CulTURIsME
//////////3 MARS 2013

BLACK BLOC NOTE
H.I.P. H.O.P. par Eric Sintès

Malgré un puissant revival des années 80, notre monde gavé d’informations a réussi à oublier trois trucs : les sous-pulls à cols roulés acryliques couleur chocolat, l’humour de Smaïn, et le présentateur Sidney qui fut 20 ans avant Omar Si le Eddy Murphy français.

Le Hip Hop était encore un enfant. Sage et blagueur. Rick Rubin n’était pas encore un influent barbu et Public Enemy évoquait plus Mesrine que Flavor Flav. Pourtant sans s’en rendre bien compte, le blouson noir a fait son temps. Billy la banlieue avec sa banane gominée et son foulard rouge au cou allait bientôt rentrer, mettre ses charentaises et avoir tout le temps de repenser aux bornes sur le comptoir de sa mob’ qui plus jamais ne sortirait du garage. Dans la cour désormais allaient bientôt déambuler des jeunes homeboys en survêtement Le Coq Sportif et baskets Gola. TF1 passait une émission sur cette nouvelle culture noire américaine et Sidney la présentait dans un prêchi-prêcha qui infantilisait et encourageait à la fois. Entre ici Afrika Bambaataa…

Tous sourires, on attendait Benny B de pied ferme avec force « high five » qui jamais ne s’appelleraient des « haut cinq ». Car même passée à Gauche, la France ne deviendrait pas la patrie du ghetto blaster si facilement. On avait maté les yéyés, coupé les cheveux des beatnicks, on n’allait pas se laisser envahir par les préceptes de basanés même pas issus de nos DOM-TOM. Ainsi la good vibe of unity qui propulsait le mouvement s’est rapidement brisée sur les rochers médiatiques, et après son reflux ne resta qu’une vilaine tache crasse. Une rébellion inutil(isé)e à laquelle gouvernement et médias n’avaient pas fini de coller leurs basques. On avait eu tort de traiter ça comme un atelier danse pour les gosses, tort d’infantiliser, de mépriser. La vague allait revenir et charrier ses caillasses mal polies. Alors plutôt que de regretter de vivre dans les gravats, on peut revenir en arrière et revoir le sourire de Sidney, la simplicité de son flow, sa confiance en nous tous. Avec tous les clichés que cela suppose, H.I.P.H.O.P. c’était le bon temps.

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2 commentaires

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  1. Burp

    Joli réa, et effectivement le hip-hop est devenue une musique comme les autres. Avec ses revivals et ses puristes, ses spécialistes petit-bourgeois blancs (dont moi) et ses vieux renois qui les courtisent à coups de samples sur-jazzy.
    Maintenant, est-ce que les années 2000 sont plus connes que les années 2010 ? Sincèrement je ne crois pas. Entre Afrika Bambaataa et Public Enemy (soit entre 83 et 88, voire après), le genre a vu défiler un odieux nombre de connards mielleux aux discours vomitifs et cul-cul. La majorité des prods de l’époque sont à gerber, bien que bon nombre de perles se débattent aussi dans la merde.
    Effectivement, aujourd’hui le paysage n’est pas hyper glorieux (et notamment parce qu’un bon nombre de connards s’imaginent en france pouvoir faire l’économie d’un bon beatmaker et d’une solide culture de diggin), mais tellement de petits trucs sortent et se défendent encore tellement bien !