17ème album de The Mountain Goats, The Life Of The World To Come exalte la lo-fi de John Darnielle dans un long périple biblique. Plus que de l'intérêt pour d

17ème album de The Mountain Goats, The Life Of The World To Come exalte la lo-fi de John Darnielle dans un long périple biblique. Plus que de l’intérêt pour des compositions un peu trop éthérées (pour ne pas dire simplistes), c’est de la foi qu’il faut avoir pour aller jusqu’au bout de cette réalisation qui se transforme vite en véritable… chemin de croix.

Comme une communion solennelle avec un album déjà quasi mystique, le Goodbye unknown de Lou Barlow avait presque réussi à me tirer des larmes de sang, stigmates encore brûlants au bout de doigts râpés par les extra light de ma folk en état de grâce. C’est alors qu’est tombé dans ma sainte besace l’expression la plus aboutie de la Théo-lo-fi de John Darnielle. J’ai beaucoup prié pour que sa parole divine arrive à me mettre en lévitation, élève mon esprit et purifie mon corps. J’ai pris un bain en espérant transformer le bac en un immense bénitier régénérateur pour faire avaler l’hostie à mon lecteur CD. Samuel 1 a égrèné son premier chapelet de notes, l’Ancien Testament m’a alors délicatement ouvert ses pages et m’a entraîné sur les traces d’Elkana et Anne.

Mais Anne ne monta point, et elle dit à son mari: Lorsque l’enfant sera sevré, je le mènerai, afin qu’il soit présenté devant l’Éternel et qu’il reste là pour toujours.

Bon, j’arrête là le massacre, fallait juste planter le décors avant de sombrer complètement. Si j’ai toujours eu une aversion laïque pour les bondieuseries en tous genres c’est bien aussi parce que le résultat n’est quasiment jamais à la hauteur. Et paf ! Encore gagné, je me fais chier, je me mets la tête sous l’eau et je fais des bulles. Il n’y a vraiment qu’aux States qu’on peut oser ce genre d’exercice. Flatter la cuisse de l’Amérique puritaine sur trois accords, confondre introspection spirituelle et minimalisme lénifiant, avoir si peu d’inspiration sur des textes repiqués dans la sainte bible.

Un disque à offrir à tous les pères Aubergé (La vie est un long fleuve tranquille, hein) même si nous sommes encore assez éloigné des standards imposés.

Non, nous ne sommes pas en présence d’un nième produit commercial à effet direct. Si l’ensemble des compos est consternante, j’ai plutôt l’impression d’avoir affaire aux déjections du fils caché de Jean-Jacques Goldman et de Tracy Chapman (cf Genesis 3.23 et Philippians 3.20-21), et le pire arrive comme une nième plaie d’Égypte avec les compos au piano (John 4.16, Deuteronomy 2.10, Ezekiel 7 And The Permanent Efficacy Of Grace), ou comment confondre élévation spirituelle et minimalisme éthéré et chiant. Si avoir l’air d’un intellectuel bien pensant consiste à jouer avec deux doigts boudinés quelques accords tous faits sur un rythme cataleptique alors c’est gagné mais je ne suis plus… croyant. Alors que je sors du bain, je me dis que je suis en présence d’un disque à oublier très vite. Reste alors la force qui permet d’écrire, la croix sur l’épaule, une chronique à l’arrache, histoire de prévenir les copains de ne surtout pas mettre la main au bénitier de John Darnielle.

The mountain goats // The Life Of The World To Come // 4AD (Beggars)

http://www.myspace.com/themountaingoats

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