Depuis la nuit des temps, les chroniques de disques regorgent de références pour faire comprendre à l'auditeur ce qu'il s'apprête à écouter. Ca l'ennuie, ça l'agace. Parfois. Ca le titille aussi. Souvent. Cette chronique de "Costa Blanca", nouvel album du duo incandescent des Limiñanas, n'y échappe pas. Principe de précaution oblige : si tu n'es pas prêt à bouffer de la référence comparative façon Big Tasty, va donc voir chez Quick si la soupe est meilleure.

Mais pourquoi diable utiliser la méthode comparative pour chroniquer ce disque? Un manque d’inspiration, une faute professionnelle, une incompétence passagère? Probablement un peu tout ça, mais pas que, puisque la musique de ce groupe regorge tellement de références qu’il semble tout simplement impossible de passer outre. En usant de références à gogo, le chroniqueur n’avoue-t-il pourtant pas son incompétence coupable à décrire la musique des Perpignanais? Autant de questions qui ne trouveront pas de réponse ici et qui n’intéressent de toute façon que ma grand-mère et mon psy.

The Limiñanas est donc un groupe de rock perpignanais. Cette phrase est assez effrayante en soit mais qu’on se rassure, on n’est pas ici chez les Fabulous Trobadors ou Zebda; et le premier qui m’oppose le fait que ces deux combos sont issus de Toulouse et ne sont pas des saucisses s’en mange une.

Créé en 2009 par Lionel Limiñana et sa femme Marie, le groupe sort aujourd’hui son troisième album. Frappé à moindre échelle par le syndrome dit du Phoenix (qui veut qu’un groupe bénéficie d’une véritable reconnaissance à l’international alors que tout le monde continue de s’en foutre comme de son premier médiator en France), il devrait plaire aux armées de hipsters en chaussettes American Apparel mais également à leurs mères et à leurs pères (si ceux-ci ont survécu au port par leur progéniture de leggings dorés de la marque du même nom). Universelle, sa musique délicieusement mélodique flatte l’oreille tout en gardant un caractère rêche. Elle est avant tout le fruit de multiples… influences.

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Pourquoi diable parler d’influences? La méthode est simple, faire naître chez toi, lecteur, un terrain connu, une béquille, sur laquelle tu pourras t’appuyer, une sorte de panneau de signalisation mental qui t’évitera de te perdre sur les chemins cahoteux de la trance ou de la goa. Pour faire simple, te décrire un peu l’endroit où tu t’apprêtes à poser tes pompes. Soyons précis (les spécialistes dénicheront l’intrus) :

The Limiñanas = Jacqueline Taieb + John Barry + Serge Gainsbourg + Herbie Flowers + François de Roubaix + Tanger + Chet + guitares wah-wah + tambourins + Ennio Morricone

Pour le cas où l’auditeur n’aurait toujours pas compris ce qu’évoque cette musique et manquerait un peu de matière niveau références, ce sont les Limiñanas eux mêmes qui se la jouent aiguilleurs du ciel. Sur Votre côté yéyé m’emmerde, ils égrènent ainsi une palanquée de leurs figures tutélaires : Rolling Stones, Kim Fowley, Gilles Deleuze, les coups de fuzz, Carla (Thomas, pas l’autre), Otis Redding, Godard, Rohmer, les Blier, Truffaut, Eustache, etc… Cette ritournelle hypnotique et entêtante dont le refrain rappelle avant tout le J’aime regarder les filles d’un Patrick Coutin sous acide est un joyau de name-dropping, un catalogue digne des plus belles années de la Redoute ou de Vert baudet.

En treize titres, les Perpignanais (je ne m’y fais pas mais c’est ainsi) mettent KO la plupart des productions hexagonales du moment. A signaler en priorité, le dansant Bb chanté en anglais et le farfisien Alicante. Ce disque est une tuerie yéyé du XXIe siècle à écouter à toute berzingue dans ta Ford mustang du moment. Les ricains ne s’y sont pas trompés, puisque ce troisième album (si, si, je vous assure, c’est même indiqué sur la pochette en toutes lettres) sort sur l’impeccable label Trouble in mind, fondé lui aussi en 2009 (mais à Chicago) et qui héberge entre autres Jacco Gardner, Fuzz ou Wheels on fire. Pas mal pour des Perpignanais complètement fuzzés.

PS : et si tu n’aimes pas le tambourin, passe ton tour et rends-toi directement à la case Etienne Daho.

The Liminanas // Costa Blanca // Trouble in Mind
http://theliminanas.bandcamp.com/

9 commentaires

  1. « Ce disque est une tuerie yéyé du XXIe siècle  » : comment peut-on écrire une connerie pareille ?

    En effet cet article poussif et très peu inspiré révèle bien ton incompétence (pas passagère comme tu le suggères mais totale) à chroniquer un disque comme celui-ci.
    Vu que tes références musicales semblent très limitées ( et t’es pas le seul à Gonzai malheureusement , n’est ce pas Bester ? ) je pense que la chronique du dernier Phoenix pour RnF te conviendrait davantage (je suis sûr que tu en rêves d’ailleurs, ).

    Encore une référence aux pets foireux que sont Philippe Manoeuvre , les bébés rockers où les Strokes dans vos articles et je claque la porte .

    En attendant , pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les Liminanas (et malgré l’évocation par l’auteur de l’interview -une fois de plus- des bébés rockers ) , je recommande :

    http://gonzai.com/the-liminanas-interview-votre-cote-yeye-memmerde/

  2. Bonjour hater du matin. Cracher autant de bile à 7h19, je dis chapeau, et respect. A ta première question, je réponds « avec un clavier ». J’ai perçu ce disque comme un disque yéyé en effet, pas au sens un peu niais auquel on rattache parfois ce qualificatif, mais je trouve qu’il y a un côté innocent et vénéneux à la fois dans cet album de souvenirs. Plus sérieusement, et pour en revenir à tes attaques cinglantes, mes références musicales sont effectivement très limitées puisqu’il s’agit seulement du 2ème album que j’écoute dans mon existence (le premier étant l’album de Phoenix « United », que tu dois connaître et que j’ai trouvé très groovy et pop-rock sur les bords. Peut-être partageras tu mon avis sur ce point?). Pour ta gouverne, je n’évoque pas dans l’article les phéniciens, les Strokes, Philippe Manoeuvre ou les bébés rockeurs. Il me semble que le Nesquik matinal passe mal. Tu devrais peut-être y ajouter un peu de lait avant de nous envoyer ton CV. Tu sembles en effet avoir toutes les qualités requises pour intégrer la fine équipe de Gonzague et prendre dans quelques semaines la place du boss. ps : ne claque pas la porte trop fort en sortant, les voisins dorment encore.

  3. Le frère de Lionel Liminana était pion dans mon collège à Cabestany (a côté de Perpignan donc). J’ai lu par ailleurs qu’il avait écrit un texte sur cet album. Pour ma part je me rappelle qu’ un jour il m’avait fait copié 100 fois « je ne glousse pas comme un dindon pendant l’heure d’étude ».
    Sinon cette chronique me semble bien sous tous rapports, va falloir que j’aille jeter une oreille sur ce disque.

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