elle était là !

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