Rich habite une ville de l’Est qui a le bon goût de porter le nom de la fille de Sinatra, dans la région qui s’appelle comme la femme de Bogart. Noms de légende évoquant tout de suite les bars de nuit ou les alcools sont forts, les lumières basses, les cœurs brisés. Il sort son nouvel album le 26 septembre : “Glam Shots”, cinq ans après “Orchids.

Rich n’a pas de super pouvoir mais des lunettes à vision nocturne qui lui permettent de voir à travers les âmes. Sur le dernier titre de son nouvel album, il explique : I can almost feel a story in every house – the baby next door, the 90-year old man the next house down and then suddenly… a cat fizzes across the street like a shooting star across the sky.

Londonien en exil au pays du spleen, il n’a pas à se forcer pour faire un pas de côté. Ces expériences, réelles et inventées, sont ensuite sculptées en accords fonceurs et textes étudiés. Tout se passe comme si, après avoir passé des semaines à équilibrer les paroles, et peaufiner les punchlines, il lâchait les chevaux en enregistrant live.

Rich : “A un moment j’avais eu l’idée de faire un album sur des histoires concentrées autour des trains de Londres. Après il y a eu le Brexit qui est une catastrophe et j’ai trouvé d’autres choses à dire. D’un coup ça a aussi balayé toute la nostalgie qui était présent sur l’album précédent, ‘Orchids’. Il y a aussi des vraies chansons d’amour, ce qui n’était pas vraiment le cas sur ‘Orchids’ où il y avait un certain détachement ou des personnages imaginaires. Les 6 premières chansons ont été enregistrées live avec les cuivres et voix enregistrées après. Les autres sont produites par Dr Geo ou Eddy La Gooyatsh. L’idée “format” de départ était des chansons courtes et, j’espérais, catchy, alignées comme des “shots” sur un bar.   Comme « My Heart Went Boom » par exemple, qui raconte une soirée mouvementée et la rencontre d’une femme haute en couleurs.  Dans « In A Minor Heartbreak », pour la première fois il y a des violons sur une de mes chansons, brillamment arrangés par Manuel Etienne. Pour « En Amande » , Les chœurs gospel d’Arnaud Poinin et Laetitia étaient un vrai kif à faire. Tom Rocton (Married Monk, Manuel Etienne, ONL…) m’a fait le cadeau d’un solo trombone avec des accents (je trouve) du Concierto de Aranjuez (toutes proportions gardées hein)”

“Glam Shots”, c’est un album avec de la musique qui brille, des histoires qui captivent, des textes qui claquent.  La musique, c’est ce que j’avais appelé à la sortie du précédent album de la London Gothic Soul, avec ça et là le sourire bienveillant d’une figure du passé :

Rich : “Le texte de The Station Master’s Lament a été écrit d’un trait dans un train de banlieue tout près de Muswell Hill, chez Ray Davies. Je ne crois pas vraiment aux fantômes mais je me suis presque posé la question d’une influence de Ray car l’histoire pourrait ressembler (avec toute modestie) à ses personnages de la vie ordinaire. Ici c’est un chef de gare de banlieue paumé qui regrette le temps qui passe et de ne pas avoir eu une meilleure carrière tout en se demandant si “Is England fucked ?” Un plaisir à brailler live”.

Les histoires forment un calendrier de l’avent extrêmement varié, comme si Maupassant et Poe écrivaient des nouvelles à quatre mains.   

Rich : “Italian Darknessest une chanson très tendre qui raconte une sombre histoire de secret familial dont la fille d’origine Italienne découvre la vérité quand elle est adulte. Un membre éloigné de la famille lui envoie une lettre de photos mais c’est un peu tard – “Something went so wrong all that way back. A box of photos now won’t act as a payback. You missed out on her, it’s too late for the truth. She’s grown up pretty great without you.” « London Trains », c’est une série d’images d’expériences sur les trains de banlieue qui ne fonctionnent vraiment pas bien du tout, les “disco trains” de minuit passé plein de gens qui n’ont pas bu que du Perrier et un certain aller-retour entre une histoire d’amour qui ne marche pas et les trains qui ne marchent pas mieux. “They never explain and you never complain, that’s the London trains”. “Those Eyes » est une chanson d’amour avec des souvenirs d’après-midis ensoleillés. J’ai envoyé ma composition à Dr Geo qui a renvoyé une piste instrumentale. Le chant a été fait hyper vite avec Laétitia Vançon de Toxic Kiss. La ligne “Anxiety makes you organized” ferait un bon t-shirt je trouve et a failli être le titre de l’album. Un petit clin d’œil aussi aux européens qui disent ressentir qu’ils ne sont plus trop les bienvenus en Angleterre post-Brexit – “Those eyes aren’t even from here and some days they feel like they’re the only thing keeping this silly little island from exploding… with a BANG…”

Les textes, c’est une succession de proverbes inventés, des classiques instantanés, comme dans Charm Schoolpar exemple :

Rich : “Certaines personnes ont tellement de charme qu’elles peuvent te faire faire tout ce qu’elles veulent. Elles le savent et peuvent en abuser. Du moment qu’on le sait, ce n’est pas très grave mais en comparaison ‘le chanteur” remarque qu’il n’en a malheureusement pas – “Charm is a colour I was painted without. Blurting things out and sarcasm don’t really count”

Un texte traduit c’est un clair de lune empaillé, disait Cocteau, alors restons en VO pour voir briller les pépites :

Some days I’ve got a spectacular talent for not making you smile
I heard every stupid single syllable I said echo twice
You’re never entirely free from the danger of the right smile at the wrong moment

Et ma préférée:

Our love is like a London train
Hours spent waiting in the rain

Rich Deluxe // Glam Shots // Bang Bang Records
https://richdeluxe.bandcamp.com/album/glam-shots

Release Party le 26/09/19 à l’Autre Canal Nancy, à 20h30

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