Demander à un artiste de se définir en 8 morceaux et de tapoter dans la foulée une représentation de soi sur un clavier à touches sans vie est un exercice de style pour le moins diff

Demander à un artiste de se définir en 8 morceaux et de tapoter dans la foulée une représentation de soi sur un clavier à touches sans vie est un exercice de style pour le moins difficile. Pour ne pas dire une mission impossible. Aujourd’hui Arch Woodmann, jeune songwriter Parisien, originaire de Morlaix (France métropolitaine). Une guitare folk sous l’aisselle droite, une paire de lunettes Afflelou incroyable qu’il porte fièrement sur le nez (au prix de 3 paires pour le prix de mon oeil) et une chemise à carreaux avec des carreaux de partout sont au programme de ce nouveau SELF PORTRAIT. Autoportrait en mode auto interview par Arch Woodmann.

« Antoine Pasqualini alias Arch Woodmann est un personnage mystérieux ne dévoilant les aspects de sa personnalité tortueuse qu’au prix d’efforts dépassant l’entendement. Le visage buriné par la souffrance et une réflexion métaphysique remontant au fond des âges, cette même réflexion qui lui a permis de façonner son oeuvre. Il nous a accueilli dans sa sombre demeure perdue au milieu d’une campagne hostile où il mène depuis quelques années une vie d’ascète et poursuit sa retraite expiatoire. Il répond exceptionnellement à nos questions mais juste pour vous. Vous, lecteurs avides de percer le secret de ce compositeur incompris.

Y paraît que vous êtes pas vraiment causant comme garçon, hein ?

Hein ? Nan, pas vraiment !

Tu permets que je te tutoies ?

Bof !

Tu te donnes souvent ces grands airs d’écrivain maudit genre « je suis sur une oeuvre colossale » ou c’est pour de vrai que t’es comme ça ?

Ca dépend. Si je peux le faire devant un journaliste, j’y vais à fond. Mais la seule oeuvre colossale sur laquelle je suis c’est ce portrait que je rame grave à faire.

T’as un truc à raconter à nos lecteurs à propos de tes début, un truc qui claque ?

Bof !

Des souvenirs de jeunesse ? des groupes de reprise ? des amours déçues, des traumatismes qui t’ont amené à faire de la musique ?…t’étais pas bon en foot, pas fortiche avec les filles, pas super canon, alors t’aurais sublimé ça avec la musique, ta surpuissance créatrice et ta super sensibilité qui t’auraient permis de peindre de magnifiques toiles musicales expressionnistes, persuadé que tu allais les garder rien que pour toi et l’amour de l’art (bien sûr) jusqu’à un âge avancé, secrètement en mal de reconnaissance…

C’est cliché… et c’est pas vraiment ça en plus

On jurerait que tu t’es jamais auto interviewé ?, pourtant c’est légion !

C’est pas faute d’avoir essayé. Dans ma baignoire, devant mon miroir, j’avais une fausse station de radio dans ma chambre, ça me permettait de raconter des trucs super passionnants à des auditeurs fictifs (dément !)

… ?

Vaut mieux acheter mon disque que m’entendre parler ouais…

Mais encore ?

Et encore…

Et c’est quoi ce style « question absurde / réponse absurde » que t’utilises pour cette rencontre qui n’a jamais eu lieu ?

Oh ça c’est un rapt littéraire, Edgar Hilsenrath qu’il s’appelle. Non pas que je lise des masses de livres mais ça donne de la contenance parfois… de la conversation non?

Ouais mais c’est super pompeux de parler d’un écrivain quand on sait que t’étais fan des Red Hot Chili Peppers étant ado, tu crois pas ?

Je suis sûr que les Red Hot Chili Peppers sont fans de littérature et il faut arrêter de parler d’eux comme si c’était la honte…

Un peu quand même ?

Mouais…

D’autres passions en dehors des Red Hot Chili Peppers et Edgar Hilsenrath ?

Non, je me suis arrêté là…

(L’auteur, saisi à la gorge par un manque flagrant d’imagination et la crainte d’ennuyer son lecteur a préféré interrompre ce dialogue sans queue ni tête pour travailler sur sa playlist, une tâche qui de toute évidence réclame une moindre réflexion)




La playlist de Arch Woodmann

Fugazi – Returning the Screw

Returning the scrouuuuuuwouha. Mon groupe préféré même si je l’ai écouté plus que de raison. Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In!

Do make Say Think – Auberge Le Mouton Noir

Je l’ai mise mais elle commence vraiment à me saouler, trop de soirée à faire de la air music là-dessus. C’est la grosse claque de ma vie entière en matière de concert avec Moe Dalton à la fête de la musique de Morlaix en 1997.

Young Widows – The Guitar

Je viens de recevoir leur T-shirt et il est trop moulant.

Pterodactyl – Polio

Je connaissais un mec qui était obsédé par une vidéo de deux mecs à tête de ptérodactyle qui faisaient des trucs pornographiques avec une dame et maintenant quand j’écoute ce groupe j’ai du mal à ne pas y penser…

Antelope – Reflector

Pas un gramme d’effet, de saturation, ou quoi que ce soit en plus. La guitare, la basse, la batterie s’entremêlent en une espèce de post-punk minimaliste. Je n’aimais pas du tout avant de découvrir un single qu’ils avaient sorti et de comprendre là où ils voulaient en venir.




The Notwist – Gloomy Planets

Ma « découverte de l’année », du moins cette chanson. Je les ai vus en concert l’année dernière et je me suis rappeler de ce morceau précisément ; ce qui m’arrive très rarement.

Deerhoof – Come See The Duck

Le groupe que j’ai le plus vu sur scène cette année. Le batteur est un illuminé et un des meilleurs que j’ai entendu jusqu’alors. Ca n’est pas ce que je préfère musicalement mais j’aime quand ils jouent HEAVY, comme sur ce morceau.

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