Trois ans après l’impeccable « Foreverland », le roitelet irlandais de la pop orchestrale revient avec « Office Politics ». Un album étrange et attach(i?)ant où les synthés prennent peu à peu le pouvoir. Mais que s’est-il passé ?

Inutile de vous faire attendre plus longtemps une conclusion qui viendrait après une démonstration implacable et savamment argumentée : si « Office Politics » n’est pas le chef d’oeuvre espéré, il contient son lot de perles qui devraient satisfaire l’appétit des fans transis de l’irlandais. On ne tapera donc pas sur Neil Hannon. Déjà parce que les songwriters à l’ancienne de qualité sont devenus aussi presque aussi rares que les bons morceaux de Mac DeMarco et qu’il faut les préserver. Ensuite parce que cet album plein de synthés (mais pas uniquement, rassurons les ayatollahs du baroque) représente certes un petit pas pour l’ohm, mais aussi un grand pas pour l’homme. Enfin pour l’homme Hannon. Pas simple en effet de se diriger progressivement vers la synthpop quand on a toujours fait de la pop orchestrale XXL et grande classe. Pas simple, mais suffisamment intriguant pour entamer une discussion avec un nouvel homme-machine.

Résultat de recherche d'images pour "divine comedy 2019 cover"GONZAI : Dans ce nouvel LP, vous abordez entre autres le sujet des machines et de leur prise de pouvoir dans nos vies modernes. En l’écoutant, on peut aussi se demander pourquoi vous vous mettez à utiliser autant les synthétiseurs ?

NEIL HANNON : Seule une partie de l’album parle de ce sujet, c’est vrai. Franchement, j’ai de très mauvaises relations avec tout ce qui a à voir avec la technologie moderne. Dès que j’entre en contact avec ces objets, ils se cassent. C’est comme une malédiction. Et je n’arrive pas à les utiliser. C’est trop compliqué pour moi. Prenons l’exemple d’une imprimante. Ca devrait être quelque chose de super simple. Ben ça ne l’est pas. Vous avez des tas d’options incompréhensibles et vous finissez par vous battre pour imprimer ce qui est sur votre écran. De façon générale, cette course a la modernité m’agace. C’est comme si tout le monde essayait de fabriquer ou de vivre avec les objets les plus sophistiqués. Comme si c’était devenu la démarche obligatoire. La seule valable. Je finis par me demander si toutes ces machines ne nous tuerons pas un jour dans notre sommeil (rires). Mais le plus étrange, c’est que l’homme essaye par tous les moyens de fabriquer des machines qui finiront réellement par être capables de rendre les humains obsolètes. Pourquoi faire ça ?

« Je ne veux surtout pas que les gens pensent que cet album est sur ma peur du monde moderne et de la technologie. Il parle aussi d’autres choses : comme par exemple un morceau sur un couple de gens mariés qui décide de s’habiller comme des vikings. ».

GONZAI : Serions-nous donc en train de devenir ces « hommes-machines » dont Krawfterk parlait il y a 40 ans ?

NEIL HANNON : Kraftwerk doit être ravi car tout le monde prend ce chemin. L’homme commence à se fondre progressivement dans la machine. Nous n’en sommes qu’aux débuts de cette mutation. Je suppose que la prochaine étape, c’est d’intégrer ces machines dans nos mains ou dans notre cerveau. Quelque chose de ce genre pour qu’on puisse tous s’envoyer des messages sans rien taper. Tout ça ressemble à ma vision de l’enfer et nous y arrivons. On pourrait penser que j’exagère ou que je suis rétrograde, mais ce futur est déjà presque notre présent, et des choses dingues se passent déjà, technologiquement parlant. Mais je ne veux surtout pas que les gens pensent que cet album est sur ma peur du monde moderne et de la technologie. Il parle aussi d’autres choses, comme par exemple un morceau sur un couple de gens mariés qui décide de s’habiller comme des vikings. Rien à voir avec les ordinateurs, non ?

« Les choses auraient certainement été très différentes si j’avais acheté un synthé à 13 ans au lieu d’une guitare ».

GONZAI : C’est vrai mais les synthés ont quand même une part importante dans ce nouvel LP. Une part plus grande en tout cas que sur vos autres albums.

NEIL HANNON : Dans le passé, je n’en ai presque jamais utilisé même si je les ai toujours aimés. J’en possède depuis plusieurs décennies. J’ai grandi avec la synthpop anglaise. Notamment à la télé. On entendait presque que ça quand j’étais gamin. A l’époque c’était d’ailleurs le style de musique qui comptait le plus pour moi. Et puis j’ai découvert l’indie et c’est vers ça que je suis allé. Puis vers la musique très orchestrée. Les choses auraient certainement été très différentes si j’avais acheté un synthé à 13 ans au lieu d’une guitare. J’ai toujours pensé qu’un jour je ferai un album de synthpop. Ce nouvel LP n’est pas un album de synthpop, mais je sens que j’en prends le chemin. Avec « Office Politics », j’ai eu envie de voir ce que je ressentirai si j’essayais de me diriger vers la synthpop. Et je suis assez étonné par ce qu’il s’est produit. C’est pas ce que j’espérais. C’est un album très étrange. Quand je l’écoute, je me demande vraiment d’où il vient. C’est ce que les journalistes me demandent le plus souvent et ma réponse est simple : je n’en sais rien ! C’est juste le résultat d’une immense combinaison d’influences que j’avais et qui n’étaient jamais remontées à la surface dans ma musique jusque là.

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GONZAI : C’est peut-être votre album le plus surprenant en effet. Ca part un peu dans tous les sens. Pour en revenir aux synthés et sans me prendre pour un journaliste de chez Guitares et claviers en 1988, avez-vous un modèle dont vous rêvez ?

NEIL HANNON : Je n’ai pas eu la chance de jouer de tous les modèles bien sûr, mais si je devais en choisir un parmi tous, si je pouvais avoir n’importe lequel, ce serait peut-être l’ARP 2500. Un objet massif, magique. Un de ceux où tu passes autant de temps à faire les branchements qu’à jouer. Je crois qu’avec l’ARP 2300, c’est la première fois qu’on allait vers un « petit » clavier. Une révolution. Tu dois absolument entendre le son de ces machines. Elles sonnent comme la fin du monde. Même aujourd’hui, elles sonnent de façon incroyable alors qu’elles ont été conçues dans les années 70. Je ne sais pas si j’en aurais l’utilité sur mes albums, mais ce serait cool de posséder un de ces monstres. En même temps, tout le monde s’en fout, non ?

« C’était si pourri, le bon vieux temps où on ne s’envoyait pas des messages pour acheter du papier toilettes ou du pain ? ».

GONZAI : Êtes-vous un cyborg ?

NEIL HANNON : Je suis l’exact opposé d’un cyborg !

GONZAI : Je ne vous crois pas. Vous ne vous prenez pas pour un super-héros quand vous avez un smartphone dans votre main ?

NEIL HANNON : Surtout pas. Je hais tellement ces appareils. Vous savez, mon téléphone est vraiment pourri. Il arrive à peine à sonner tellement il fonctionne mal. Et c’est parfait comme ça. A mon avis il ne sonne plus parce qu’il sait que je n’en ai rien à faire. Je veux pouvoir bosser tranquillement sur ma musique, sans être dérangé par un nouvel e-mail, un autre sms, une autre notification. Comme je vous le disais tout à l’heure, tous mes téléphones se cassent dès que je les achète. Parce que je les hais. Et que je refuse de les mettre à jour. Parce que mettre un smartphone à jour, c’est un peu comme recevoir un message de ton boss au bureau qui dirait « Bon les gars, on arrête de bosser pendant 30 minutes et on poireaute ». Un message impossible, parce qu’il doit faire du profit. Toujours plus de profit. Je dois t’avouer que je suis sidéré par l’idée qu’on doive tous obligatoirement aujourd’hui avoir un téléphone portable si on veut exister. C’était si pourri, le bon vieux temps où on ne s’envoyait pas des messages pour acheter du papier toilettes ou du pain ? J’aimais ça, quand on se disait « Rendez-vous à 15h15 devant le supermarché ». Même si ton ami arrivait avec 40 minutes de retard, tu ne lui en voulais pas. Parce que tu ne pouvais pas communiquer avec lui et qu’il ne pouvait pas te prévenir qu’il avait eu tel ou tel problème. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Tu te pointes à 15h16 et ton ami te dit « Tu as une minute de retard », aha.

GONZAI : When the working day is done, le dernier morceau de l’album, est vraiment différent du reste. Il rappelle des morceaux de « Promenade », sorti en 1994. Des choses plus orchestrales, du pur Divine Comedy. C’est vers ça que vous irez à l’avenir ?

NEIL HANNON : Je ne vais surtout pas commencer à vous dire ce qui se passera après « Office Politics ». Je veux dire…Les morceaux très orchestrés, la musique de chambre, c’est dans mon ADN. Mon esprit en est trop imprégné pour que je m’en affranchisse totalement et que je n’en fasse plus jamais. Même si j’ai laissé de côté quelques chansons quand j’ai enregistré ce nouvel LP, je ne sais pas du tout encore de quoi le prochain sera fait. Ceci dit, c’est assez drôle, parce que « Office Politics » est composé de plusieurs morceaux que j’avais mis de côté en enregistrant « Foreverland », mon précédent album.

GONZAI : D’où venaient ces morceaux ?

NEIL HANNON : J’ai écrit énormément de morceaux vers 2012-2013, c’est à ce moment là que j’ai commencé à expérimenter des choses avec des synthés. Et puis finalement certains de ces morceaux avaient décidé de ne pas prendre vie sous cette forme synthétique et ils avaient fini par devenir «  Foreverland ». Les seules choses qui restaient ressemblaient à de l’électro un peu bizarre et anxiogène. Vous avez raison de dire que les synthés occupent une grande place dans « Office Politics », mais ils y jouent leur rôle. Ils ne sont pas plaqués là artificiellement. C’est pas un truc du genre « Et maintenant, mesdames messieurs, voici Neil Hannon et son troupeau de machines ! ». Queuejumper, Office Politics, Norman And Norma, Absolutely Obsolete… Le début de l’album reste quand même très humain. L’idée, c’est surtout de se dire, mais qu’est ce qu’il va se passer au bureau aujourd’hui ?

GONZAI : Puis ces humains se font rattraper par la technologie.

NEIL HANNON : Oui…Par des machines infernales qui leur tombent dessus quand quelqu’un ouvre la mauvaise porte. Et là, c’est peu comme…Fuuuuuuucccckkkkk !!!!. Cela donne envie de fuir ces endroits, ces villes, et d’aller voir ailleurs. Là où ces machines ne sont pas et où on peut faire son job normalement, sans avoir le sentiment d’être peu à peu automatisé par la machine. Un comble. Psychological Evaluation parle de comment les machines font de l’argent avec tout ça, en identifiant ce qu’on fait et en nous vendant ce dont on a pas vraiment besoin.

GONZAI : Ce morceau, Psychological Evaluation, c’est un peu « Trans » de Neil Young avec une touche de Daft Punk, d’autres cyborgs.

NEIL HANNON : Je ne sais pas d’où il vient…Dans ce morceau, je m’interviewe. J’avais quelques belles notes de musique en magasin, et je ne voulais pas ruiner ce bout de morceau en écrivant artificiellement un morceau autour. Je voulais vraiment garder ce bout de musique que je trouvais excellent et en faire un morceau. Et là, je me suis dit, « Tiens, je n’ai qu’à parler dessus et m’interviewé » ! Plus sérieusement, j’ai repensé au temps où, plus jeune, j’avais un avis sur tout. Et je me suis dit que ce serait intéressant de raconter un peu comment les machines pouvaient nous transformer aussi sur ce plan là. Mais je ne voulais pas être trop précis dans les paroles. Ce morceau, c’est juste moi me posant à moi- même des questions au hasard. J’adore le refrain de ce morceau. On croirait presque que les paroles sortent du « Tommy » des Who.

GONZAI : Vous y faites aussi pas mal de name dropping. Vous citez par exemple Thomas Dolby.

NEIL HANNON : Je l’adore ! Il a notamment produit quelques fantastiques albums de Prefab Sprout. Je ne savais pas ça avant de les écouter. C’est vrai qu’il y a pas mal de name-dropping sur « Office Politics ». Je crois que j’ai écrit Psychological evaluation à un moment où je me disais que tout l’album serait un album de synthpop. Et je me suis dit que ce serait cool de citer des hommes qui évoluaient dans cet univers du synthétiseur. Un peu comme je l’avais fait sur « Promenade » dans The Booklovers, mais avec des écrivains. Car j’étais plus sérieux à l’époque.

GONZAI : Le morceau suivant, The Synthesiser Service Centre Super Summer Sale, sonne presque comme un hommage à Pierre Henry. Peut-être le morceau le plus expérimental que vous n’ayez jamais écrit.

NEIL HANNON : Je suis d’accord. Même si ça aurait vraiment été encore plus expérimental si je n’avais pas mis une grosse blague à la fin… Je me souviens de Gilbert et Sullivan, un duo musical de l’époque victorienne qui composait des opéras comiques très enjoués et virevoltants. Un peu comme une vieille « patter-song » chez Noël Coward. J’avais envie de faire un peu la même chose, mais en parlant de synthétiseurs histoire que cela soit plus drôle. Et je crois que ce morceau marche. Un peu comme si un morceau de Noël Coward s’était fait enfermé dans un ARP 2500. Je me souviens qu’on était dans les Alpes italiennes, sur les marches d’un hôtel. Une très belle demeure. C’était pendant une tournée. C’est là que j’ai donné aux gens de mon entourage le titre du morceau en le chantant très rapidement. Ils ont eu un peu peur…

GONZAI : Cet album, c’est aussi une ode au bon vieux temps. Ne craignez-vous pas de devenir un vieux grincheux ? De la nostalgie au vieux con, il n’y a finalement qu’un petit pas.

NEIL HANNON : Je crois que la plupart de mes albums le sont. J’ai encore envie de faire en sorte que ce bon vieux temps soit aussi le temps présent. C’est marrant que tu me parles de bon vieux temps. Je me souviens d’une vieille émission de télé qui s’appelait déjà « The Good Old Days ». Les gens du public y venaient habillés dans des costumes de l’époque victorienne et ils avaient uniquement droit à de la musique de cette période. Mes concerts, c’est peut-être l’équivalent moderne de cette émission là finalement…

“J’aurais détesté être le volume 2 d’un album de Blur”. 

GONZAI : N’exagérons pas. Mais notre discussion me fait penser au titre d’un album de Blur, « Modern Life Is Rubbish ». Vous auriez pu reprendre ce titre et y ajouter « volume 2 ».

NEIL HANNON : J’aurais pu. Mais j’avoue que j’aurais détesté être le volume 2 d’un album de Blur, aha.

GONZAI : Vous n’appréciez pas ce groupe ?

NEIL HANNON : Si, bien sûr. C’est un très bon groupe. Et je ne suis pas du tout du tout du tout jaloux de leur énorme succès.

GONZAI : A propos de succès, on peut dire que celui de « Foreverland » a été considérable puisque c’est votre album qui s’est le mieux vendu.

NEIL HANNON : Considérable, mais à mon niveau. Je ne suis pas Kanye West. Mais c’est vrai qu’il a bien marché. Lors d’une interview à Berlin, un journaliste allemand m’a demandé « Ton dernier album était un hit. Pourquoi avoir pris une direction aussi bizarre sur ce nouvel album? ». Que répondre à ça ? Si ce n’est que je ne pense pas à ce genre de trucs. Je fais de la musique, pas des tableaux croisés dynamiques. Ma façon de fonctionner est très simple : je fais des albums à ma manière, et ensuite j’essaye de les vendre. Pas l’inverse. C’est dommage, car si j’étais plus intelligent, j’aurais sûrement mené ma carrière d’une autre manière.

GONZAI : En bon obsédé de la pop-song parfaite, vous avez quand même tenté à certains moments d’écrire des hits, non ? Je pense à At the indie Disco par exemple.

NEIL HANNON : J’ai sorti quelques albums où il y avait quelques hits mineurs. Mais pas par calcul. Simplement parce que j’adore les morceaux « catchy » et que j’aime en écrire. Ca n’a jamais été une stratégie commerciale. C’est difficile à expliquer…J’adore écrire des morceaux pop, mais ils doivent avoir une raison d’exister. Queuejumper, par exemple, est assez catchy. Mais je n’aurais jamais été capable de l’écrire si je n’avais pas eu avant l’idée du sujet que je voulais aborder dedans. Je me suis dit : « J’ai une idée simpliste, mais c’est une bonne idée. Faisons-en un hit ». Et ça n’en sera probablement pas un. Mais je l’aime quand même. Ce qui compte, c’est l’impulsion que te donne un morceau. On se moque de savoir si c’est un hit ou non. Le fait qu’il n’en soit pas un ne le rend pas inutile.

« Ce qu’on appelle la musique moderne, c’était celle de Pierre Boulez, d’Olivier Maessien, de Stockhausen…Tout ça, pour moi, c’était une terrifiante impasse. Ca ne me touchait pas du tout. Même Arnold Schoenberg. Schoenberg, c’est un peu comme les paroles de Morrissey : ça ne me dit rien ».

GONZAI : Pourquoi avoir pris Queuejumper comme single ? Pour moi, c’est peut-être le morceau le plus faible de l’album.

NEIL HANNON : Ah oui ? Je n’avais aucune idée de quel morceau sortir en single. Et à l’issue d’une conversation avec tous les gens de mon staff – c’est-à-dire 3 personnes – on a décidé de le placer en premier sur le tracklisting. C’est un morceau immédiat, accessible, qui parle de la stupidité et de l’avidité, des valeurs qu’on retrouve dans pas mal de milieux professionnels si j’ai bien compris. Et des valeurs dont parle beaucoup l’album, donc je trouvais Queuejumper assez représentatif.

GONZAI : Un petit mot peut-être sur Philip And Steve’s Furniture Removal Company, un morceau hommage à Philip Glass et Steve Reich. Pensez-vous que la musique répétitive soit la bande son idéale de nos vies actuelles ?

NEIL HANNON : J’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop mais je crois que la musique répétitive a précisément été écrite pour ça. La véritable musique moderne commence véritablement dans les années 60 avec les compositeurs de musique minimaliste. Ce qu’on appelle la musique moderne, c’était peut-être celle de Pierre Boulez, d’Olivier Maessien, de Stockhausen…Tout ça, pour moi, c’était une terrifiante impasse. Ca ne me touchait pas du tout. Même Arnold Schoenberg. Schoenberg, c’est un peu comme les paroles de Morrissey, ça ne me dit rien. Quand il chante « It says nothing to me about my life » dans Panic, je ne comprends pas. Alors que la musique minimaliste me dit exactement le contraire. Elle me dit tout sur ma vie. Sur nos vies d’urbains. Quand j’ai lu dans un journal que deux adolescents, Philip et Steve, après avoir quitté le collège, étaient partis vendre leurs fournitures pour gagner un peu d’argent j’ai tout de suite pensé à Reich et Glass. C’était irréel. J’ai sauté sur l’occasion, même si c’était vraiment une idée bizarre. Bizarre, mais cool.

GONZAI : Chris Difford de Squeeze est sur l’album. Quel a été son rôle ?

NEIL HANNON : Un rôle minimaliste ! Il chante juste un bout du refrain d’Absolutely Obsolete. Quand j’ai écrit cette ligne dans le refrain, j’ai trouvé que ça ressemblait à du Squeeze. Plus précisément à Chris chantant Cool For Cats. Je le connaissais un peu via des amis communs, donc je lui ai demandé de participer, et il a accepté. C’est vraiment cool de l’avoir sur un de mes disques. J’avais 8 ans quand je l’ai vu joué ce morceau, Cool For Cats. J’étais fou de ce morceau.

GONZAI : Difficile de ne pas parler un peu de Scott Walker pour terminer, une de vos grandes influences. Quelle a été votre réaction à l’annonce de sa mort ?

NEIL HANNON : Même si je connaissais son âge, j’avoue que je l’ai pas du tout vu venir. Je le pensais immortel. Car c’est évidemment un dieu. Et par conséquent, immortel. J’étais très choqué, et puis je me suis demandé pourquoi je l’étais. Il était âgé. Et les gens âgés meurent. C’est le cycle de la vie. J’étais malgré tout très triste, car il est et sera toujours une de mes idoles.

GONZAI : Comme vous, il faisait de la musique orchestrale puis avait basculé vers de la musique plus électronique, plus expérimentale.

NEIL HANNON : Me concernant, je serai toujours l’homme de Scott 1, Scott 2, Scott 3 et Scott 4. Quand je suis tombé sur ces albums, j’ai réalisé un rêve. Cette musique, c’était celle dont j’avais rêvé toute ma vie. Et c’est Scott Walker qui me l’offrait. Ca a tout changé dans ma façon de faire de la musique. Sans Scott Walker, pas de Divine Comedy. J’étais heureux pour lui qu’il ait une autre carrière ensuite, plus exigeante, même s’il faisait de la musique qui me parlait moins. Peu importe, j’aurais tué pour qu’il puisse sortir ses albums expérimentaux.

The Divine Comedy // Office Politics // Divine Comedy Records
https://thedivinecomedy.com/

4 commentaires

  1. Bien entendu, cher gonzai je ne suis pas ce que vous croyez, je ne suis pas ce mensonge ou vous me faite passé pour un haters ou un troll ,je suis un enfant de Pierre-Joseph Proudhon ,Fernand Pelloutier ,Errico Malatesta,Mikhail Bakunin ,Nestor Makhno et consorts https://youtu.be/4SAjq4WaLaA

  2. pour moi l’age d’or de neil hannon est révolu depuis un bail c’est 4albums ,liberation ,promenade,cassona et short about love ,soit 3ans de grâce absolu de 1993 a 1996 ,puis graduellement sa musique a fini par lassé et en 2006 apres Victory For The Comic Muse j’ai decroché definitivement , quelque fulgurance par si par la mais globalement le petit hannon a commencé a cabotiné sérieuse et a rentrer dans le rang , Bang Goes The Knighthood et Foreverland sont pour moi des albums mainstream

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