Off THE RECoRD
//////////24 OCTOBRE 2010

ARLT
Français, comme un cheveu sur La langue

Un an presque jour pour jour après la sortie de sa Langue si bien pendue, le duo d’Arlt revient à la Maroquinerie le 24 novembre avec en bonus un nouveau 45 tours. La bonne occasion pour sortir notre portrait du placard.

Lui a le physique d’un Pascal Comelade croisé avec un dentiste alcoolique. Elle le regard absent et l’iris absinthe, le doigt pas vraiment pointé sur la corolle. A eux deux ils forment Arlt, duo français au premier disque (La langue) qui ne joue pas avec le métal de son zip’. Leur force : casser le caillou de la chanson française avec leurs têtes de pioche.

A la mi-aout, en plein été, l’attaché de presse me contacte l’air extatique, ses perles de sueur semblent couler à l’interligne: « Arlt, c’est Georges Brassens qui court après Daniel Johnston. Et je sais pas qui gagne, même si j’imagine que Daniel, comme il est gros, il va pas très vite ». Clic sur les chansons, plusieurs secondes de doute. Silence, grattement de tête. En écoutant les musiques funéraires du groupe, sèches comme un coup de trique, le chant de la dépressive qui sanglote comme une hallali de dernier soupir, la guitare sèche à vous donner l’envie d’intuber le guitariste avec son jeu de cordes tout entier, c’est la vision d’un congrès de professeurs de français enfermé dans un sanatorium qui premièrement s’impose. A l’horizon, une chanson flotte pourtant: La Rouille, une étrange chanson comme on en a peu entendu ces derniers temps. Un grain de beauté perdu sur un corps embué, comme un frottis-frotta entre la Brigitte Fontaine première époque et les harmonies descendantes du Love de Forever Changes. Sans savoir qui saura franchir la ligne d’arrivée la tête haute, Arlt s’avère suffisamment déplaisant pour qu’on sente qu’il faudra y revenir.
Fin de l’été, le ciel est enfin redevenu gris métro. La langue a pas mal tourné sur les enceintes, usé jusqu’à la corde pour en comprendre les mots, le parfum et les humeurs. Colette Magny qui ferait le boeuf avec Arthur Lee ? Non, non, plus subtil. Le Velvet Underground passé à la machine pour Keren Ann ? Pas vraiment ça. Arlt, pour ainsi dire, ne ressemble à aucune des couleurs présentes sur la palette, difficile de décrire avec acuité le tableau pressenti par les auteurs. Un Van Gogh peint à l’encre de Chine, à la rigueur. Une bicoque de marins crayonnée à la guitare tremblante, des ondulations de sentiments chantés dans la langue à Cali mais traînés avec le boulet de fantômes plus anciens. Peu importe le château, pourvu qu’on ait le spectre, je prolonge ma curiosité jusqu’à la rencontre avec Sing Sing – la moitié masculine d’Arlt – par une belle après-midi du mois d’octobre. Il a les mains calleuses et la voix éraillée d’un Joey Starr des matins difficiles, la dégaine des bûcherons canadiens qui abattent les chansons pour se chauffer tout l’hiver. Ensemble, nous nous éclairons mutuellement la chandelle pour éclairer les morceaux de ce rayon de soleil pâle.

La Rouille

On demande souvent aux jeunes groupes d’où ils viennent. Vu qu’en parlant d’Alrt on s’épanche plutôt sur les contraires : d’où ne venez-vous pas?

Euh, je sais pas. J’crois qu’on vient pas d’où que ce soit de particulier, effectivement. C’est euh… (raclement de gorge) Le répertoire qu’on a fait ensemble est assez spontané, peu concerté, elle et moi si on vient de quelque part c’est sûrement pas du même endroit. On ne vient certainement pas de la scène chanson française, en tout cas on a assez peu d’affinités et de culture en la matière. D’où on ne vient pas c’est compliqué…

Et pourtant on entend de la chanson française chez Arlt, mais pas celle d’aujourd’hui. Votre musique s’est-elle créée en réaction à celle disons, plus contemporaine?

Nan, je crois pas. On ne s’est pas décidé à créer des chansons en réaction à quoi que ce soit, du moins pas consciemment. Et moi, je ne me sens pas assez concerné par la chanson française pour avoir envie de faire quoi que ce soit contre. Je ne me reconnais pas dedans. Mais j’imagine que c’est pas forcément évident de faire sonner cette langue sans que ça évoque les archétypes du dit « genre ». Eloïse a beaucoup pratiqué un répertoire très ancien du 14ème, 15ème siècle, ça remonte plus chez elle, certainement, toute cette vieille chanson française. Elle est fascinée par toute cette tradition orale, toutes ces chansons obscures transmises à travers les siècles sans qu’il en reste de trace, qu’elle a récolté dans les campagnes, tous ces trucs que les vieilles bonnes femmes chantent encore et dont les textes se sont modifiés au fur et à mesure des générations et qui ont cette façon brutale d’être chantés. Comme si ta grand-mère se levait à table pour chanter une chanson de Noël, avec ce genre de mélodies frustres qu’on n’a plus beaucoup l’impression d’entendre. La trace de chanson française, chez Arlt, j’ai l’impression que ça vient de là. Brassens, par exemple, ne nous a pas marqué plus que ça.

(Où l’on revient à La Rouille, un morceau écrit voilà déjà quatre ans :  « Tu te tiens là / Je me tiens ici / Cette cigarette nous tient lieu de pont (…) Il y a là sur ta bouche / Ce je ne sais quoi qui sent la rouille / Nous sommes un éboulis de pierre, aaaah, tombons ». Les références passées au carwash, impossible de ne pas penser aux accords de Alone Again or de Love. Un jour, je me souviens parfaitement m’être réveillé avec une mélodie parfaite et soyeuse, des enchainements orchestraux d’une beauté à devenir millionnaire. Au sortir de mon rêve éveillé, je fus bien forcé d’admettre qu’il s’agissait en réalité de Andmoreagain d’Arthur Lee, cet américain fracassé qui ne fut jamais millionnaire ailleurs que dans ses rêves.)

Arlt, c’est un duo, toi contre l’autre finalement, vos goûts qui s’entrechoquent. Comment vous êtes-vous rencontré ?

On joue ensemble depuis plus de quatre ans, moi j’avais un répertoire solo à l’époque, où j’essayais déjà d’articuler en français des influences qui venaient plutôt du Velvet ou de Love, avec une espèce de mythologie pour les songwriters américains un peu cabossés. Eloïse, je l’ai rencontrée plus ou moins par hasard, elle chantait déjà ses trucs a capella les trois quarts du temps, elle débarquait dans un rade et balançait ses chansons… Je l’avais vue chanter ça une fois, me demandant qu’est-ce que c’était que ces chansons austères et pourtant incandescentes. J’en suis pas tombé amoureux immédiatement mais c’était suffisamment intriguant pour me laisser réfléchir un peu. On s’est recroisé quelques temps après, elle cherchait un mec capable d’accompagner ses chansons pour éviter que ça donne l’impression de sortir du musée, on s’est tourné un peu autour – c’était tellement pas mon pain quotidien cette musique – mais sur scène j’ai eu l’impression qu’il se passait un truc. Tout ça m’a laissé entrevoir une matière, la possibilité de développer un langage un peu flou.

La chanson de geste, un peu médiévale, c’est Eloïse. Tout le background rock cabossé, c’est donc toi.

Ouais. J’espère que ça ne se contente pas de ça, que c’est pas juste le crossover entre Lou Reed et la chanson du moyen-âge… (Sourire). Remarque, ce serait un super pitch.

(Admettons ici que les chances d’entendre Arlt à la radio sont aussi minces que d’entendre Moondog sur M6. En écoutant les paroles de Revoir la mer qui tournent en boucle sur 3.06, j’en arrive à fantasmer la gueule déconfite du plumard de presse écrite ou des programmateurs, la mine ravagée par l’exercice de style du duo qui casse tous les clichés de la chanson en français : « Putain, c’est glauque ce truc, ça me donne envie de mourir!». If only…)

Des chansons comme Revoir la mer sont terriblement intrigantes, je les écoute sans parvenir à savoir si je les aime ou pas ; à la rigueur elles échappent à la notion de jugement, tellement étranges. Que faut-il en dire de ces chansons, se dégage-t-il une force en studio, une transe, quand vous les enregistrez?

Eloïse a beaucoup plus ça que moi, au départ, même si à son contact je finis pas être contaminé. Comme elle était sur un répertoire, euh, tellurique, qu’elle n’entendait pas la chanson par le prisme pop mais des trucs beaucoup plus archaïques – les chants rituels, les berceuses d’Afrique de l’ouest -, le chant a toujours été pour elle une célébration de quelque chose, les lamentations de pleureuses siciliennes l’ont pas mal touché par exemple. Le résultat c’est l’exact opposé du « j’ai 45 minutes pour convaincre un public au Point Ephémère », tu vois?

Et ton boulot a donc été de ramener la musique dans le présent. Que se passe-t-il pendant ces quatre ans d’avant-premier disque ?

Très vite, dès qu’on a eu quatre morceaux, on a enregistré un EP, ne serait-ce que pour voir à quoi ça ressemblait. Et puis on a commencé à nous inviter à droite à gauche, on vendait l’objet à la fin des concerts.

Et là on apprend que vous avez tourné aux States sans avoir sorti le moindre disque, que The National vous a pris sous son aile, que vous avez joué avec pas mal de monde. Comment a eu lieu ce petit miracle ?

C’est assez miraculeux, effectivement. Pendant deux, trois ans, on n’a pas cherché à faire de concerts, mais on ne venait pas complètement de nulle part donc on avait déjà des potes en place. Les Etats-Unis, ça s’est fait parce qu’on a joué avec Sport Murphy, qui est un Américain new-yorkais, il a ramené notre disque chez lui, l’a fait écouté à un mec qui s’appelle David Garland – présentateur radio – qui a passé La Rouille à la radio, le public a réagi et a demandé notre contact. On est parti jouer à Brooklyn, où le guitariste de The National nous a découvert, et voilà.

Ca sonne tout simple en fait.

Ouais. Et vu qu’on est devenu très amis avec le guitariste de The National, comme au départ les tournées c’est un prétexte pour retrouver les amis qui sont loin, on essaye à notre tour de leur rendre la pareille. Le « dommage collatéral » de ce truc c’est qu’en plus on a l’occasion de faire des concerts excitants.

(Une SDF nous interrompt pour demander une cigarette: « Je viens de me faire vider de mon squat ». Je note qu’à la différence des étudiants qui militent pour la pétanque à 60 ans, la dame a les traits fatigués et peu de chances d’un jour manifester pour ses droits. Au loin, un étudiant placarde la nouvelle couverture des Inrocks nouvelle formule. On y aperçoit Daniel Cohn Bendit et Rama Yade. « Qui est moderne ? » questionne le journal. Voilà une excellente question.)


Le disque, sans jeu de mots, tient sur une corde. Manque de moyens, manque d’envie ? Envie de peu de moyens ?

Un peu de tout ça, ouais. J’avais pas envie d’en faire des chansons plus flatteuses qu’elle ne le sont. J’ai ce penchant pour les trucs un peu lo-fi, un peu âpres, j’ai passé une partie de mon adolescence à écouter les vieux blues, il y avait donc l’envie de retrouver une partie de cette mise à nu, dans le geste du moins. Le fait que le groupe se soit développé en duo, j’avais envie que le disque soit assez fidèle à ce qui se passait sur scène, qu’on se perde dans les méandres du studio. C’est pas non plus un disque complètement naturaliste, j’avais pas non plus envie de ce bluff-là… Ce qui m’intéresse, c’est l’imperceptible pas de côté par rapport à notre propos.

De l’autre coté, Mocke (guitariste et songwriter du groupe Holden, NDR) et moi étions passionnés par le jazz, les débuts d’Ellington période Jungle avec 40 musiciens sur scène, la pop panoramique de Van Dyke Parks, moi je me suis demandé ce qu’on pourrait bien foutre de toutes ces passions avec seulement deux guitares. J’ai eu envie d’aller à l’épure du vocal, savoir jusqu’où on pourrait ronger l’os : que deviendraient ces mecs à l’endroit le plus indivisible, le plus irréductible ? L’intro de La Rouille, ce sont 3 parties de guitares pensées comme des arrangements à la Vannier… Bon ça ne marche pas (rires), mais les plus belles trouvailles naissent toujours du ratage. Je trouve ça plus intéressant d’arriver avec cette formation folk à la con en ayant pour ambition de faire du Bach, l’important c’est de te ramer avec panache. Enfin j’espère.

Toi qui dis te passionner pour les artistes cabossés, as-tu galéré pour en arriver là?

Pas mal galéré oui, disons que j’ai cherché, beaucoup. Y a aussi beaucoup d’autres choses à foutre dans la vie que de faire de la musique, donc j’ai pris pas mal mon temps, j’ai fait des groupes, j’ai joué dans les caves, j’ai arrêté la musique pendant 2 ans, des rejets, des dégoûts. Au départ je viens de Metz, j’y suis resté jusqu’à 25 ans, c’était à la fois le mouroir et un truc super. Vu que c’était une petite ville avec très peu de lieux où jouer, un seul local pour répéter, c’est là-bas que j’ai contracté le goût de la différence, plutôt un esprit accueillant un peu cinglé, sans chapelle. J’crois que c’est un peu pareil pour Eloïse, elle a passé une partie de sa vie à flaaaaner, à attendre que ça se passe, à transmettre la bonne parole médiévale aux ivrognes des bistrots (rires).

(Sing Sing a trente deux ans, Eloïse trente-et-un, les chance de les voir propulsés sur le devant de la scène sont assez minces, suffisamment pour apprécier Je voudrais être mariée à sa juste valeur, sorte d’ode païenne pour le tiers-état sans farine et les fins de journée à prier l’impossible. Vers la fin de la chanson, un incroyable solo de dix secondes qui replonge dans les méandres du Velvet, période Lady Godiva’s operation, quand les rockeurs n’étaient pas rois, que les petits ménestrels se soulageaient au shoot électrique. Plus l’interview avance, plus je comprends ce groupe finalement).

Le disque : les conditions d’enregistrements, l’humeur générale?

Une dizaine de jours dans une baraque au bord de la mer, avec pas mal de coupes franches sur les démos initiales, notamment des intentions d’artiste, des samples de free jazz, des solos de guitares bruitistes de trois minutes, plein d’effets de manche qui auraient fait comprendre qu’on aurait fait de la chanson en ayant écouté de la noise. Y a beaucoup de trucs que j’entends actuellement qui me semblent fonctionner par effet de reconnaissance culturelle, genre « t’aimes tel disque, tu vais aimer ce que je fais », sans dire qu’on soit dans la tabula rasa, on n’avait pas envie d’alourdir le disque avec des références. Cet isolement était salutaire, pesant, on se levait tous les jours vers 6.30, à boire le café et jouer face au soleil qui se levait sur la mer, un truc assez idyllique et un peu niais. Disons qu’on était loin de tout, des commentaires éventuels.

Parlant du titre de votre premier album (La langue), je me pose cette question : à qui voulez-vous parler?

J’aime bien les disques, très bêtement. Et puis la conjoncture actuelle [ne plus vendre de disques, NDR] ça va un peu déblayer le terrain, il reste encore beaucoup à miser sur l’énergie du live. Moi, ce que je note pour l’instant, c’est que notre public est totalement éclaté, des mecs de l’indé au gens de la chanson, mais en parler davantage supposerait un recul que je n’ai pas.

Et si je vous demande en conclusion où vous n’irez pas, que réponds-tu?

J’aimerais pas connaître notre futur, j’aimerais bien qu’on se ménage la possibilité de se laisser surprendre le plus longtemps possible, quitte à se décevoir. Face au format d’album – un disque tous les deux ans – on doit pouvoir s’autoriser à rater des disques, écrire des mauvaises chansons, avoir des coups de coeur sans lendemain parce qu’une chanson c’est comme une baise que tu peux regretter tout de suite après. Ce que je sais, c’est qu’on a l’envie pour pouvoir continuer à allonger le pas.

Puis l’interview s’est finie noblement, Sing Sing a torché son deuxième verre de blanc, il faisait encore beau. Nous nous sommes quittés au croisement d’une rue des Abbesses, le temps de m’expliquer l’origine de leur nom (« c’est venu d’un écrivain argentin qui s’appelle Roberto Arlt – qu’on n’avait pas lu d’ailleurs – qui revendiquait le fait d’écrire un peu mal »). En redescendant sur Pigalle, on s’est promis plein de choses – moi de venir les voir en concert, lui de continuer sa route – puis j’ai fini par entendre leurs odes d’oiseaux en chute libre et leurs musiques d’un autre temps. Horripilantes et fragiles comme un filet de lumière sur la peau, d’étranges chansons fantomatiques enfermées de tout petits cercueils en bois. De l’Arlt de délier les langues, sans aucun doute.

Arlt // La Langue // Almost Musique
Nouveau maxi « Le Pistolet / Chien Mort Mi Amor 7 », sortie le 14 novembre 2011.
http://www.myspace.com/arltmusic

Le Pistolet by AlmostMusique

12 commentaires

Montrer tous les (7 autres) commentaires

  1. serlach.

    Y a beaucoup de trucs que j’entends actuellement qui me semblent fonctionner par effet de reconnaissance culturelle, genre « t’aimes tel disque, tu vais aimer ce que je fais »

    c’est criant de vérité et de bon sens cette réflexion, ça m’évoque particulièrement les fans de brian wilson

  2. wil

    Bravo de parler de La Langue, que je finis par dire babelienne, ou des oiseaux.
    Tiens ta promesse et vas donc les voir en concert, tu n’as fumé qu’une moitié de la cigarette, reste la moitié du pont à traverser, et le paysage est beau.

  3. Matt Oï

    C’est un peu facile mais la simple référence à Arthur Lee va devoir me faire écouter ce groupe à un moment donné, mais pas forcement lire l’interview en entier, je sais pas pourquoi… Par contre si j’étais à un congrés de profs de français dans un sanatorium, c’est avec plaisir que je m’attaquerai à ce pavé.

  4. sittin'pretty

    Photos, musique, mots … tout scintille sur cette page.
    Un peu plus qu’une découverte, comme un goût d’indispensable, déjà.
    Et question sons qui font sens, 2010 trouve in extremis sa raison d’être.
    Arlt merci.
    (+ bravo Bester, tomber le masque te va bien au teint)

  5. Map

    « La Rouille » m’avais mis la rouste et leur danse aussi. Il ne leur avait pas fallu 1 minutes pour s’installer et tout suspendre. « Après quoi nous avons ri ».

  6. Ping : ANTOINE LOYER ::: « Poussée Anglaise », noir c’est (Re)noir | Gonzai

  7. Ping : ARLT ::: Presque de la musique (et un peu plus) | Gonzai