Au moment de revisiter sa carrière à la décolleuse à papier peint, il se pourrait bien qu’on découvre chez Rubin Steiner assez de couches différentes pour plus trop savoir de quelle couleur était le mur porteur. Loin des solutions toutes faites, en évacuant l’idée même d’une cohérence artistique qui a tué plus d’un artiste éphémère, il livre aujourd’hui avec « Say hello to the dawn of paradox » un album où le titre à rallonge est porté par un invariable sens du rythme.

C’est devenu monnaie courante de cracher sur le gros James Murphy – la preuve. La faute, peut-être, à un adieu raté et à un come-back qui le fut tout autant, et donnant l’impression de revivre en moins bien un film qu’on avait pourtant adoré. Voilà un procès qu’on aurait du mal à faire à Rubin Steiner. Voilà un peu plus de dix ans, on s’extasiait sur « Weird hits, two covers & a love song », un album de Steiner très orienté LCD Soundystem. Mais contrairement à l’autre, creusant encore et encore le même sillon du vinyle, le Français s’est peu à peu détaché de cet électro-rock (l’horreur de ce terme, quand on y pense) pour s’engager sur une voix tantôt plus expérimentale, tantôt machinique en oubliant pour de bon, tout au long des années 2010, l’espoir du succès national, voire plus. Ce sera sa porte de sortie ; ce qu’on appellera sa carte pour lui éviter la prison, tant sous son nom qu’avec le projet Drame, clairement plus kraut que ses essais solos.

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C’est ainsi qu’on se retrouve en bout de course dans ces folles années 2010 avec un album jugé plus facile et accessible que les précédents, sans que ce soit une insulte. L’ensemble semble avoir été confectionné dans du papier crépon ; c’est un disque du soir, un album de fête électronique où la voix féminine semble être celle de Siri, mais sans jamais que l’ensemble ne perde son humanité. Girls, tube féministe déclamant le nom de musiciennes célèbres et respectées pour la plupart (Annie Lennox est quand même cité, mais on restera poli là dessus), permet notamment à l’ami Rubin de s’improviser Bootsy Collins tourangeau sur sa basse.

La suite, c’est aussi Computer heartbeat rappelle l’un des meilleurs albums de Joakim (« Milky Ways », 2009). Et le titre d’ouverture, Paradox, ressemble très fortement à un tutoriel de danse à l’ère de l’intelligence artificielle et de la recommandation algorithmique. Les titres proposés par la machine Spotify, une fois le disque fini, sont Flavien Berger, Chassol ou encore Chapelier Fou. Il y a pires voisins.

« Say hello to the dawn of paradox » n’est pourtant pas le meilleur disque de Rubin Steiner ; ce qui finalement est un excellente nouvelle : si Rubin Steiner reste à la marge, c’est à celle de la progression.

Rubin Steiner // Say hello to the dawn of paradox // Platinum Records

En concert à la Maroquinerie le 22 novembre (Gonzaï Night) avec Dombrance, Ambeyance et Météo Mirage.

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14 commentaires

  1. NE repond pas crouillard! ni sur u toube! ni Fb, ni MP, ni my sspirou, ni whatchATTE, ni ici, ni ailleurs, ni jamais je vous hais les VIEUXjeunes!ni pataagramme,

    1. Quelle acuité, mdna.
      “Il passe pas à côté de son sujet” : c’est du Delahousse ?
      “La production et les idées”, et les chansons ?

      NB : Si vous ne savez pas quoi faire en ce moment, Arthur… des Kinks a été réédité.

      Il faut en finir avec ces merdes pondues par tous les R Steiner de F et de Ludovic Navarre.

      1. Merci pour votre intervention Mr D ! Vous connaissez bien votre sujet, c’était effectivement du Laurent Delahouse (un seul S)… En tous cas vous maîtrisez le français, et “Arthur” est un super disque. Encore bravo.

  2. Subventionné ou pas
    J’en veux pas de cette musique en tranches
    Ni du Luc Besson de la Neodisco à la mort moi le kick.
    Qui c’est qui nous parlait du mou ya pas si longtemps?
    Ben là on du gentil, du qui repose, du qui connaît ses limites et qui n’ira pas plus loin, bref on se fait un peu chier

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