Tous, un jour, nous avons fait preuve de prosélytisme envers un tiers, jugeant bon d’infliger à l’heureux élu nos goûts divers et variés en matière de musique, parce qu’il serait dommage que tel chef d’œuvre – aussi futile soit-il – pourrisse au fin fond des poubelles de l’histoire, et que garder pour soi ce que l’on considère comme précieux n’a aucun intérêt, sinon de devenir l’homme le plus riche du cimetière…

Il faut passer le relais, faire sortir de l’ombre les trésors cachés, qui plus est quand la victime n’y entend rien. Parfois, rarement, on touche un point sensible, c’est l’épiphanie ; mais la majeure partie du temps, on se prend au pire un vent, au mieux un rictus gêné. C’est un jeu de piste toujours amusant, qui peut donner des résultats inattendus. Exemple : n’importe qui ne connaissant du rock que sa version alambiquée, progressive et pseudo symphonique, aura du mal, par principe, à se délecter de la scène punk new-yorkaise 70’s. Un pont de singe existe pourtant : Talking Heads avec, justement, son album le moins représentatif de ladite scène, Remain In Light produit par Eno, avec Adrian Below de King Crimson, pyromane de la six-cordes (même résultat avec “ Heroes ” de Bowie). On en a vu certains qui, ayant passé l’âge d’être enthousiastes, ont snobé la britpop du mitant des 90’s parce qu’ils ne se reconnaissaient tout simplement pas dans cette jeunesse pétant le feu. La connexion est simple : il suffira d’échanger Beyond Belief d’Elvis Costello contre n’importe quel album de Pulp de l’époque et hop ! Déclic !

Convertir les réticents à ce que l’on aime et chérit, quel beau métier ! C’est justement le thème de cette quinzaine sur Radio Gonzaï : la conversion.

RADIO GONZAÏ #17 ::: Conversion by Gonzai

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12 commentaires

  1. Belle mémoire, cher Syd, sur cet arnaque de “Paris 1919”. Depuis, j’ai découvert le “Wrong Way Up” de Cale avec Eno. Pochette hideuse, son daté, mais de bonnes chansons (Cordoba!) qui m’ont fait changé d’avis. Enfin bon… ça reste majoritairement chiant, Cale, surtout en concert.

    Ah et sinon beaucoup d’appels au standard pour râler contre la présence des Pixies dans cette émission. On pensait tous en avoir fini avec ce groupe de semis-chauves (fonctionne également pour Kim Deal) et cet horrible morceau vient nous rappeler à quel point ce groupe est une abomination… merci les gars.

  2. désolé les mecs dieu sait que je suis corporate putassié mais si vous avez arrêté la drogue faut tout de suite vous y remettre… J’aimerai les noms des personnes ( hormis votre tata et vos petites amies respectives) qui ont réussi à aller jusqu’au bout. Je me sens trahi, voilà le mot est lancé. Plus que conversion cette émission aurait du s’intituler Mes hontes, mes déviances, mes amours.

  3. Y avait quand même des bons trucs, mince Cheap Trick foutral de foutre ! Et puis John Cale, Costello ou le groupe produit par Albini (désolé j’ai oublié le nom)…On en est pas encore à rehabiliter Barbelivien ou Franky Vincent, et quand bien même ça serait le cas, je trouve ça toujours bien de confronter les certitudes des uns et des autres.
    Celà etant dit, le Guy Béart, fouchtra !

  4. Aaahhh, vous me faites plaisir les gars ! vraiment ! c’est bon de vous retrouver de mauvaise humeur.
    En même temps, il ne faut pas se détourner des vrais problèmes : sur Gonzai, j’ai lu un article consacré à Poulet aux prunes !! L’heure est grave et vous ne dîtes rien.
    Bon, dans la deuxième partie, il n’y aura pas elton John et Véronique Samson. Mais ce sera pire !

  5. Bah, suis un peu comme Serlach alors que je devrais faire l’effort, shit ! On dirait un sketch des Inconnus là … Pas les groupes hein, le ton. Finalement c’est drôle, je n’écouterai pas la suivante.

  6. Dingue comme ce qui devait être une conversion a finalement produit l’effet inverse. Faut-il pour autant bruler les bandes? Certes non mes amis, soyons raisonnables… (écoutez Le Mouv, juste 5 minutes)

  7. Trahi, Serlach ? Par une simple émission de radio ??? Ben il t’en faut peu, dis donc. Qu’est-ce que ce serait en temps de guerre ?

  8. Chinaski : c’est normal rassurez-vous nous travaillons avec un sorcier-envouteur de métro Barbès. C’est une sorte de partenariat occulte. Merci pour le commentaire.
    Serlach : je suis d’accord, c’est un principe de base : qui aime bien châtie, bien. C’est la règle.
    Cher Baron rouge : merci de citer Silkworm (le groupe produit par Albini). je vais essayer de glisser d’autres morceaux de ces gars dans les émissions à venir. Grand, grand groupe.

  9. Merci! J’ai bien ri!
    Et bravo à vous car il faut bien du courage pour se mettre à nu ainsi, et exposer à la vindicte populaire ses penchants musicaux douteux.
    Vive le mauvais goût assumé.

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