A 17 ans, je suis tombé sur la cassette. Nice price from CBS – à l’époque déjà on bradait. On y voyait en gros plan un type mal coiffé avec un t-shirt blanc, le degré zéro de la photo, et en-dessous des lettres rouges : « Bruce Springsteen – Darkness on the edge of town ». Peut-on vraiment se permettre une pochette aussi moche si on n’est pas sûr de la perfection du contenu ?
Aujourd’hui, Columbia ressort l’album dans un coffret de 6 CD et DVD. Où l’on découvrira que les meilleurs songwriters ne sont pas toujours au top. Où l’on voit aussi que Darkness, vraiment, est un album aux envolées lyrics inégalables.

Springsteen ? C’est un de ces types qu’on croit connaître. Un des 140 « nouveaux Dylan » des années 70. Un chanteur des années 80 né aux USA. Le mec de la BO lancinante de Philadelphia. Le copain d’Obama. Bref, un de ces mecs qui sont dans le paysage depuis si longtemps qu’on en oublie qu’ils ne sont pas là pour rien.

Mais reprenons depuis le début.
Springsteen, c’est l’histoire d’un type qui, après deux albums de folk sans succès, décide en 1974 d’écrire l’un des plus grands albums de rock de tous les temps. Et qui le fait. Born to run, c’est un an d’enregistrement sous pression (où il gagne son titre de « Boss »), et le chef d’œuvre au bout. Une entrée fracassante dans l’histoire, portée par la prophétie héroïque qui conclut Thunder road : « It’s a town full of losers and I’m pulling out of here to win ». Ha ! Springsteen n’est pas un spécialiste de la killing line, mais celle-là…

Le songwriting entre les lignes

Le succès énorme de l’album débouche sur un procès entre Springsteen et son producteur. Pendant deux ans, le voilà interdit de studio. Alors il enchaîne les concerts, il écrit et réécrit ses textes. Il découvre aussi Steinbeck, A l’est d’Eden, et ajoute aux siens les rêves des autres. Il écrit et enregistre 70 titres. Et pas que des bons. Mais la force du songwriter, ce n’est pas de pondre un texte génial dès qu’on sort son stylo. C’est aussi de savoir retravailler, jeter, tailler dans les phrases (travaux pratiques à la fin de cette note), tourner autour d’une étincelle pour faire jaillir Fire. Le génie du songwriter, c’est d’être prolifique ET de savoir faire le tri avant de sceller la tracklist.

Bref. De tout le matériau de l’époque, Springsteen ne gardera que dix titres pour un album dense, sombre, où les guitares flamboient parfois mais où les mots vont à l’essentiel. C’est peut-être ça, la qualité n°1 du songwriter – plus que les rimes, plus que le rythme : la concision. L’intensité.
Après les textes-fleuves des premiers albums, Springsteen se révèle capable de faire naître un monde et de dérouler une histoire en quelques lignes et autant d’images :

They’re still racing out at the Trestles, but that blood it never burned in her veins,
Now I hear she’s got a house up in Fairview, and a style she’s trying to maintain.
Well, if she wants to see me, you can tell her that I’m easily found,

Tell her there’s a spot out ‘neath Abram’s Bridge,
And tell her, there’s a darkness on the edge of town.

Pas besoin de connaître les lieux pour entrer dans l’histoire. Pas besoin de chercher les mots qui cognent : comme la bonne littérature, la bonne chanson se lit entre les lignes. Trouvez m’en deux qui font tenir autant de choses en 5 lignes et je m’incline. A condition qu’ils tiennent ça sur un album complet, évidemment. Le coup de la grâce, sur une chanson, ça peut arriver à tout le monde. Trois minutes parfaites en des années d’écriture, ce n’est pas énorme, quand on y pense. Dire qu’il y en a tant qui n’y arrivent jamais…

The road to Nebraska

Et encore, Darkness n’est sûrement pas « l’album de la maturité » pour Springsteen. Il écrit une chanson d’amour ? Il n’ose pas la sortir et préfère la donner à Patti Smith (Because the night, c’est lui). Et quand il écrit un texte sublime sur les chimères du succès et la hantise de l’échec, un texte un peu trop proche de lui peut-être (The Promise), il l’écarte par pudeur.

Darkness, c’est l’album d’un tournant. Celui d’une rock-star qui devient adulte et regarde autour de lui, un type qui roule en Cadillac avec l’œil rivé sur les bas-côtés. On trouve encore dans certains textes (Prove it all night, Badlands) la fougue adolescente de Born to run – le jeune type, la tête pleine de rêves, qui veut tout casser :

The dogs on Main Street howl ’cause they understand
If I could take one moment into my hands
Mister I ain’t a boy, no I’m a man
And I believe in a promised land

On y trouve aussi tous les thèmes qui marqueront les albums suivants : le combat quotidien et l’envers du rêve américain (Factory – qui saurait encore écrire sur une sortie d’usine ?), le rêve, l’échec et la rédemption (Something in the night, The promised land…) et les rapports avec son père, ouvrier taiseux du New Jersey (Adam raised a Cain) :

Well Daddy worked his whole life for nothing but the pain
Now he walks these empty rooms looking for something to blame
But you inherit the sins, you inherit the flames
Adam raised a Cain

On y trouve enfin, avec Racing in the street, les prémices de cette veine de « storytelling » qui fera la beauté des grands albums acoustiques comme Nebraska (1982) ou The Ghost of Tom Joad (1995).

Nebraska, tenez : le voilà, l’album de la maturité textuelle. Dix titres enregistrés par Springsteen, seul chez lui sur un magnéto 4-pistes, qu’il tentera de jouer en studio avec son groupe dans des arrangements rock… avant de revenir à l’enregistrement initial. De Highway Patrolman, Sean Penn trouvera matière à un film entier (Indian Runner). Et parmi les titres écartés de l’album, un blues-folk lent et désabusé sur un vétéran du Vietnam qui se cogne à toutes les portes en revenant au pays. Le titre : Born in the USA.

Born down in a dead man’s town
The first kick I took was when I hit the ground…

Tout le contraire d’un hymne à la gloire de l’Amérique. Ça n’avait pas empêché Reagan, dans un discours mémorable, de le montrer en exemple à toute la jeunesse. Encore un qui n’avait pas lu les textes.


—-

Mais alors, ce coffret ? Ce double album d’inédits de la période Darkness ? Well.
A écouter certains, on aurait là la preuve du génie absolu de Bruce S. Disons plutôt que comme la plupart des coffrets, il nous rappelle avant tout que le talent, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration. On voudrait nous faire prendre pour des miettes d’inspiration ce qui ne sont souvent que des gouttes de sueur tombées sur le sol du studio, l’un de ces soirs où le génie était endormi. Avec The Promise, Springsteen tient son Willie McTell mais pour le reste, comme on dit : For fans only.
Avec en bonus, quand même, une jolie leçon de songwriting.

Attention, travaux pratiques.

1. Prenez une chanson fadasse (Candy’s boy, coffret – CD1) : soit un premier couplet inspiré, mais le tout gâché (je suis sympa) par une interprétation traînante.

2. Optez pour un morceau plus énergique (The fast song) – une autre histoire de nana, une compo originale, mais plombée par un refrain qui se lamente des nuits « without her ». Double problème : le narrateur ne prend pas son pied et le refrain a un pied en trop, qui l’empêche de claquer comme il devrait.

3. Maintenant, fusionnez les deux titres : mettez le texte de l’une sur la musique de l’autre, vous avez déjà une bonne chanson. Virez maintenant les pieds qui dépassent, faites que l’auteur/narrateur sorte avec la nana et concluez en conquérant…   « Tonight ! »

Servez chaud. Enjoy.

Bruce Springsteen // Darkness on the Edge of Town // Columbia (réédition)

Ou comment ça…

peut venir de ça…

40 commentaires

  1. Le E-street band c’est un gros problème en effet. Ca fait penser aux types qui ne parviennent pas à finir une blague.
    Cela dit, Roy Bittan, chez Bowie, a fait des merveilles.
    Moi je dis qu’il faudrait parler des paroliers comme le fait second flore, et pas seulement des classiques. Aujourd’hui, un disque de rock, est-encore des paroles ? Et cette musique aurait-elle eu ce destin sans des textes qui tiennent debout ? Vaut-il mieux écrire Louie Louie ou Desolation row ? I wanna sniff some glue ou Sister Ray ? Pete Townshend est-il le dernier grand parolier pop ? Bref, je m’interroge.

  2. Moi je suis assez d’accord avec Dominique A à ce propos qui dit qu »il vaudra toujours mieux une chanson qui sonne qu’une chanson qui fait sens’. Evidemment quand il y a les deux, c’est mieux. Mais quand il faut faire un choix…

  3. Dominique A. Et voilà, je suis bon pour brûler à nouveau des cierges à la chapelle Sainte-Rita ! Vade Retro Dominique A. ! Mais où ai-je bien pu mettre est ma gousse d’ail ! (Je sors le crucifix si vous citez Rodolphe Burger, Blandine).

  4. Ah ah! Euh alors… Rodolphe Burger! Florent Marchet! Arnaud-Fleurent Didier! Bertand Belin!
    Non mais je déconne. Qu’on aime ou pAs Dominique A, il n’A pas tout à fait tort. Non? bon…

  5. > Serlach : malheureusement ok pour le E-Street Band… Avec un bémol (en 75, à Londres, ils jouaient vraiment pas mal), et un bécarre (Springsteen a fait un de ses pires albums avec des musicos de studio).
    Et on garde le sax juste pour Thunder Road.

    > Blandine : … et sur Jungleland !^
    (d’accord sur la chanson qui sonne, mais bon, c’est quand même dommage d’être obligé de choisir)
    (et attention – je connais plein de textes qui « font sens » mais qui sont à chier!)

    > Syd C : Roy Bittan est le type qu’il aurait fallu mettre sur la pochette de Born to run… Je parlerais bien de ce qu’il a fait chez Dire Straits (Telegraph Road, et Romeo&Juliet dont l’intro pompe éhontément Jungleland), mais je crains que Sir Charlus ne m’envoie à confesse chez Rita.
    Et j’ajoute un petit caillou à la réflexion sur les textes : la disparition des grands textes est-elle volontaire ? Par peur de perdre le label Rock, peut-être ?
    (et quel est le dernier grand texte croisé ? je prends tout)

  6. et ben moi je suis pour les deux camps textes crétins et prose littéraire

    dans mes singles préférés il y a quand surfin bird (qqu ‘un a plus débile ??) et do you love me des contours qui n’ont pas inventé le fil à couper le beurre mais j’écoute au minimum Time out of mind de Dylan 3 fois par semaine qui contient des textes hallucinants
    pourquoi choisir ?

    dire straits ? nan mais merde second flore faut arrêter la drogue ou t’y mettre sur le champ

    à mes yeux springsteen a fait qq chose de pas mal sur ghost of tom joad malgrè quelques synthés pourris

  7. Je savais que je m’exposais, la voie est étroite mais bon, Dire Straits m’emmerde plutôt sauf Telegraph Road (et R&J, mais j’ai un mot, m’sieur, j’étais amoureux)
    A propos de drogue, tiens, un autre grand texte : Let’s Fuck, de Dope.
    (oui et re-oui, de temps en temps c’est bon, un texte bien con)
    (tellement mieux qu’un mauvais texte qui essaie de dire qqch, genre Mellencamp-Seger (et une dédicace spéciale à Daho))

    La 1e moitié de Ghost of Tom Joad vaut tout Nebraska, je trouve, les ellipses enrichissent le texte…

    Et sir C. m’en voudra peut-être, mais je tenais à être le premier ici à écrire en gros le nom de Randy Newman.

  8. Je m’insurge contre la mention spéciale à Daho! Tout le monde prend ça pour de la varietoche alors que c’est bien plus que ça. Avec un flingue sur la tempe, entre Daho et Mark Knopfler, franchement, j’hésite pas une seconde (et je sais c’est pas comparable mais bon)
    Randy Newman, I Love LA, great song!

  9. Comment dire… Je ne connaissais pas Springsteen.
    Je veux dire, je connaissais le nom du type qui braillait « Born in the USA », sur les ondes, pendant mon adolescence.
    Donc,… je ne le connaissais pas.
    Et je ne risquais pas de la connaître, tellement la multi-diffusion de cette chanson sur les radios et ses diverses reprises par mes copains d’école me fichait de l’allergie.
    Puis un jour, un type qui, -je le découvre en lisant le texte ci-dessus-, connait son Springsteen par coeur, m’a offert « Nebraska ».
    Drôle d’idée que de m’offrir un album de ce type que je ne connaissais pas.
    C’était un cadeau. Je l’ai gardé.
    Comme il venait d’un être très cher, j’ai fait l’effort de vouloir connaître. J’ai glissé le CD dans mon auto-radio, comme on insère celui d’une méthode Assimil pour parfaire une langue étrangère durant les trajets domicile/travail.
    Je l’ai donc écouté durant plusieurs dizaines (centaines ?) de trajets. Puis je l’ai enlevé et bien rangé, pour remettre à la place celui de Cat Power.
    Je ne savais toujours pas qui était Springsteen. Ou plutôt si, je savais que c’était bien le type qui braillait « Born in the USA » à la radio.
    Plus tard. Sûrement beaucoup plus tard car j’ai oublié combien de temps, j’ai revu « Indian Runner » de Sean Penn, avec cette magnifique chanson « Highway Patrolman »… de Bruce Springsteen ?! Mince. Cette chanson ? Alors je suis allée la télécharger (à ce moment on n’allait pas en prison), et l’album entier avec, que je me suis mise à écouter en boucle sur les trajets domicile/travail.
    J’étais tellement en phase avec cet album, qu’un jour, prise dans mon enthousiasme, j’en fais part à cet être cher qui m’avait offert jadis « Nebraska »… Ce même album que je venais de télécharger, que j’écoutais en boucle et qui depuis ne m’a jamais quittée.
    Désormais je connais Bruce Springsteen.

  10. > Blandine : je te rassure, je n’ai pas pris Daho pour de la variétoche (je n’ai pas dit, par exemple : « mention spéciale à François Feldman », qui avait les textes les plus mauvais qu’on puisse imaginer). Mais dans les textes de Daho, je ne sais pas pourquoi, il y a de bonnes idées, et toujours une rime foireuse, un mot qui n’a rien à faire là, un pied qui gêne, une phrase à jeter…
    Allez, « Political science » et « Bad news from home », on fait la paix 😉

    > Poulpe : je prescris un traitement à base d’acoustique

    > Cécile : ah! que c’est beau. Faut dire que c’est vraiment bizarre, quand on y pense, d’offrir Nebraska à quelqu’un… (en même temps, c’est vraiment beau. et ça ne peut pas s’offrir à n’importe qui)

  11. Je pense que vous vous gourez tous: Bruce Springsteen c’est juste une énorme arnaque montée par l’industrie pharmaceutique pour forcer les rockeurs à mettre des capotes en 1993.

  12. ok on cite les noms à la randy, alors plus proche de springsteen et qui s’est fait éradiqué par l’industrie musical il y a elliot murphy & deville ( même période mid seventies même enculade tragique)

  13. > Bstr : (haha) Y’avait Neil Young dans le coup aussi, non ?
    Mais cette rumeur est fausse. En vérité, Bruce S n’était pas sur terre entre 1986 et 1995 ; un sosie barbu l’a remplacé et n’a pas pu s’empêcher de se faire remarquer.
    (Un indice : sur la pochette de Tunnel of love, il est accoudé devant une décapotable. cqfd)

    > Serlach : pour Deville je sais qu’un spécialiste est ici, pas loin… Pour Murphy, je connais mal mais il manque souvent l’étincelle qui transforme une bonne idée en grande chanson. Ce truc qui fait que le risque d’éradication augmente, laissé à l’heur de l’industrie. (Idem pour Southside Johnny, si on reste dans les potes (avec en effet aggravant, les cuivres qui dégoulinent))

  14. « Just this morning
    My wife and I
    Went to the hotel in the hills
    That’s right
    The Bel-Air Hotel
    Where a very good friend of ours
    Happens to be staying
    And the name of that young man
    Is Mr. Bruce Springsteen
    That’s right, yeah
    Oh, we talked about some kind of woodblock or something
    And this new guitar we like
    And you know what he said to me
    I’ll tell you want he said to me
    He said, « Rand, I’m tired.
    How would you like to be the Boss for awhile? » »

    – Randy Newman

  15. Ah c’est malin, en citant Randy Newman, on clôt le débat ! Simplicité, sens, formule, classe : le Jacques Chardonne du ragtime.
    Willy Deville ne me lancez pas ! Je vais devenir chiant. mais le texte de Spanish stroll avec cette voix c’est un absolu. Et Just your friends…

    Sinon, le dernier texte marquant pour moi se trouve dans le dernier album de Bryan ferry (oui, vous pouvez rigoler) :

    And the days go by
    Morning, noon and night
    Permanently wired
    To a simple life

    And the way we were
    Fatefully entwined

    Pas dégeu, non ?

    Allez un aveu : pour moi le grand parolier, le type que l’on attend pas, qui trouve les titres, les formules étonnantes, c’est… Mick Jagger. Ben ouais.

  16. putain crache la cette interview, déjà que je suis jaloux comme un poux …
    plutôt d’accord avec toi syd sur jagger, en fait je le mets dans un catégorie à part, celle du mec qui écrit bien mais qui arrive à ce que l’on ne l’écoute pas trop prêcher
    je me suis rendu compte de ça particulièrement sur get out of my cloud

  17. > Secondflore : non franchement, c’est physique, j’arriverai jamais à le blairer, en fait j’ai pas envie de faire l’effort, il en fait trop lui … avec ses gros muscles et sa voix de rambo … beurk … non.

  18. Coolos ce papier, Springsteen mérite une petite place au panthéon quoi qu’on en dise !

    Solos de saxophone : ça peut démanger le scrotum à l’oreille, mais dès lors que t’as VU le saxophone en live, ce gros Clarence black Clemons bedonnant devient ton meilleur ami.

    Dire Straits : c’est devenu un gros mot ? Communiqué a de la gueule. Idéal pour coucher avec sa meilleure amie.

    C’est d’ailleurs marrant, je reviens d’Italie et les deux entités susnommées sont les incarnations du rock là-bas. Je veux dire, quand en France on dit Velvet et Stones, outre-Alpes on dit Springsteen et Dire Straits.

    A part ça, et puisque le papier parle beaucoup de textes, quid de ceux des deux premiers albums du Boss ? C’est quand même l’époque où Springsteen est obsédé par Dylan, rendant sa musique parfois un peu trop verbeuse d’ailleurs. Quand même, ça méritait quelques lignes je trouve.

    D’ailleurs je les qualifierais pas vraiment de « folk » ces albums. Je dirais même que si Born To Run a été fait exprès pour être un chef-d’oeuvre, « The Wild, the Innocent… » en est un aussi. Moins volontaire mais moins euh, stadesque.

  19. Oberst, Barnes, Ferry – merci pour la liste à (re)découvrir… (to be continued)
    (et oui pour Cave. Of course)

    Syd C, avec le cas Jagger, un nouveau débat se dessine : « songwriting et sens de la formule »…
    (l’un pour le couplet, l’autre pour le refrain ?)

    Poulpe, malheureusement je comprends. Les photos qui vont avec les albums depuis les 90s me font pleurer à chaque fois
    (puis sur scène, en jeans et chemise, et soudain)

    Et Laslo, merci pour l’éclairage transalpin ! Pour Clemons, un bémol : les 2 dernières fois en concert, on avait envie de le pousser pour qu’il évite de ralentir les autres…
    Je me suis centré sur Darkness, là, m

  20. (ah)
    …mais, disais-je, pour les deux premiers, mon « textes-fleuves » pouvait s’entendre comme « parfois verbeux »…
    Le 1er est assez folk, le 2e sans genre, inégal avec de vraies pépites – les reprises live leur font souvent honneur à leur composition (Lost in the Flood, For you, Kitty’s back qui m’a fait croire un jour que le e-street band était bon… et Blinded by the light dans le live à Dublin ! mais je m’arrête, on va me croire italien^)

  21. Oh ! Je m’indigne !
    Le 1er renferme un morceau folk à proprement parler si je me souviens bien. Enfin, ce qui est folk ou pas… C’est plutôt à celui-là que je reprocherais le côté inégal.

    Le 2eme me plaît particulièrement justement pour sa variété. Le tout reste cohérent à mes oreilles. On entend simplement sur quels registres Springsteen fait des merveilles. Y’en a pas mal, mais ça reste du Springsteen. Pas encore érigé en Middle Class Hero en plus. Surtout, le E Street Band garde un son aéré, détaché qu’il n’a jamais retrouvé. Je trouve.

    Bref !

  22. Secondflore, (puis sur scène, en jeans et chemise, et soudain), désolé suis pas adepte du gorille, peut-être un peu pas du tout homo … doit y avoir un truc comme ça … J’en sais rien mais cette analyse me plaît Ah ah ah ah

  23. Laslo, ne nous arrêtons pas à ces questions de chef de rayon – je ne suis pas particulièrement défenseur du 1er, je note surtout que ces titres ont été magnifiés par les reprises ultérieures, ce qui n’est pas le cas de ceux de Wild, etc.
    Sûrement parce que ce 2e était déjà plus abouti, of course.
    (même si j’aurai tjs un pb avec le Circus et la Sandy du 4 juillet… mais « Bref », oui!)

    Poulpe, il faudra qu’on t’offre un bandana
    (bon, perso, j’en ai pas)
    (mais c’est vrai que c’est étonnant, comme un bandana s’entend sur sur disque)

  24. Second Flore, merci beaucoup pour cet article approfondi et intéressant, plutôt au-dessus de la moyenne par rapport à tout ce que j’ai pu lire récemment à propos de ce coffret (et j’en ai lu, et pas que sur ce coffret). Outre quelques erreurs (Bruce n’a JAMAIS été interdit de studio au moment du procès, Racing in the street ne contitue en rien les prémices de la veine storytelling de Bruce qui remonte bien avant, etc.), il y a des choses vraiment pertinentes et creusées. Certes, les points que je mentionne là pourront apparaître comme des détails à première vue, mais sont beaucoup plus importants qu’il n’y semble si on veut creuser le sujet (le procès, le storytelling…)
    Cela étant dit, je regrette vraiment que personne n’ait encore vraiment abordé les sujets de fond (voire qui fâchent) sur ce coffret.
    Néanmoins, merci d’avoir entr’ouvert la porte, Second Flore.

  25. Dans l’article figurant au lien que recommande Second Flore juste au-dessus (kmskma), figure de façon tout à fait juste l’adjectif « anachronique ». Un défaut qui va bien au-delà du simple sentiment que l’on peut avoir en écoutant de vieux outtakes (plus proche de la nostalgie que de l’anachronisme).

  26. Hugues B… Quel honneur.
    Tout ce qui n’est pas faux dans cette note vous doit beaucoup.

    (et dire que vous avez lu un texte qui parlait de « 12 titres » dans Nebraska… honte)
    Sur le procès, en effet, j’ai emprunté le raccourci commun – il m’aura fait sortir de la route.
    Sur le storytelling en revanche, permettez-moi de résister un peu. Les 1ers albums racontent plein d’histoires (For you, Incident, Wild Billy, Meeting & Jungleland – et j’en passe), mais aucune de cette ampleur me semble-t-il. Aucune qui ne prenne un personnage sur une si longue distance. aucune surtout qui ne soit construite aussi classiquement : le personnage, un événement déclencheur, un conflit intérieur, les suites de l’événement. Tout ce qu’on retrouvera dans The River (le titre), puis Nebraska (l’album). Mais cela reste à 51% subjectif…

    Quant au coffret The Promise… En vérité, je suis atterré. Tant par la plupart des titres proposés que par ce que j’en ai lu. Je n’ai pas creusé : pour ce faire, il aurait fallu l’écouter plus d’une fois, et rien ne semble le mériter. Reste l’angle « document ». A reprendre une fois que les trompettes se seront tues. En attendant, je préfère lire KMS.
    Et je serai plus que curieux d’avoir votre avis.

    Salutations

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