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THE CARS
Move like this

Qui oserait ressortir sa vieille tire du garage après plus de 20 ans d’immobilisation ? A moins de posséder une DeLorean prête à tout pour retrouver sa gloire passée. Ric Ocasek reforme The Cars et s’amuse à jouer les Marty McFly dans un Move Like This qui prend très vite l’allure d’un retour vers le no future.

A la fin des années 80, les Cars étaient au sommet. Devenus les précurseurs de la new wave, portés aux nues dans le New York Times par un Robert Palmer enthousiaste. Je parle du célèbre écrivain américain, critique, pas du chanteur anglais dont on avait déjà trop entendu le tube Johnny and Mary. Un peu d’ailleurs comme ce titre phare des Cars, Drive (1984) numéro 1 des charts qui avait fait à peu près trois fois le tour de la planète et permis à des millions de branleurs de connaître leur première vraie érection dans les frottis de slow des boums de l’époque. Il y avait eu When a man loves a woman par Percy Sledge, Night in white satin des Moody blues, Hotel California des Eagles. En complément, quelques réalisations aux senteurs d’après-rasage Mennen skin bracer des teutons de Hannovre : Still lovin you ou When the smoke is going down de Scorpion aidaient les plus timides à lever la queue et piquer la gonzesse là où ça faisait du bien. Il faudrait désormais compter sur les Cars, devenus d’autant plus cultes que le groupe s’était récemment dissout. En 1988, alors que le groupe disparaissait, la new wave était elle partout, dégueulant ses tubes sur les ondes pour le meilleur mais aussi pour le pire du genre, je cite en vrac : Eurythmics, Ultravox, A-ha, Alphaville, etc.

A cette même époque, Retour vers le futur cartonnait au cinéma mais moi, je préférais jouer les Dr Emmett Lathrop Brown dans les coffres des disquaires d’occasion de ma province. La lampe sur le front, les yeux écarquillés et les cheveux ébouriffés, je recherchais, comme tous les mélomanes fous de la planète, le précieux vinyle qui saurait me propulser dans le passé et me faire revivre l’histoire de la bonne musique dans ses 40 minutes de microsillons. A vingt balais, j’avais encore tout à apprendre et la chance me souriait parfois quand, après avoir remué du bout du doigt 20 tonnes de 33 tours usés, je tombais enfin sur le truc ultime. Comme en ce jour où je tombais nez à nez et coup sur coup avec Heartbeat City, cinquième album des Cars, détenteur du fameux Drive, et le cultissime Eternally Yours des Saints. Il me les fallait ! Fouiller, la main moite et tremblante, les poches de mes jeans usés à la recherche du précieux biffeton de 100 balles qui me permettrait de les ramener sains et saufs dans le confort douillet de ma piaule d’étudiant. Le premier avait pour moi la valeur culturo-capitaliste du « il faut posséder ce disque, c’est culte », le second aussi mais avec un affect plus particulier. Entre les Ramones, les Clash et les Sex Pistols, les Saints trouvaient définitivement leur place sur mes étagères et dans mon cœur de jeune punk-rockeur insatiable et insoumis.

Voilà pourquoi la reformation des Cars et la sortie de Move Like This a pour moi ce sentiment étrange d’un bancale retour vers le no future. Car était-ce vraiment utile de briser le mythe ? Le disque manufacturé 80’s a la forme d’un vieux pin’s chevelu, oreilles décollées et Ray-Ban sur le nez. Avec des compositions Ocasek archi-classiques qui ne peuvent que plaire aux fans minimum quadras, ce pur produit commercial aide à se refaire le compte en banque sur le dos des papas bedonnants qui s’ennuient dans leurs bagnoles à crédit. Je n’en rajoute pas, ça sent un peu l’arnaque. Le disque est plaisant dans l’ensemble, avec un Sad Song vraiment catchy et un Soon aux saveurs de Drive dont la mélodie finit par devenir obsédante, pour ne pas dire envahissante. Mais j’ai été beaucoup plus heureux de ressortir mon vieil Heartbeat City de son étagère et de lui murmurer doucement, caressant ses sillons : « toi, tu restes culte mon pote ».

The Cars // Move like this // Universal
http://www.thecars.org/

2 Comments

  1. serlach.

    25 juin 2011 at 11 h 09 min

    en tout cas la perruque de papy mod et le cuir de service ça fait bien mal. Note pour plus tard, essayer d’éviter le ridicule

  2. LE_POULPE

    25 juin 2011 at 14 h 04 min

    Ah ah oui, c’est ce que je me suis dit aussi mais je ne voulais pas enfoncer le clou rouillé. D’autant plus que mon avatar ressemble à un pin’s raté d’Ocasek. Je ris … jaune … mais je ris !

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