La musique peut-elle encore être un geste politique? On ne pensait pas, en 2014, devoir se poser la question, mais force est de constater que les TETBB font le forcing avec leur nouvel album « The Belgians » et répondent à la question en tronçonnant un grand « oui » dans nos tympans.

A en croire le court texte de présentation du nouvel album du Tropic Blues Band, « le projet est une exploration, à travers le son et l’image, de la singularité, de l’absurde et du surréalisme qui façonnent ce pays [la Belgique] aussi grand qu’un confetti ». A la fois déconstruction de l’idéal nationaliste belge et réhabilitation du surréalisme à la Breton, “The Belgians” a de quoi en décontenancer plus d’un.

Du détournement de la “Brabançonne” au cadavre exquis surréaliste, le groupe redéfinit les frontières d’une Belgique nihiliste et à bout de souffle. La démarche, loin d’être apatride, revendique – non sans ironie – l’ambiguïté et la pluralité belge tout en posant le problème universel et millénaire de l’identité nationale. Sans disserter sur l’éternelle question du retour aux racines et à l’histoire, ces Belges réactualisent la démarche des mouvements d’avant-garde. L’identité nouvelle prônée par The Experimental Blues Band se joue de la cohérence et des clichés, elle revendique « l’insomnie fiévreuse, le pas de course, le saut mortel, la gifle et le coup de poing », principes chers à Marinetti dans son manifeste du « Futurisme ». Absurde (au sens dada du terme) et difficile d’accès par sa forme hybride, on trouve sur « The Belgians » de quoi réinventer à sa guise le plat pays. A écouter les mains grasses et les oreilles propres…

The Experimental Tropic Blues Band // The Belgians // Jaune Orange (Modulor)
http://www.tropicbluesband.com

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