Bien connu des services de synchro pub pour son étonnante capacité à pondre des « tubes » de 15 secondes générique produit compris, le plus célèbre duo du 11ième arrondissement revient avec un nouvelle succession d’images animées que certains appelleront un clip. Ca s’appelle ‘1960’s horror’ et comme à la télé, vous pouvez aller pisser pendant la réclame.

On pensait en avoir fini avec la musique de brief, cet étonnant genre non classifié sur iTunes apparu au milieu des années 2000 quand certains labels découvraient la manne financière que leur offraient les agences de publicité grâce à des synchros de morceaux durant souvent moins de dix secondes ; les premiers trouvant là une manière de se refaire – crise du disque oblige – pour pas cher, les seconds de nouveaux poulets à plumer. C’était sans compter sans cette énième mascarade servie par The Shoes, et qui vient confirmer encore une fois la règle contemporaine selon laquelle plus un clip est léché et plus le groupe est médiocre.

En dignes enfants de la télé, et donc progéniture difforme des émissions zapping d’Arthur, les deux têtes pensantes de Reims s’attaquent cette fois à la malbouffe en tentant d’éveiller notre conscience sur l’industrialisation à outrance des poulets grâce à un clip faussement bricolé. Bon, c’est à la fois complètement réussi et foncièrement dégueulasse. Il ne suffit évidemment pas d’être un professionnel du détournement pour s’autoproclamer groupe engagé, de la même façon qu’ouvrir un bureau à Shanghai et installer un écran géant dans votre arrière-boutique pour piloter des orchestres d’Europe de l’Est grâce aux sous amassés par tout vos coups tordus ne fait pas de vous un label créatif. Ultime mise en abime où les méchants deviendraient les gentils en dénonçant un système qu’ils alimentent pourtant tous les jours grâce à leurs cochonneries, ce 1960’s horror est certes un énorme foutage de gueule (ou « clip WTF » comme on peut le lire un peu partout) qui se fout surtout de la votre.

A l’heure où s’écrivent ces lignes, 45.000 crétins ont déjà regardé ce clip dont on ressort comme on est entré dans la prostituée de passage : vidé mais pas plus heureux,  avec l’impression d’avoir bien rigolé en regardant des poulets brisés vivants dans une usine. C’est ça l’esprit 2016 : arrêter de réfléchir, cliquer bêtement, se divertir du néant. Si la ficelle n’est pas assez grosse pour que vous compreniez que The Shoes usent d’outils marketing contemporains (Youtube, les séries Z, le cynisme-LOL) pour vous fourguer la même merde qu’ils refusent de bouffer, alors c’est que Mr Oizo avait finalement bien raison : vous êtes tous devenus des animaux.

The Shoes : bientôt en synchro chez radio McDo ? Allez, lève le pouce. Plus rien ne te choque : tu es jeune.

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