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COWBONES
La mort aux trousses

C’est près de Gigors, fief du Freakshow festival, qu’officient les membres du groupe Cowbones, dernière proposition du label Casbah Records. "Vox populi pollux", leur deuxième album, balance douze morceaux d’une sincère animosité. La preuve que vivre à la campagne n’adoucit pas les mœurs. Ni leur musique.

Pas facile d’écrire sur un disque des Cowbones. Ou plutôt, pas pratique. Les doigts deviennent épileptiques sur le clavier, entrainés par les cahotements du corps qui répond instinctivement au son et se fout bien de la prose qui peut en découler. Le corps a souvent raison, c’est l’indicateur le plus juste, l’applaudimètre intérieur. Et là, c’est un putain de stade de France en feu qui se déchaine entre les tripes. Du garage digne de figurer sur les vieilles compiles Born Bad, digne aussi des Cramps, ou de Haunted George. Le synthé revêt des accents de Quintron, roi de Louisiane s’il en est. Le sud, le feu, la crasse et une voix d’outre-tombe : tout y est.

Cagoulés comme des pilleurs de banque ou des addicts de pratiques SM quand ils prennent la scène, ces cinq têtes masquées venues de la Drôme affirment être parvenus, grâce au live « à devenir schizophrènes sans nécessité de consommer des drogues dures ». On les croit.

« Vox populi pollux » constituerait la bande son idéale pour une descente d’Orphée partant chercher Eurydice, filmée par Lynch sous une lumière rouge noire. Parce qu’il y a aussi l’urgence dans cette musique, celle de la mort qui va t’attraper si tu t’arrêtes de bouger sur leurs guitares vrillées. C’est tout le panthéon du dark qui se mélange et défile devant tes yeux, produisant des images chaudes et inquiétantes comme un feu mal maitrisé. Télérama dirait « une expérience sensorielle incroyable », on dira ici une claque de bon matin à toutes les faces de minets. Un peu de violence dans ce monde de psyché.

Arrivé au dixième morceau, ton appartement s’est obscurcit, les murs suintent d’insurrection et c’est la nuit, même s’il est quatorze heures. Un son revenu d’entre les morts donc, qui emmerde la raison et les petites chroniques bien pensées, bien construites. Après les dizaines et les dizaines de disques simili garage/punk/psyché/post punk… on l’attendait. Il est là. Cowbones.

Cowbones // Vox Populi Pollux // Casbah Records (Ossature Records)
http://cowbones.net/

cowbonescover

 

1 Comment

  1. diepoddie

    18 novembre 2014 at 18 h 08 min

    Les ossdevach seront d’ailleurs en concert à Lyon le 27/11, à Kraspek Myzik, lors de la prochaine soirée DIE POD DIE.
    Si vous n’êtes jamais allé au-delà du périph parisien et que vous ne connaissez pas DIE POD DIE : http://www.diepoddie.fr.
    Bientôt à Paris

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