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6 août 2020

Selbor, fils caché de Martin Gore

En 1989, Martin Gore s’échappait du vortex Depeche Mode pour voler en solo sur le fugace « Counterfeit », mini-disque essentiel où il reprenait avec grâce et noirceur le Compulsion de Joe Crow et Never Turn Your Back on Mother Earth des Sparks, jusqu’à les faire sienne. Vingt ans plus tard, on a des nouvelles de lui : il s’est laissé pousser la barbe et parle espagnol. Grosse holà pour Selbor.

Dès les premières mesures, c’est un frisson. Le même qu’en découvrant, dans un autre genre, L’éternel retour de Dodi El Sherbini. C’est un sentiment inexplicable, un mélange d’air familier et de plongée dans l’inconnu, et cela se prolonge tout le temps que dure Smile to the camera, premier « single » de Selbor, mystérieux barbu venu d’Andalousie et expatrié à Londres depuis 15 ans. Il n’est évidemment pas question d’ode au selfie; on pense davantage à une longue perdition dans les clubs anglais périphériques, quand tous les jolis corps ont trouvé preneur et que ne restent que les yeux pour pleurer.

Ce premier titre-préambule inaugure l’EP du même nom qui sort pile dans cet été plombé, et devrait constituer une bouée de sauvetage pour pas mal de coeurs abimés. Les productions électroniques ne sont jamais balourdes ni clinquantes, et Selbor tire également la couette de Woodkid et The Blaze, mais avec la bonne mesure et sans jamais rien perdre de cette singularité qui en fait l’un des plus beaux secrets d’initiés du moment.

Maintenant qu’on sait que Martin Gore ressemble au troisième frère Bogdanoff  et que les chances qu’il ne publie un nouveau « Counterfeit » sont aussi minces qu’une tranche de salami, Selbor s’affirme comme l’un des beaux successeurs, loin des modes.

Plus d’infos sur Selbor ici.

10 Comments Laisser un commentaire

  1. Profession Rock critic j’te suce la B…
    Michka Assayas cette purge! A regretter Lenoir, j’aurai pas cru
    On t’entend plus beaucoup sur ces sujets depuis quelques temps Bester
    C’est depuis que tu as perdu ta Langs?

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