Vingt-deux ans d’absence depuis le dernier album, vingt-huit si l’on parle d’album studio. Polnareff, dernière légende de la chanson française, brave aujourd’hui le vide avec « Enfin », dixième disque littéralement inclassable en un demi-siècle d’une carrière en pointillés. Ce soir, j’ai rendez-vous avec une partie de mon adolescence, j’ai rendez-vous avec lui. Un phoner depuis Los Angeles. Mais on me prévient rapidement qu’il va être en retard. Très. Ce qui me permet de vous raconter comment cette longue nuit a commencé.

En général, les pires interviews sont celles d’artistes dont on est fan. Elles sont, majoritairement, ratées. Les questions tombent à côté, vous bégayez des idioties, vous perdez en conjectures sur des détails qui n’intéressent que vous et l’artiste, dépité de devoir encore une fois revenir sur son passé, fait signe à l’attaché de presse de couper au plus vite son supplice.

J’écris tout cela en pleine nuit en attendant le coup de fil. Car évidemment, ce soir là, rien ne s’est passé comme prévu. Quelques jours avant, on m’a confirmé la possibilité d’un créneau pour une entrevue téléphonique (sic) avec le musicien passé expert en cache-cache. Le rendez-vous a été fixé à 23H30, heure française. Le disque, fraichement sorti le matin même, est déjà numéro 1 des charts ; un minimum quand l’auteur dont il est ici question a maintes fois annoncé puis décalé ledit album et usé tant de salariés de maisons de disque qu’il aura fallu attendre 28 ans pour revoir le soleil se lever sur Los Angeles. Que vaut-il, ce « Enfin » ? Nous y reviendrons.

6H30. Ma journée a commencé avec un bras en moins. Une vulgaire chute, certes handicapante, qui m’a permis d’écouter le disque en boucle sans m’empresser d’écrire dessus comme tous ceux qui l’ont illico descendu en flèche. Une règle, une seule : trois écoutes en tant que fan, dix écoutes objectives. Parvenir à séparer le grain de l’ivraie. Onze titres. Des formidables, des qui laissent perplexe. Une confirmation : qui d’autre que Polnareff saurait jouir d’une telle excitation nationale ? Les Daft Punk. Oui, c’est certain. Mais des années 60, c’est le grand dernier. Derrière lui, Christophe. Après ça ?

“Est-ce que je suis Elton John français : non, Elton John est le Michel Polnareff mondial”.

Revenu de sa traversée du désir, l’auteur de « Coucou le revoilou » (40 ans cette année, quand même), cette fois, ne déserte pas. J’en suis encore à me perdre dans toutes ces considérations quand l’écran s’allume : « Jte préviens c’est une grosse galère il risque d’y avoir du retard… J’attends que Lecoeuvre sur place me dise quand il y verra plus clair… je te tiens au jus ». Ca, c’est l’attaché de presse du label Barclay me prévenant que le phoner risque d’avoir du retard et que Fabien Lecoeuvre, en charge des relations médias, me tiendra informé. Un rendez-vous annoncé en retard deux heures à l’avance (sic), ça n’annonce rien de bon.

Pour patienter, je révise mes questions, réécoute le disque, une fois, deux fois, dix fois. Je découvre l’article de Christophe Conte paru la veille dans Libé, et où l’ex tireur d’élite des Inrocks s’est fait raccrocher à la gueule au bout de 11 minutes pour avoir osé prononcé le nom d’Obispo. Avec beaucoup de prétention, on espère bien faire mieux – on fera in fine 30 minutes et 51 secondes. Lecture d’internet pour passer le temps. J’apprends que Serge Kaganski s’est aussi fait débarquer des Inrocks et vient d’écrire une lettre à France, pardon, d’au revoir. Passons aux chroniques du disque de Polnareff. L’Obs : « Michel Polnareff revient “Enfin !” après 28 ans de silence. Il n’aurait pas dû ». Le Soir : « Le format chansons ne sied plus à cet artiste entré depuis longtemps dans une autre dimension ». Nota bene : rayer la question « que pensez-vous de l’accueil médiatique réservé à « Enfin ».

22H43. Mon téléphone est-il assez chargé ? Le réseau passe-t-il bien ? Check point.

23H10. 67% de batterie. Je m’endo… 23H25. Heureusement j’ai programmé un réveil. Photos de la manageuse Annie Fargue et de Michel, du temps où les deux étaient en couple. Découvrir qu’avant d’avoir été son ombre si importante, Fargue était aussi actrice. « Elle a même produit un film de John Huston ! ». Passons à Twitter, Michel « RT » tous les messages le concernant, ça doit demander pas mal de temps.

23.49. Dix-neuf minutes de retard sur l’horaire du phoner. Un doute m’assaille : était-ce à moi d’appeler l’attaché de presse, ou à lui ?

23.53. Texto à Fabien Lecoeuvre. En retour, rien. En fait, toutes ces minutes me semblent plus longues que mes 22 ans d’attente.

Annie Fargue et Polnareff.

15H30 en 1996. Comme nous avons encore cinq minutes, laissez moi vous (re)raconter ma rencontre avec Michel. Pas celle de ce soir, non, celle qui a marqué mon adolescence. C’est une après-midi dans un Auchan de province, je vais m’acheter du Coca après une partie de basket, je n’ai jamais écouté de musique de ma vie ni acheté un seul album. Je me souviens bien : je suis en train de passer au rayon “culture” quand la version live de Lettre à France m’a attrapé. C’est le Live au Roxy, l’album du grand retour – déjà. Quel est donc ce vieux chanteur venu de Pluton, fringué comme un cyberpunk avec une plume de serpent et capable de monter dans les aigües sans peur du ridicule ? Je ne le sais pas encore, mais je viens de mettre le pied dans un vortex. De là, j’apprendrai plus tard que ce Polnareff avait joué avec Jimmy Page, viendrai donc à Led Zeppelin par La poupée qui fait non, oui, je sais, c’est cocasse, et la bobine continuera de se dérouler au fur et à mesure que chacun des musiciens cités dans ses rares interviews m’amènera vers d’autres univers, parfois très éloignés du sien. Quelque part, cet homme m’a sauvé la vie. Conjuguez ça comme vous voulez, avec n’importe quel album ou musicien, c’est un sentiment universel. Nous avons tous un souvenir très précis de ce jour où la musique nous a pour la première fois donné la main. Pour moi, c’était lui. Autant vous dire que ce soir, 22 ans plus tard, se joue quelque chose de plutôt symbolique.

00H09, en 2018. Texto : « Dans dix minutes. Fabien Lecoeuvre ». J’ai l’impression d’être dans un avion prêt à décoller.

00H19. Toujours pas d’appel. L’occasion de faire un point ensemble sur cet « Enfin ». Le morceau d’ouverture, Phantom, est un instrumental XXL de 11 minutes, dans la pure veine orchestrale de Polnareff. Son écoute scotche au fauteuil, surpris qu’on est de le retrouver en si grand forme, si loin des démonstrations pyrotechniques tant redoutés. Sumi, et son histoire débridée avec une Geisha, n’est pas sans rappeler Hey you woman, les guitares de Johnny Hallyday en plus. Grandis pas, dont les paroles mettaient tant mal à l’aise à la première écoute, fait maintenant son petit effet. Louka’s song, en dépit du fait qu’entendre le fils de Polnareff dans l’introduction est assez flippant, cache en réalité un « polnariff » disco-funk période Lipstick. A ce stade, c’est un grand 7/10. Le bloc Ophélie Flagrant des lits – Longtime – Positions – Terre Happy – L’homme en rouge s’avère moins en phase avec l’époque, même s’il s’en serait fallu d’un pas grand chose pour que Positions ne devienne un tube comme Lna Ho. Mais nous ne sommes plus en 1990. Et c’est peut-être la seule véritable critique adressable à cet album : ne pas viser, comme les précédents, le futur. « Enfin » se contente de l’instant présent mais enfin, quand on connaît l’histoire, c’est déjà pas si mal. Voilà un an, personne n’aurait misé sur le fait d’écouter cet album. Dans ta playlist, avant-dernière chanson, c’est un peu le Goodbye Marilou de 2018 ; mêmes harmonies, mêmes claviers, même sensation de facilité à trouver la mélodie dans la pénombre. Agua Caliente, en dépit de son étrange nom, clôture l’ensemble par un nouvel instrumental qui donnerait presque l’impression d’écouter du King Crimson enregistré à Abbey Road avec des violons joués sur un Arp Solina. Surprenant, c’est le mot. L’image globale peine encore à se dessiner. Un album à son image, souvent génial, parfois risible, et toujours cette envie, intacte, de rivaliser avec les Américains sur leur propre continent. Allez, encore une fois, Phantom.

00H32. Toujours pas de signaux de fumée du coté de Los Angeles (sic). Puisque nous sommes là, autant tenter ce qu’on avait refusé jusque là : éplucher le gargantuesque coffret publié en 2017, « Pop rock en stock », soit 23 CD’s compilant toute l’œuvre polnareffienne. Peur de replonger, surtout d’être déçu. C’est la première surprise de la soirée : il y a là toute la B.O. de Ca n’arrive qu’aux autres mais aussi l’intégralité du mythique concert au Forest National de Bruxelles, concert resté célèbre pour ses complications techniques, et où Polnareff bricolera des chansons pour faire patienter le public pendant plus de deux heures. Il y a cette ballade extraite du premier album chez RCA, « Fame à la mode », ca s’appelle Wandering Man et cela me fait penser à cette phrase de Polnareff alors qu’on lui demandait, en 1996, s’il était le Elton John français : « non, Elton John est le Michel Polnareff mondial ». Ca, c’est pas la moitié d’une punchline.

Parmi les quelques pépites, des prises lives très rock captées à Lausanne en 1967, et surtout l’intégralité du disque Ménage à Trois, groupe de funk éphémère monté avec Michel Colombier en 1980, et jusque là resté introuvable hormis en vinyle.

00h53. Achat du vinyle de Ménage à Trois sur Discogs. Cinquante balles. Je m’en fous. Ca fait déjà bien longtemps que ce n’est plus l’heure de jouer au boulier chinois.

1H25. Consultation de mon téléphone. Cela fait maintenant 74 minutes que l’agent m’a dit que ce serait dans 10 minutes. Une seule envie : abréger mes souffrances. A ce stade, toute l’excitation et le stress ont laissé place au besoin de conclure ce supplice de la goutte chinoise. Allo, la terre : j’écris pour éviter l’AVC. Là, ça fait très officiellement 47 minutes que je n’ai plus de cigarette. D’ailleurs, j’apprends que c’est le seul combat perdu par Michel dans sa relation avec Annie Fargue : « ne pas avoir réussi à lui faire arrêter la clope ». Ca tombe bien, le paquet est vide. Alors je me rendors. Mon bras craque ; mon articulation s’est remise en place. Appelons ça le miracle Polnareff.

Pour éviter de m’écrouler à nouveau, je commence l’écriture de ce papier.

1H53. Ca sonne. « Allo, ici Fabien, ça va ? ». Ca va à fond Fabien, j’étais en train de comater devant une interview de Jean-Michel sur les synthés modulaires, mais ça je peux pas te le dire, ça ferait pas pro. Tu parles que ça va, je dormais à 79%. « Possible de faire l’interview vers 17H15 ? ». Heure de Paris ? De Los Angeles ? Sueur froide. Vais-je devoir tenir 16 heures sans fermer les yeux ? Sans avoir réussi à répondre à cette épineuse question, j’abdique. Mais pas longtemps.

2H12. « Allo, Fabien m’a passé son téléphone. C’est moi… c’est Michel ». L’interview commence, enfin.

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(C) Le Parisien

 

Bonjour Michel. Ou bonsoir. En préparant cette interview, je repensais à cet aphorisme qui clôture les notes de pochette du Live at the Roxy : « Fais comme tu sens, sens pas comme tu fais ». Nous voilà vingt-deux ans plus tard, à quel moment avez-vous retrouvé concrètement l’envie de faire ce nouvel album ?

Ca fait longtemps que j’entendais que j’étais en panne d’inspiration, à sec, etc. En fait, je n’ai jamais composé autant qu’aujourd’hui, mais bon, je suis parfois content du résultat, parfois pas, puis je regarde à quel moment j’ai envie de donner aux autres, puisqu’une fois que j’ai trouvé la mélodie, le truc, j’ai déjà eu ma partie du plaisir. Quant à l’entrée en studio, il y a eu plusieurs étapes, des choses qui m’ont ralenti, notamment la tournée de 2016, mon hospitalisation, où j’ai vraiment failli y passer ; si vous voulez, quand vous êtes sur un lit d’hôpital, ça fait un drôle d’effet. J’étais, pour ainsi dire, à quatre jours d’y passer. Il est probable que si j’avais pris cet avion pour Nantes [le fameux concert annulé au Zénith le 3 décembre 2016, Ndr] je n’aurais pas survécu. Bref, ce n’est pas pour trouver des excuses – ou même avoir à justifier cette sortie – moi je sors des albums quand je sens que j’ai envie de le faire, et plus le temps passe, et plus je suis condamné à être certain du « produit » que le public va acheter. Evidemment, là je suis très content du disque, qui est beau mais qui a été, pour plein de raisons, parsemé d’embuches. J’étais très peu satisfait de ce que j’avais enregistré à Bruxelles. Donc je n’en ai pratiquement rien gardé, hormis le Big Band, parce que les Belges, en jazz, sont assez extraordinaires.

A ce sujet, l’équipe du studio de l’ICP semble bien remontée contre vous et vos déclarations jointes dans les notes de pochette. (“Aucun mixage, ni prises de voix, n’ont survécu à cette expérience loin d’être XL“.)

Ecoutez, franchement ça c’est leur problème. Je ne vais pas, pour leur faire plaisir, offrir de la merde au public. Après cette parenthèse bruxelloise, je suis revenu à Los Angeles et j’ai retrouvé une équipe sérieuse avec un grand ingénieur du son, Ryan Freeland, et des musiciens fabuleux comme Jimmy Johnson [le légendaire bassiste de la section rythmique du Muscle Shoals, derrière 500 disques dont ceux de Wilson Pickett, Aretha Franklin ou Etta James, Ndr]. J’ai eu de la chance ; James Taylor était en tournée, mais avec un break à L.A., ça nous a permis d’utiliser son talent extraordinaire. Cet album, j’en suis fier. Et très heureux de l’accueil qui lui est réservé.

“Ce qui est important, c’est que le public soit content de l’entendre. La preuve, il est numéro 1 partout.”

Il y a dans le titre et la pochette de « Enfin » cette impression de soulagement, à entendre comme un « finalement, il revient et il éjacule enfin ».

Oui, ah ah ah.

Mais cet « Enfin » n’est-il pas aussi un apaisement ? L’album, quand on prend le temps de l’écouter attentivement, sonnerait presque comme une réconciliation.

Avec qui ?

Avec la famille, d’abord. Les photos du livret sont signées Danyellah, on entend votre fils Louka sur la chanson qui lui est dédiée… ça sent la paix.

Ouais… je suis ravi que vous entendiez tout cela car… ça n’a pas été un album facile à faire. Ce qui est important, c’est que le public soit content de l’entendre. La preuve, il est numéro 1 partout. C’est d’autant plus plaisant alors que la France connaît des moments difficiles, cruciaux peut-être, quant à son avenir. [Une évocation sibylline du mouvement des gilets jaunes sur laquelle je préfère ne pas rebondir]. Mon rôle, c’est de faire oublier un peu de ses soucis au public, je ne suis pas là pour faire doublon avec le journal télévisé.

Il me semble avoir lu que l’écriture des paroles était toujours un passage complexe pour vous, que vous souhaitiez toujours, si ce n’est les faire passer à la postérité, les rendre intemporelles, qu’on puisse les réécouter 10 ou 20 ans plus tard sans que la peinture soit écaillée, disons. Est-ce que cela a aussi été le cas avec « Enfin » ?

Effectivement, vous avez complètement raison, ça a été encore une fois un challenge, mais en même temps je suis terriblement préoccupé par l’état de la planète pour ceux qui vont vous suivre, et l’arrivée de Louka, mon fils, dans ma vie, m’a donné le sens des responsabilités.

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Cela a-t-il rendu le travail d’écriture des paroles, disons, plus pénible ?

Je vais répondre à une question que vous ne m’avez pas posé : à part Terre Happy, par définition une chanson un peu terre à terre, tout le reste emmène plus vers les nuages que vers la mine. C’est vrai que depuis le début de ma carrière, les paroles ont toujours été un truc qui me freinait dans la réalisation. Là j’ai eu le plaisir de travailler avec Doriand, un mec brillant, avec énormément de talent et de gentillesse, chose que je n’ai pas trouvé chez tout le monde. On a donc fait un boulot de co-écriture, des jours et des nuits à chercher comment échapper à la gravité. Il y a cette chanson qui personnellement m’amuse, c’est Longtime, une autodérision et un clin d’œil à l’écriture des paroles. Parce que pour être honnête, écrire une chanson en 2018, pour moi, c’est dire « je t’aime » pour la 100 000ième fois.

Il est vrai que vous l’avez déjà pas mal chanté.

Bah oui. On revient toujours sur les mêmes sujets : l’amour, l’amitié. C’est pour ça que j’aime Longtime : c’est amusant de dire qu’on ne trouve pas les paroles puis de chanter les paroles qu’on trouve pas.

Oui, ça c’est un coup à la Polnareff.

Oui, un peu. Il se trouve que je suis un peu impliqué dans mes disques, aha.

Réflexion personnelle sur « Enfin » : j’ai commencé à l’écouter sur un smartphone, mais rapidement, on sent que c’est sous-dimensionné vis à vis de la production. L’écoute sur de vraies enceintes donne l’impression de voir la même différence, en terme d’étalonnage, qu’entre un film américain et un film français. Certains titres font presque écho, en terme de production, au « Random Access Memories » des Daft Punk, d’autres aux arrangements grandiloquents de Michel Colombier, véritable génie…

Vous vous doutez bien que j’en pense la même chose…

La référence n’était pas anodine. « Enfin » est-il un disque américain écouté par des Français ?

Déjà, c’est un disque américain parce que je l’ai fait aux Etats-Unis. Et c’est vrai que j’ai bossé avec les meilleurs, par exemple Alex Al, le bassiste de Michael Jackson, imbattable sur les choses disco-funk. Dans un autre registre, Jimmy Johnson (basse) est tellement remarquable que c’est même pas drôle. Donc oui, j’étais entouré par les plus grands cadors au monde. Et de ce point de vue, j’ai toujours eu de la chance.

Puisqu’on parle de technique, permettez moi un bref saut dans le temps : je repense à cette fantastique vidéo de vous jouant à deux pianos avec Gilbert Bécaud.

Je me souviens bien.

Avez-vous déjà pensé à l’enregistrement d’un album de Boogie-woogie [Polnareff a longtemps conclu ses sets par des reprises de Jerry Lee Lewis, entre autre] ou, à minima, d’un album piano-voix ? « A l’os », comme on dit.

Notez qu’il y a un piano-voix sur « Enfin », c’est Grandis pas. Je suis tellement dingue de Louka que ça me tirait les larmes, elle parle de l’égoïsme du père qui n’a pas envie que son enfant finisse par lui lâcher la main. J’ai du m’y reprendre à trois fois pour l’enregistrer, j’ai du prendre mon courage à deux mains – c’est le cas de le dire – pour faire ce titre pas mixé, puisqu’il est impossible de le faire sur un piano-voix de ce type.

Cela vous emmerde-t-il parfois que Polnareff le chanteur éclipse Polnareff le pianiste ?

Je ne me rends pas compte. Pour moi, c’est un ensemble d’émotions, je ne distingue rien. Le piano fait partie de moi, mais en concert par exemple, je trouve qu’il y a toujours un moment où l’on finit par s’emmerder quand il n’y a que ça. Le spectacle demande plus que quelqu’un, euh, connaissant laaaaa…. musique, classique. Je crois que je vais être obligé de vous laisser, on doit reprendre la route.

Aucun problème, merci pour le temps accordé. Ne me reste plus qu’à vous dire que j’étais là en 1995 au début du Polnaweb et que…

[Fabien Lecoeuvre, l’attaché de presse, a repris son téléphone] : oui allo, c’est Fabien. On doit reprendre la route, désolé. T’as tout ce qu’il te faut ? Merci pour tout, et bonne nuit chez vous, en France !.

L’interview est finie. J’imagine Polnareff en chemise à fleurs raccrochant le combiné d’une cabine téléphonique sur le bord d’une autoroute de Palm Springs. Moi, je sors pour acheter des clopes au night shop du coin de la rue. Il est 2H43. C’est un premier décembre. A song in lonely minor.

10 commentaires

  1. le moorvot den tof pour le re abo il/elle en silly-conne ? ou trop nourri au kebchoup? çà la fout un peu mal(e)
    on dirait du vomi! quand a jaumet en retard de quelques mages, sinon dimanche tu bronche keke part ?

  2. Putain si j’avais su que mon abonnement servirait à financer des ITW léchages de boules, j’aurais viré ma cuti aussi sec. Gonzai aurait perdu ses dents ?

  3. ben à part “Phatom”,cet album ne vaut honnêtement pas grand chose.
    Sinon,je ne savais pas que les commentateurs de Glory Owl avaient migré ici,la prochaine fois que j’aurais des jeux de mots douteux à proposer,je saurais où me faire insulter

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