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14 mars 2015

SAN CAROL
‘’Humain Trop Humain’’ en écoute

Comme les premiers relevés de vente semblent attester que l’économie de la musique numérique [1] est une vaste supercherie où tout se compte en dixièmes de centime, l’idée d’un label dédié aux artistes français ne rentrant dans aucune case ne tient que sur la profession de foi. Comme dans toute entreprise culturelle vouée par définition à l’échec, d’un point de vue statistiques, tout est question de croyance. Les premières démos de l’angevin San Carol, découvertes à l’automne dernier, nous ont fait sauter au plafond. Non seulement « Humain Trop Humain » ne ressemblait à rien de ce qui se fait actuellement dans le paysage radiophonique, mais plusieurs des morceaux sonnaient comme de véritables tubes capables de passer à la radio. Et l’on ne te parle pas de stations intra-muros tenues par des étudiants au look de nerds, non non, de vraies radios tenues par des gens avec de vrais salaires, avec des oreilles assez grandes pour comprendre le grand écart stylistique proposé par San Carol [2], et avec des couilles assez grosses pour oser diffuser ça à la place des pitreries de Pascal Clark ou Nagui.

Bon. Ce programmateur radio fantasmé, à l’heure où s’écrivent ces lignes, n’existe pas. Reste que « Humain Trop Humain » est à la hauteur des ambitions de son auteur et a été conçu comme « un combat contre la normalité de l’âge adulte et un ode au dépassement de soi ». En clair : un disque de sueur 100 % Rocky Balboa avec des sonorités krautrock stadium qui réconcilieront en 9 chansons la métronomie du rock allemand et le chant décomplexé du rock mainstream. « Quand y’a un doute, y’a pas de doute » dixit Robert de Niro dans un très mauvais film [3] A 0,88 € la chanson sur Bandcamp, n’hésitez plus.

https://gonzai.bandcamp.com/album/humain-trop-humain
Vinyle dispo ici

En concert le 18 mars au New Morning avec Turzi : plus d’infos

image

[1] Lire ou relire à ce propos l’article consacré au MP3 dans le n°9 de Gonzaï magazine.

[2] Par ailleurs chroniqueur ici-même sous son vrai nom Maxime Dobosz.

[3] Ronin, avec Jean Reno (1998)

3 Comments Laisser un commentaire

  1. Le précédent, plus électro pop/rock, avait une petite touche barrée à la Dan Deacon. Celui ci est nettement plus post punk (comment ne pas penser à Magazine ou aux premiers Simple Minds?) et si le grain de folie a (un peu) disparu, c’est pour plus d’efficacité dans les mélodies et la construction des morceaux. En fait, je pense énormément à l’album de KG de l’an dernier et c’est plutôt bon signe puisqu’il était dans mon top 10 2014! Je crois que mon compte paypal va encore chauffer…

  2. On peut très facilement ne pas penser à Magazine en les écoutant tant ça n’a pas grand chose à voir (à mon humble avis) 🙂
    Par contre, tout comme Magazine, c’est vraiment très bon…

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