La route est longue et aucunement sinueuse. Une grande ligne droite sans fin sous un soleil de plomb. Les cailloux craquent et roulent sous ses chaussures. Un homme seul sur la route, armé d'un baluchon poussiéreux et d'un chapeau difforme, c'est ainsi qu'on l'imagine, Delaney Davidson.

Et d’ailleurs, il a de nouveau quitté son domicile néo-zélandais pour arpenter les salles et les bars européens, avec pour seul port d’attache la solitude qui berce les mélodies dans sa tête. Multi-instrumentiste mystérieux, Delaney étale encore avec grâce son intimité sur une galette intitulée Bad Luck Man, composée de perles et de ballades écorchées ravivant les fantômes des meilleures vagues musicales de la première moitié du XIXe siècle.

Plutôt que des gémissements plaintifs et agaçants made in musique blanche moderne indie, Delaney propose des histoires, des story blues et folk venues d’un autre temps, qui traversent le paysage obscur de l’esprit solitaire. Pas si seul au final, puisque le Reverend Beat-Man, auto-proclamé seigneur du label Voodoo Rythm, persiste et insiste sur la qualité de cette nouvelle production. En recevant le disque promo, on peut lire : “Delaney Davidson fait un travail incroyable, et rares sont les artistes qui fournissent un résultat aussi précieux. Aidez-nous à faire parler de lui.” Le personnage et sa musique respirent en effet une fragilité et une créativité dont on a envie de prendre soin, du genre qu’on voudrait mettre sous cloche au bord de la cheminée et n’y plus toucher, laisser agir l’intemporalité de ces chansons qui nous suivront comme des démons. Il suffit de quelques écoutes pour croire en effet à une sorte de malédiction divine qui entourerait ce type qui n’a pas de chance. Réalité ou fiction, on ne le sera jamais ; mais la musique, elle, ferait tomber la pluie en été. Alors pour ne pas trop vous saper le moral, on habille le tout de chroniques acides et agitées dans l’émission. Des chansons groove, des chansons sales, des chansons rapides. Mais rien ne nous enlèvera de la tête que la place centrale de l’émission 666/2 est dédiée à ce conteur moderne du spleen des cœurs brisés.

Rock à la casbah#20-écoutez ici

Emission 333- dark night by rockalacasbah

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