C’est un truc pourri qui peut arriver aux meilleurs d’entre nous : craquer sur un disque cul cul la praline.

C’est précisément ce qui peut arriver à l’écoute du premier (?) disque de Tobias Jesso Jr qui ne cesse de faire pleurer les garçons et les rock-critics (encore souvent des garçons) et pousse à faire des promesses extravagantes comme par exemple jurer de n’écouter plus rien d’autre ou d’écrire une pétition pour réclamer la réinsertion de certains morceaux évincés de l’album (notamment The wait et, surtout, True love). Des bêtises qui nous font oublier que tout cela est sans doute formidable mais manque peut-être un peu d’aspérité, sauf -curieusement- lorsque l’on frôle la faute de goût (Crocodile tears).

Mais passons, le Canadien immense (par sa taille) revenue de la jungle de Los Angeles a fini par briser la glace, électronique en l’occurrence, de son youtube qui a finit par foudroyer la masse avertie des foules sentimentales. Hystérie dégoulinante donc bien méritée il faut l’admettre puisque “Goon”, c’est surtout douze chansons d’amour bien écrites et limpides, au sens pop du terme ce qui souvent signifie « Paul » au sens Mc Cartney du terme.

Alors, asseyez-vous parce que personne ne pourra vraiment vous dire à quoi ça ressemble sinon à « rien » et justement c’est ça, cette facilité à se jouer d’un air connu qui fait l’énorme jus d’un disque dont on parcourt inlassablement les sillons sans jamais se lasser. « Goon » ou l’amour éternel, en tout cas l’éternité du printemps 2015.

L’intro de How could you babe, sa précieuse variation sur « With out you »… On dirait presque cette premier fois où Phil Collins a poussé la chansonnette avec Genesis (« More fool me » sur Selling England by the pound, vous pouvez taper, je suis comme Tobias, je ne crains pas les coups). C’est dire qu’il n’y a pas de « couches » de musique sur ce disque mais une simple et étonnante réverbération au service d’un jeu très maîtrisé autour de l’inflexion (en gros ce que dit Pitchfork).  Sur les références on parle beaucoup d’Harry Nilsson mais je préfère retenir Randy Newman. Mais bon, les références ne valent pas grand chose dans un monde ou près de quinze générations s’en disputent les attributions. Tobias sera la semaine prochaine à la Gaité Lyrique, on pourra juger sur pièce si c’est vraiment Dieu en personne ou juste son envoyé spécial.

Tobias Jesso Jr // Goon // Beggars records
http://www.tobiasjessojr.com/

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