31 ans après « Spectrum », son premier album sous le nom de Sonic Boom, l’Anglais Peter Kember relance la machine à synthés modulaires pour sortir l’album « All Things Being Equals » qu’il voit comme une ode aux plantes. Relocalisé à Sintra au Portugal, Peter, entouré de nature et d’oiseaux qui chantent, était au calme pour nous raconter les coulisses de ce disque et revenir sur l’aventure chaotique de Spacemen 3.

Peter répond au téléphone. Il lâche un « bonjour », comme s’il était prêt à faire toute l’interview en Français. Mais non. Même si le bonhomme trouve plus de similarités entre les langages que de différences, c’est dans la langue de Shakespeare que Peter poursuit depuis Sintra, une ville côtière du Portugal où il s’est installé pour fuir la grisaille.

Bonjour Peter ! Tu parles français ?

Un tout petit peu oui. J’ai appris le français à l’école et c’est l’une des seules matières où je ne m’en sortais pas trop mal. Et puis en tournée, je dois communiquer avec les gens, même si on se moque souvent de mon accent.

Je ne vais pas te demander pourquoi tu reviens après 31 ans d’absence, mais si l’idée de refaire un disque de Sonic Boom a toujours été présente ?

Non, je n’y pensais pas. Quand je faisais des concerts en tant que Spectrum, on en faisait la promotion en parlant de Sonic Boom. La raison, c’est que selon les promoteurs, plus de personnes connaissent Sonic Boom, et donc qu’il y aurait plus de monde aux concerts. C’est intéressant, car si ces mecs décident de faire ça, c’est qu’il y a une réalité derrière.  Aussi, c’est le disque le plus solo que j’ai fait. Spectrum est lié aux collaborations, même si je ne fais pas vraiment de différence entre les deux projets. Mais là, j’avais l’envie de le réaliser moi-même. Surtout, je voulais revenir avec un disque très différent des anciens en y ajoutant tout ce que j’ai appris en collaborant avec d’autres artistes comme les Silver Apples ou Delia Derbyshire.

« Un accord, c’est bien, deux accords, c’est okay, mais trois accords, seulement les dimanches »

Justement, comment tu as réussi à garder l’essence même de Sonic Boom tout en expérimentant ?

Je suis souvent stimulé par les mêmes sonorités, mais j’ai toujours cherché des façons différentes de m’en rapprocher, que ce soit avec des guitares ou des synthés. Je cherche toujours à créer la même atmosphère. Plus j’écoute de musique, plus je pioche dedans pour m’en inspirer et incorporer ces nouveaux sons dans la mienne. La continuité dans ma musique vient de là. Et puis tu sais, je suis toujours le mec pour qui un accord, c’est bien, deux accords, c’est okay, mais trois accords, seulement les dimanches. Mon état d’esprit est d’arriver à créer avec presque rien, et comment tu arrives à faire évoluer ce son. Ça été mot d’ordre de Spacemen 3 : on n’était pas doués techniquement, mais on recherchait une atmosphère. Un ou deux accords peuvent suffire avec la bonne intensité.
Sur ce disque, je voulais célébrer les plantes et tout ce qu’elles font pour nous. Je crois que 40% des produits pharmaceutiques proviennent des plantes. Notre évolution est liée aux plantes, tout ce qu’on mange est basé sur les plantes, même si tu manges des insectes ou du bœuf. Je dirais aussi que les drogues psychédéliques sont importantes, notamment sur l’évolution de l’espèce humaine. J’ai lu un article sur quelqu’un qui a reçu un prix Nobel, et cette personne disait que prendre du LSD a été bien plus instructif que n’importe quels cours auxquels il a assisté à la fac. Il a sûrement eu son prix Nobel grâce au LSD.

Ça fait des années que tu parles des effets positifs des drogues. En préparant cette interview, je suis tombé sur cette interview radio dans les années 80 où tu en parlais déjà…

Ma femme m’a montré un graphique où tu vois combien d’argent est dépensé dans la santé : des milliards. La ligne qui grimpe le plus vite était celle qui concerne l’achat de drogues et de médicaments illégaux. Ce que l’on sait, c’est que les gens prennent de la drogue : c’est un fait. Et ça ne changera jamais. Les Américains, avec la dépénalisation, ont montré que cet argent peut aider les communautés. Je ne dis pas que c’est un système parfait, mais c’est un meilleur système. Mettre un jeune en prison pour possession de weed est bien plus psychédélique que n’importe quel drogue.

« Je pense que les gens ont de meilleures choses à faire que d’essayer de reformer Spacemen 3 »

T’écoutes beaucoup de nouveautés ?

Pas vraiment, même si j’aime bien Flying Lotus par exemple. J’écoute beaucoup de vieilles musiques. J’ai toujours écouté Kraftwerk depuis que je suis jeune. J’ai acheté le 45 tours de Neon Lights en vinyle lumineux quand j’avais 14 ans et c’est toujours mon disque préféré. Je me souviens aussi de Buddy Holly que j’ai adoré petit, et que j’écoute encore aujourd’hui.
Sur ce disque, je voulais avoir une sorte de « nostalgie futuriste », c’est-à-dire avoir des éléments que j’adore, tirés des années 50’s et 60’s, mais aussi un coté novateur avec des sonorités électroniques. Quand tu entends des musiques électroniques, tu ne t’imagines pas les instruments alors qu’avec des sons de piano, tu fais la connexion. Avec les musiques électroniques, tu dois t’imaginer comment ce son a été créé. Il y a un côté magique.

Sur le disque, il y a une chanson incroyable : I Can See Light Bend. C’est quoi son histoire ?

Au début, je voulais l’appeler Doctor Why (c’est une question que je pose souvent). Sur toute la chanson, j’utilise un synthétiseur modulaire couplé à des séquenceurs. Il n’y a pas d’autres claviers ou de basse. Je savais que le morceau avait une intensité particulière. Pour les voix, j’ai bien aimé ma première prise alors je l’ai gardée. Durant le mix, j’ai doublé les voix et ça m’a fait penser au Yardbirds et à Queen. Quand je la réécoute, je trouve que c’est le morceau le plus parfait de l’album. Mais personne ne l’a choisi pour qu’il devienne un single. C’est dommage.

En même temps, quand tu découvres l’album et que t’entends ce morceau, ça fait un super effet…

Quelqu’un m’a dit que je n’avais jamais fait une chanson comme celle-ci. Pour les autres, on peut retrouver des similitudes avec d’autres morceaux, mais là, elle sort un peu de nulle part.

Tu penses toujours que le but de la musique est d’affecter les esprits ?

La musique est une conversation avec les autres. Elle m’a aidé à rendre des mauvais jours meilleurs et des superbes journées incroyables. Avant Internet, tu étais un peu dans ta petite bulle et tu avais parfois cette impression d’être le seul à ressentir telle ou telle émotion. Tu écoutais des disques, et puis tu réalisais qu’en fait, tu n’étais pas seul. Je me souviens de la chanson Ain’t Got No, I Got Life de Nina Simone qui m’avait marquée par rapport à ça. La musique permet de te connecter avec les autres.

Il y a quelques archives de Spacemen 3 sur Internet, et plusieurs interviews où vous n’étiez pas très bavards.

Ah, tu parles de celle avec Alan McGee ?

Oui par exemple. Elle est géniale cette interview. Tu t’en souviens ?

Il nous a demandés pourquoi on jouait assis. Et je lui ai dit : « parce qu’on ne peut pas jouer debout ». En réalité, je savais très bien pourquoi on jouait assis, et je joue toujours sur une chaise d’ailleurs. Ce qui est important, c’est ce que tu mets dans la musique et non ta manière de te dandiner sur scène.

Vous avez eu des offres pour reformer Spacemen 3 ?

Il y avait soit disant eu une offre du festival All Tomorrows Parties vers 2013 quand My Bloody Valentine avait fait son retour. Mais je pense que les gens ont de meilleures choses à faire que d’essayer de reformer Spacemen 3. Je ne pense pas que ça arrivera d’ailleurs. Jason a dit plusieurs fois que ça serait comme revivre Waterloo. Faites attention aussi : j’ai vu le Velvet quand ils se sont reformés et je me suis barré à la moitié du concert.

En même temps, tu as dit que le groupe était dysfonctionnel. C’est sûrement pas une bonne idée de se reformer…

Haha. Je pense qu’on l’était moins que l’on imaginait. J’ai lu par la suite des livres sur 13th Floor Elevators, les Stooges ou MC5, et ces groupes étaient bien plus barrés que nous. Avec Spacemen 3, on s’engueulait souvent, mais une fois sur scène, tout s’arrangeait.

Peter, tu as aujourd’hui un statut de musicien culte. Comment tu le vis ?

[Il se marre] J’aime bien cette idée, mais tu deviens “culte” quand tu n’as pas de succès en fait.

Dernière question : on a fêté les 10 ans du « Congratulations » de MGMT que tu as produit…

Ils sont super créatifs, mais complètement fous. En studio, chacun pensait pouvoir mieux jouer les parties de l’autre, et franchement, difficile de dire qui avait raison ou tort. Mais je dois les remercier pour, à ce moment dans leur carrière, avoir fait le choix suicidaire de travailler avec moi.

L’album « All Things Being Equal » est sorti sur le label Carpark Records.

26 commentaires

  1. j’ai vu ses chaussettes séchées dans son bck_garden, il a des poules, un voision maçon, et deux trois fofolles en mini shirt perchées sur tongs compenssées, à part çà la vie a Cintra, pas mal _pas mal, mieux ka Cracovia.

    1. toute la put1 2 nuit des reprises molles & même pas “susurrées” sans la couille gauche de Louou le vrai sans même parler de l’1ntérêt du Velvet, ou de quoi, john Cale ? des chansons ? rions 1 peu. ah , mais il y avait les enculés des inrocks pour ça, n’est-ce pas ? l’autre con là miossec & compagnie, beauvallet, tous ces trous du cul & le nme bien sûr, put1 sûr que c une période 2 ploucs que je regrette pas, ça non

      1. je discerne la mytho dans mon message, je comprends, pourtant c vrai, à ce moment très précis les loyers n’étaient pas chers et les murs (et le chauffage !) pourris,, petit matos aussi, boite à rythme karkog 4 boutons de base après tu es libre de ne pas me croire.1 jour on a fait “pala blue eyes ” en même temps 2chaque morceau du mur; de + lent en + lent, interminable! en retour le lendem1 mat1 on les a réveillés avec 1 morceau 2 merde “insane ! pas 2malaise, juré !

  2. Sonic boom et consort c’est de la bonne dope ultra chiants et pédant pour cette enflure de libanais qui retourne toujours sa veste du bon côté de Joseph ghosn

    1. le message de Persévérance du 6 6 JUILLET 2020 À 16 H 52 MIN est encore UN PASTICHE DE CE SUCEUR DE ROUE qui ce fait passer pour moi. JE T’AI DEJA INVITER TROIS FOIS A ME RETROUVER POUR QUE TU GOUTES MES FALANGES LA SEMAINE DERNIERE ET TU N’AS JAMAIS REPONDU espece de fils de pute. Alexandre Perseverance ne se rabaisserai jamais à tenir des propos racistes je site : “cette enflure de libanais”. J’irai faire une main-courante à la gendarmerie demain s’en ai trop

      1. le commentaire 6 JUILLET 2020 À 19 H 12 MIN encore un imposteur QUI SE FAIT PASSE POUR MOI , au passage aucun racisme de ma part j’adore les libanais ,et en tant que fils et petit fils d’immigré italien je respecte toute les origines sociales et nationales de chacun ,

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