Demander à un artiste de se définir en 8 morceaux et de tapoter dans la foulée une représentation de soi sur un clavier à touches sans vie est un exercice de style pour le moins d

Demander à un artiste de se définir en 8 morceaux et de tapoter dans la foulée une représentation de soi sur un clavier à touches sans vie est un exercice de style pour le moins difficile. Pour ne pas dire une mission impossibleAujourd’hui Dondolo, un artiste un brin original (ou châtain très clair), décalé comme un pas de deux et pour la petite histoire géographique exilé du côté de Marseille (cité phocéenne, France). No future, Punk’n’Roll (mais pas que) et mélodies qui font bouger les cheveux au programme de ce nouveau Self-portrait. Dondolo prévoit la sortie d’Une vie de plaisir dans un monde nouveau pour la prochaine décennie. Sublime chef d’oeuvre.

“Je suis dans mon lit, il pleut, il n’a pas plu depuis des mois, j’adore la pluie, je suis content qu’il pleuve, j’aime ça quand je suis dans mon lit, mais là il pleut bizarrement, c’est assez pénible, le bruit n’est pas beau, en fait le son de la pluie est couvert par celui d’une gouttière, dehors, juste sous la fenêtre de ma chambre. J’essaye de dissocier les deux, le vrai son de la pluie, des gouttes sur le toit et le bruit pénible de cette gouttière qui dégueule. Quelque chose à encore gâché mon plaisir. Je ne demande pas grand-chose pourtant ! Je ne demande jamais grand-chose d’ailleurs… Je veux tout, simplement, sans scories, sans éléments perturbateurs, sans pollution.

Je ne suis pas chiant moi, bien moins que d’autres, je le sais. Toujours une blague d’avance, une imitation farfelue dans ma besace, léger comme une plume (j’ai mon soleil en balance) et bon vivant avec ça ! (milieu du ciel en sagittaire). J’ai  des mots gentils et rassurants pour ceux qui souffrent et je ne me plains jamais, il faut dire que je suis pudique et un brin mystérieux (je suis ascendant poisson). Je peux être aussi cinglant et légèrement manipulateur (j’ai mercure en scorpion) mais ça c’est quand je suis au mieux de ma forme (durant le soltice d’automne).

Non moi en fin de compte je suis un idéaliste. Pas un idéaliste qui souhaite l’arrêt de la faim dans le monde, le genre de type qui voudrait qu’on soit tous frères ou cousin germain. Je suis un idéaliste du quotidien, un idéaliste gonze « proximité », quelque chose dans ce genre là. Quand il pleut le son de la pluie devrait toujours procurer du bien être, quand je mange un pot au feu la mayonnaise devrait toujours être faite maison, avant l’orage, les arbres devraient toujours s’arrêter de chanter, la lumière toujours tirer vers le gris jaune. Une paire de chaussettes neuves chaque matin que dieu fait.

Je sais depuis que je suis tout petit comment doit être ma vie, pour les autres je ne sais pas (et je m’en fous).

Si je dis ça c’est que j’ai une très bonne mémoire (je suis éléphant des bois en astrologie chinoise).




LA PLAYLIST DE DONDOLO

ERIK SATIE: Pièces froides

Je pense avoir déjà vécu à cette époque, l’époque de Satie, sinon je ne vois pas comment je pourrais autant vibrer à l’écoute de sa musique, j’entrevois les nuages, le temps suspendu, le silence d’un après midi d’automne. Mon coté contemplatif et fragile.




GORKY’S ZYGOTIC MYNCI : Methu Aros Tan Haf

J’ai 16 ans je m’apprête partir en week end dans la maison de campagne d’une copine, tous les copains sont là, on va boire, courir dans les champs et cueillir des champignons. 15 ans après j’aime toujours autant ça, la campagne, les sous bois, les amis, boire et cueillir des champignons. Mon coté rurale, j’aime le spectacle des saisons, les lumières naturelles, les paysages de campagnes.




JACQUES DUTRONC: Le roi de la fête

Pas sa meilleure chanson (faut dire qu’il a quand même chanté beaucoup de conneries …). J’aime la « fête », l’excitation de la fête, la fête un minimum préparée, un chouia décadente mais surtout pas branchée, dans des endroits de caractère (exit les night clubs …). Je ne rechigne jamais à me déguiser et à faire des queuleuleues si il le faut. Cette chanson retranscrit parfaitement mon idéal de fête, un côté année 20 chic mais surtout paillard et grotesque en même temps (ils ont bien du rire en l’enregistrant aussi…).




THE FALL : Steppin’ out

Je suis d’un naturel plutôt calme (du moins j’étais, parce qu’en vieillissant j’aurais plutôt tendance à être de plus en plus énervé…). Mais là par exemple c’est typiquement le morceau qui me donne envie de déclencher une bonne bagarre, casser des trucs, cracher à la gueule des gens. Y’a beaucoup de morceaux de the Fall qui réveille en moi ce coté hooligan de province.




THE POGUES : Waxie’s dargle

Premier groupe de «punk rock » que j’ai écouté, j’avais toute leurs cassettes, j’aime tout les albums des Pogues sans exception et ça me rappelle le garçon que j’étais, arpentant les rues de Roanne, walkman vissé sur les oreilles et rêvant d’une aventure avec cette jolie blonde du lycée. Là j’ai pioché au hasard, c’est Waxie’s dargle, pas très romantique comme morceau des Pogues, on est plutôt dans un registre punk braillé. Tant pis pour la blonde, de toute façon elle ne voulait pas de moi.




YVES SIMON : Ma jeunesse s’enfuit

J’aime bien Yves Simon, sans en faire des folies non plus. Bon. Tout est dans le titre… Je suis très attaché à ma jeunesse et à mon adolescence, du reste je n’ai pas beaucoup changé, ce qui peut être problématique vis-à-vis de son entourage d’ailleurs, mais enfin quoi qu’il arrive on  ne peut pas arrêter le cours des choses. Ca me rend assez triste.




EVARISTE : Les pommes de lunes

Sorte de jerk, psyché et cosmique par un agrégé en mathématique (d’où son nom) qui a sorti quelques 45t dans les années 60, juste pour rigoler. Là encore ce n’est pas celle que je préfère mais mes filles l’adore, alors évidemment ça me fait penser à elles. Mes filles c’est moi, moi je suis elles, c’est ce que j’ai réussi de mieux pour l’instant.




THE WAKE : Pale spectre

Pour finir sur une note optimiste et pleine de lumière, pale spectre de The Wake, mon idéal de pop song. Parfait de bout en bout. Le texte de cette chanson n’est pas des plus rigolos pourtant. Quand les choses ne vont pas très bien pour moi je l’écoute très fort, il m’aide à avancer. Une béquille, comme souvent la musique peut l’être pour moi. Je conduis vite, j’ai le soleil dans les yeux, j’avance coûte que coûte, je ne veux plus m’arrêter, je suis heureux, 4minutes59, tout est encore possible.




27 commentaires

  1. Pour la partie THE FALL je te crois pas mais alors pas du tout!!! Au fait t’as toujours ton opinel? Parce que j’en ai retrouvé 1 à la maison…

  2. D’habitude, je me méfie des références un peu pointues (ça me renvoie à mon inculture) et du rock copié collé, mais Dondolo parle si bien de la musique des autres que ça déteint sur la sienne. Du coup, Bingo je suis fan de Dondolo.

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