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Plus fort que la coke et le café, le « Big Bang » du Réveil des Tropiques

Dans la jungle des sorties printanières, certaines parviennent à s’extirper de le massage avec des guitares coupe-coupe. C’est le cas du Réveil des Tropiques avec un deuxième album tellement drogué qu’il est inutile de se piquer l’avant-bras ; la dose est délivrée en seulement 4 morceaux.

Il est impossible de savoir si, avant de rejoindre les étoiles, Stephen Hawking aura eu le temps d’écouter le deuxième album du super groupe du Réveil des Tropiques – le premier depuis six longues années. Une chose est sûre tout de même : les deux ont un point en commun, et ce n’est pas le handicap.

Juste avant de mourir, dix jours pour être exact, Hawking mettait en mars dernier la touche finale au grand œuvre de sa vie ; un article tendant à prouver l’existence d’univers parallèles dont la création aurait été rendu possible par le Big Bang. Vous nous voyez venir, mais l’album du même nom, et dont il est ici question, contraste tellement d’avec le jus de chaussette cosmique délivré par des entités fainéantes (au hasard : toute la pop blanche bourgeoise et faussement hédoniste sponsorisée par Desigual) qu’il semble lui même sorti d’un monde enfoui, souterrain, et où des farfadets neurasthéniques se seraient mis en tête de creuser jusqu’au cœur de la terre en écoutant Neu ! à fond les ballons.

« Big Bang », le disque, est de ce point de vue bien plus qu’une théorie. Fruit de trois jours de jam dans un studio breton (le Kerwax, avouez que ça claque), il est ce qu’on appelle un album libéré, sans contraintes, allemand dans la construction (« c’est du solide ») et gavé de stéroïdes dignes de l’époque où l’Allemagne enfantait des sportifs métronomiques. En clair : « Big Bang » est un formidable hommage au krautrock qu’on croyait rincé jusqu’à la moelle. De ce point de vue, la présence dans le groupe de membres de Oiseaux-Tempêtes, Casse Gueule ou Trésors permet de faire le lien, cette fois vraiment astral, avec Harmonia, l’autre émulation teutonne de Michael Rother (Neu !), Hans-Joachim Roedelius et Dieter Moebius (Cluster) et Brian Eno. Mais dans une version nettement plus bourrinée aux couleurs jazz cinglé à la Miles Davis et qui, en plus, ne s’encombre pas des effets de manche.

En quatre titres, l’affaire est pliée. Avons-nous rêvé ? Ce disque a-t-il vraiment existé ? Stephen Hawking était-il en réalité le sixième Beatle ou bien le père spirituel de Hawkwind ? Et cette pochette de femme tronc pondant de planètes, n’est-ce pas un signe d’espoir pour l’Humanité ? Ou doit-on à l’inverse envoyer Vianney, Kanye West et tous les affreux utilisant l’adjectif « aérien » dans l’espace pour s’étouffer afin de rester entre gens bien, sur la planète terre, à réécouter en boucle cette furie furieuse qui jappe des cris chelous ? Après 42 minutes, toujours aucune réponse à ces questions, le réveil, le vrai, vient de sonner. Il est désormais l’heure de se rendormir.

Le Réveil des Tropiques // Big Bang // Music Fear Satan
https://musicfearsatan.bandcamp.com/album/le-reveil-des-tropiques-big-bang-cd-lp

2 Comments

  1. tu cherches? viens j'en ai plein

    17 avril 2018 at 15 h 01 min

    on essaie de chroniquer de l’absurde? on cherche la ‘caution’/’rock’, des drogues, on n’est serrer dans son slim, & godillots de chez agnés, le rock c’est du foutre! et se foutre dessus.

  2. Alan Smithee

    17 avril 2018 at 19 h 12 min

    Jolis visuels de ce bon vieux Philippe Caza

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