La taille de leur sexe obsède les hommes, ça les rend ridicules ou attachants. Le nombre de morceaux MP3, de disques vinyles ou de CD qu'ils possèdent les turlupine également. Alors, adultes et adolescents examinent leur collection, comparent, font des classements, il est en effet plus aisé de s'en vanter. J'ai par exemple 71 morceaux du rappeur Booba dans ma bibliothèque iTunes.

Beaucoup d’entre-vous lèvent déjà les yeux au ciel. A chaque fois, la scène se reproduit. « Non » ou au mieux, « Oui, mais ». Mentionner son nom fait souvent fuir le vis-à-vis, d’abord les filles effrayées par sa vulgarité, puis les popeux allergiques au hip hop, les bien-pensants qui méprisent son arrogance et les électreux pour qui le rap est mort depuis longtemps. Aujourd’hui, il est donc loisible de savourer ce plaisir comme si l’on fumait dans un bar. Avec le sourire de celui qui apprécie de déplaire au plus grand nombre. Nous ne sommes pas pour autant une minorité silencieuse. Depuis dix ans, le rappeur de Boulogne vend chaque album à une ou plusieurs centaines de milliers d’exemplaires à une époque où le disque d’or ne récompense plus que 50 000 galettes écoulées. Qu’on l’aime ou pas, Booba vient à soi. Les conducteurs de deux-roues savent que quel que soit le côté du périphérique sur lequel ils circulent, le son qui s’échappe le plus des voitures, c’est lui. Là encore, ses basses font vibrer les vitres et emmerdent les voisins. En ce moment, j’écoute les ébats de son dernier disque, Autopsie volume 3. Entre chaque album, l’artiste publie en effet une mixtape officielle compilant inédits, nouvelles versions et collaborations diverses. Soit une bonne occasion d’expliquer une fois pour toutes pourquoi Booba domine encore le rap de la tête et des épaules mais surtout pourquoi il est l’artiste le plus important au royaume de la chanson française.

Je le retrouve dans un café de Boulogne où il donne souvent ses rendez-vous. Il y a trois ans, nous parlions des émeutes et de la cendre encore chaude : « Les Français finiront peut-être par nous aimer de force », lâchait-il à la fin de notre entretien. Aujourd’hui, Booba arrive un sac de chez Colette à la main, il s’excuse de son retard, rare chez lui. Son mètre quatre-vingt douze aux longs cils porte toujours sa marque (« Si ton polo c’est pas du Unküt / Négro ne le mets pas ») mais il a changé de silhouette. Avec des kilos de nouveaux muscles, le désormais barbu doit frôler le quintal. Comme souvent, ses yeux sont rouges et sa voix résonne doucement. Loin des disques dans lesquels il parle avec des morceaux d’asphalte dans la bouche. En découpant les mots comme personne et en les faisant traîner par terre.

En attendant un cinquième album solo, on observe donc sa dernière livraison : 25 titres dont 3 instrumentaux, 10 morceaux en solo, un duo avec la star du reggae, Capleton, un remix par l’artiste électro Yuksek et des tonnes de featurings. Alors que beaucoup de mixtapes sont des mistakes, cinq tueries s’échappent de celle-ci : Double Poney, lent cérémonial célébrant sa majesté, Ne me parle pas de rue, ballade aussi nerveuse que vaniteuse, Diamond girl, reprise Rn’B de Ryan Leslie, Rats des villes, apologie de sa bande et Fœtus, messe passant en revue les étapes de son ascension. De l’ego-trip partout, qui déborde et dégouline, avec au fil des disques, un degré d’autosatisfaction augmentant jusqu’à la saturation. On peut moquer l’explosion de melon et partir en courant. Ou écouter attentivement l’énorme vibration qui parcoure sa musique et ses textes. Et comprendre que chez lui la vantardise devient prodigieuse, que la vanité se transforme en enluminure.

Tout y passe. De ses couilles « plus grosses que des balles de ping-pong », à leur prolongement « toujours raide » jusqu’à la vitesse du spermatozoïde dont il est issu, « plus rapide que Michael Phelps ». Voici le premier véhicule de l’ego-trip, le plus basique, le plus parlant, le préhistorique. Puis, il y a tous les objets fétiches de la modernité. La voiture, avec une préférence prononcée pour les Lamborghini et les « Benzo ». L’argent, en billets de 500 euros, la dope – de la 0,9, du nom de la cocaïne la plus pure -, les femmes faciles et enfin, les ennemis morts à ses pieds. Tout cela alimente une énorme tumescence avec en son centre un homme de 33 ans nommé Elie Yaffa.

On le sait, l’egotrip existe depuis les balbutiements du hip hop. Seulement, on retrouve dans cette mixtape des réminiscences des plus grands vantards que le siècle dernier ait portés. Quand je lui parle de sa mégalomanie, Booba cite directement Mohammed Ali, le boxeur qui « vole comme un papillon et pique comme une abeille ». Il y a en effet cette grandiloquence qui fait penser à James Brown se revendiquant « black and proud », à Michael Jackson se voulant « bad », à Nina Simone affirmant que sa musique n’est pas du jazz mais de la musique classique noire, ou encore à Miles Davis avertissant du haut de sa chaire ses musiciens : « Do not fear mistakes. There are none ». « Je suis, je suis », disent-ils tous. Comme autant de prolongements du poème du révérend Jesse Jackson, « I am somebody ». Soit des décennies à se faire plus grand qu’on est, d’abord pour exister puis pour l’exercice de style. Ce qui revient au même. Sauf que le rappeur français n’a pas encore été digéré par la culture officielle, il n’est donc qu’une énorme grande gueule. Un « compère peu fréquentable, insolent comme sonne-per / Négro, crois pas qu’on perd la chatte à ton père ».

Booba est une excroissance de notre époque.

Quand pendant une décennie, Suprême NTM a décrit la bombe à retardement sociale des banlieues, Booba, lui, s’en fout ou presque. Dans la chanson Double Poney, il reprend NTM justement et il résume en une seule phrase vingt ans de rap français : « L’argent pourrit les gens / met du chrome sur mes jantes ». De la méfiance du pognon à son absorption. Le rappeur se met en scène en train de parader en bagnole de luxe sur son territoire. Officiellement, il ne parle pas de l’état de la société mais seulement de lui et de sa bande, de leur business et de l’argent qu’il génère. En enfilant tous les clichés. Autant dire qu’il parle précisément de notre société. Chez lui, le darwinisme social est consommé, l’individualisme est total : « Tout le monde peut s’en sortir, aucune cité n’a de barreau » lançait-il dans son disque précédent. Puisqu’il a réussi, aux autres de prouver leur valeur. Désormais, il ajoute : « Parle-moi en billets violets ». Autopsie, vol. 3 a en effet la couleur des billets de 500 euros jusqu’à l’écœurement. Je lui demande donc si l’argent l’obsède. Booba s’étonne d’abord comme s’il était intrinsèquement naturel de toujours en vouloir plus, puis il répond : « Non, sinon je ferais du rap commercial ». Quant à son allure de pur produit capitaliste, il la nuance, il se voit plutôt « comme un enfant ». « J’aime le matériel. Tu me balances un nouveau produit, je le veux. Au Mondial de l’Auto, j’ai vu la dernière Lamborghini, j’ai failli faire un malaise », reconnaît-il en souriant. Le duc de Boulogne est contradictoire. Il confond argent et liberté : « Ça me rend libre. Si je veux un dog argentin ou voyager en hélico comme les milliardaires, je peux, j’ai qu’à passer un coup de fil » tout en  admettant que « le mec sans une thune qui lit son livre dans un parc, qui pêche à la ligne ou qui ramasse des châtaignes, est aussi libre que moi. Je respecte ça aussi ».

Finalement, c’est peut-être moins l’argent que le pouvoir qui le fascine. Booba parle sans ciller de conquérir le monde avec ses disques en solo, ses fringues ou les artistes qu’il produit. « La planète est grande », dit-il avec une assurance confondante, signe qu’il reste de la place pour son expansion. Depuis un an, il a quitté la France (où il paie encore ses impôts) pour s’installer une partie de l’année à Miami. Là où la musique est comme la sienne, sourde électronique et sensuelle. Il voit dans l’hexagone « un pays conservateur où le rap n’est toujours pas accepté comme une musique à part entière », où « l’on donne jamais leur chance aux jeunes » et où « l’on va finir par voir crever en direct les vieux présentateurs de télé ». Outre ses disques, on ne l’entend presque pas. Dernière grande interview ? Dans le magazine Maelström. Le pays regarde ailleurs. Ebloui par les lumières d’« Un prophète » de Jacques Audiard qui brûlaient pourtant dix ans plus tôt dans « La lettre » de Lunatic, récit des passages de Booba en prison. Quand on l’interroge sur ses opinions politiques, cela semble très loin de ses préoccupations. Nicolas Sarkozy, l’autre seigneur des Hauts-de-Seine ? Il y a quelques années, il l’avait résumé ainsi : « C’est une racaille comme nous. » Puis, il avait précisé dans la presse : « D’habitude, les hommes politiques se font élire, et après ils t’enculent. Lui, il veut t’enculer d’abord ». Aujourd’hui, il balance seulement à son sujet un définitif : « Il a gagné ». Comme si, depuis ce jour-là tout le monde avait perdu.

Booba est une excroissance de l’époque qui a de la mémoire.

Pas un disque ou un titre qui ne fasse pas allusion à l’esclavage ou à la lutte pour les droits civiques. « Inspiré par Martin Luther et Shawn Carter », il ajoute à l’ego trip des références historiques au moment où on les attend le moins. « Va dire au chauffeur que je pose mon cul où je veux comme Rosa Parks ». Avec des allusions cryptées comme un ultime prolongement de son arrogance.  « Je suis mort deux fois : une fois à Memphis, une fois à Harlem », comprendre comme Martin Luther King et Malcom X. Les textes du « meneur leader black entrepreneur » télescopent tout, la ségrégation dans les bus de l’Alabama et ses virées en Lamborghini, le vulgaire et le sublime, le futile et le millénaire. Il découpe ainsi ses phrases et sa pensée, créant un sens saisissant du raccourci. Ainsi, son style est « Berlington paire de Stan Smith Smith & Wesson ». Son enfance pleine de «  faux flingues, je tire dessus / en maternelle, je mange du sable, je me pisse dessus». Sa formation, « Ecole primaire, élève de classe moyenne / Pour être au top je deviendrai mi-homme mi-hyène ». Son business, « Tréma sur le sweat, 56 000 euros le feat’ » ou sa destinée, « J’apprends à chasser comme un petit lionceau / Plus tard tu viendras me voir pour ta conso ».

Bien sûr, sur cet autoportrait en or massif, on distingue des fêlures. Depuis les premiers titres au sein du groupe Lunatic jusqu’à aujourd’hui, il y a un profond pessimisme. Nourri d’une époque obscène et d’une enfance disparue. Dans ses paroles, la mélancolie sent le Jack Daniel’s, l’ennui et l’argent : « Je regarde dans mon rétro, pas un négro dans mon sillon / Je me fais chier dans ce rap game / Je suis seul avec mes millions ». Et le cynisme : « Ici-bas, j’ai rien à faire à part acheter des gros apparts », « J’affiche ma réussite, je parcoure le monde, ses chambres d’hôtel ». Avec à l’arrivée, le sens premier de la vanité, le vide. A ceux qui voient encore dans son art du premier degré bourrin, je propose de tenter d’y démêler les multiples strates d’autodérision : « Pourquoi frime-t-il autant / pourquoi est-il si méchant », « Voila le duc de Boulbi, fais le 18 vite, ou préviens le toubib », « J’ai fait des cauchemars, j’ai des soucis, j’ai rêvé que je roulais en Laguna ». Sans parler des « Oooh ! » ajoutés à la fin des phrases les plus provocantes ou les clins d’œil à son avocat, Me Le Bras.

C’est simple, cela fait une décennie que personne n’écrit aussi bien que lui.

De quel chanteur peut-on aujourd’hui imprimer les paroles sur des t-shirts sans craindre le ridicule ? Aucun. Benjamin Biolay le cite, le groupe de hardcore Kickback aussi. Que tous les chanteurs dits à texte aillent faire un stage chez lui. Et on imprimera sur nos habits d’autres sentences que celles-ci : « Tu te fais des casse-croûtes, je me fais des restos / J’envoie des diamants à ma go, t’envoie des textos », « Si t’as un porte-jarretelles, je t’emmène dans un hôtel mortel », « On vient du bled sale bâtard, pas du terroir », « Peux pas faire deux pas sans qu’on me dévisage / Impossible de serrer une blonde, même avec un défrisage », « Diamond girl, je t’apprécie beaucoup / Je veux te prendre dans mes bras mais aussi tirer mon coup » ou encore le lucide : « Si je traîne en bas de chez toi, je fais chuter le prix de l’immobilier ». Punchline comprennent les publicitaires, poésie disent les littéraires : « J’ai du gloss sur la verge / De l’encre dans les veines / Du pétrole sur les lèvres / Ma vie est tristement belle ». La Nouvelle Revue Française, oui celle d’André Gide et de Gaston Gallimard, a déjà tranché en lui consacrant une vingtaine de pages dès 2003.

A Boulogne et Miami, Booba est donc assis au sommet de la chanson française. La tête déjà prise dans son prochain disque. Quand je le quitte, je repense à son priapisme verbal comme parfait symbole d’une société obsédée par la réussite et incapable de voir le talent là où il réside. Il y a quelques minutes, il disait encore : « Quiconque essaierait de me détrôner ». Une phrase d’un autre temps. Je me souviens qu’un de ses albums se nomme Panthéon et qu’un autre le montre posant devant le Colisée de Rome. Un empereur des temps modernes donc, obnubilé par ses érections et celle de son empire. Dont il est aisé de ne retenir que ce que la doxa méprise, les robinets à clips du fond du câble, les pochettes de disque sans direction artistique, les grosses bagnoles, les bimbos… Pour mieux oublier qu’il conclue ainsi son disque : « A César, j’esquisse un rictus. Incline-toi devant le purple fœtus ».

http://www.myspace.com/booba92i

En concert le jeudi 26 novembre à la Cigale, « Autopsie show » retransmis en direct en streaming sur Canalplus.fr.

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85 commentaires

  1. Hé hé!
    A quand un article élogieux jusqu’au boutisme sur Justice, ce duo électro français aussi important que Kraftwerk?
    En tous cas, bravo pour la performance!
    Ecrire un texte aussi long sur un gars aux idées aussi courtes mérite bien un Gonzo d’or.
    Félicitations, donc.

  2. Si je me trompe pas, un mec de la NRF avait tenté la comparaison dans un essai entre ses Lyrics et … Celine (?)

    Quelqu’un pourrait m’en dire plus ?

  3. Diamond girl, je t’apprécie beaucoup / Je veux te prendre dans mes bras mais aussi tirer mon coup
    J’ai du gloss sur la verge / De l’encre dans les veines / Du pétrole sur les lèvres / Ma vie est tristement belle
    Il est où l’écrivain?

  4. Je suis assez d’accord. Même mon père et ma sœur sont venue me dire un jour « Booba c’est super bien écris ». Et j’avoue chercher encore.

    Enfin merde, c’est ça les grands textes français de notre époque.

    Et même en matière de Hip Hop, ont est loin du Jay Z de 99 problems ou même des pionniers (NWA pour ne cité qu’eux). Booba (putain, rien que ce nom) manque de fluidité, d’une touche glissé, vicieuse et slinky.

    Juste du truc commandos on tu te sent violer par se que tu entend (principe basique de la musique urbaine).

    C’est au mieux des punchlines matraquer avec moins d’habilité qu’une propagande communiste.

    J’avoue que cette reconnaissance « littéraire » (parce que l’on en est là) me dépasse complètement.

    Comme pour le premier Houellebecq remarquez.

  5. Bin, je suis pas compétent pour commenter vu que j’ai jamais écouté de hip hop français.. mais vu qu’internet a été créée pour que des anonymes puissent donner leur avis sur tout et n’importe quoi, je me lance : je suis autant consterné par ces textes que de les voir encenser par des gens un peu cultivés. Ok, les punchlines sont marrantes mais bon, euh bof quoi. S’il s’agit des meilleurs textes en français actuels.. Oula !!

  6. Perso, je ne comprends rien au rap, mais vraiment rien.
    Mais j’aimerais juste que ceux qui disent « ouin Booba c’est nul au niveau des textes » qu’ils me disent qui en écrit des meilleurs ». Juste par curiosité, vraiment:)

  7. Il n’est pas question ici d’ériger Booba au rang de poète classique des temps modernes, calmez vos ardeurs. A juste titre, l’article pointe plusieurs choses : la singularité des productions de Booba (l’influence éléctronique, les basses > elles sortent clairement du lot français), un style arrogant qui ne peut qu’amuser tout ceux qui réussissent à prendre un peu de distance (et à se prendre un peu moins au sérieux), des textes criants de vérité, d’humour et de second degré. S’il choque les âmes sensibles, les esprits grands ouverts apprécient ses qualités. Certains l’idôlatrent, certains le méprisent, d’autres reconnaissent simplement que cet artiste sort son épingle du jeu. Arnaud Sagnard prédisait déjà ces commentaires : « Mentionner son nom fait souvent fuir le vis-à-vis, d’abord les filles effrayées par sa vulgarité, puis les popeux allergiques au hip hop, les bien-pensants qui méprisent son arrogance et les électreux pour qui le rap est mort depuis longtemps. Aujourd’hui, il est donc loisible de savourer ce plaisir comme si l’on fumait dans un bar ». A bon entendeur.

  8. encore, et toujours moi

    bstr! quelques noms, dont certains déjà cités plus haut : la rumeur, oxmo puccino, hocus pocus, assassin à l’époque (l’encre de mon stylo), iam à l’époque (école du micro d’argent), akhenaton (métèque et mat), shurik’n (où je vis),…en terme de ‘punchline’, orelsan (‘jimmy punchline’ par exemple)
    je rajouterai dead prez (we want freedom), au niveau rap us…

    lazynaj, je répète, il y a certaines phrases difficilement supportables dans cet article…
    pour la singularité des prods : tu me fais marrer. c’est du pompage total des plus grosses merdes américaines actuelles.
    le style arrogant ‘tatati tatata’ : quand oxmo fait l’arrogant, il a quelque chose qui fait que lui peut se le permettre. appelons ça du talent, en gros.

    « la première fois que ta femme a crié, c’est quand elle a vu mon jouet, la deuxième fois, c’est quand elle a joui », c’est arrogant, nan? et je cite sans même saluer la qualité du verbe, je me dis simplement que ça dans la bouche de booba, avec le même flow qu’il sort tout le temps, c’est naze, arrogant ou pas…

    parle-moi d’ames sensibles, de popeux, d’électreux et de bien-pensants, etc. énumère tout et n’importe quoi pour tenter de décridibiliser toute critique possible. malheureusement, je chie sur la politesse, que je place jamais loin de l’hypocrisie. mais je chie surtout sur cette clique de pseudos-artistes qui se la trimballent comme s’ils avaient quelquechose à dire ou à faire de neuf. qu’ils soient ‘électreux’, ‘hiphopeux’ ou ‘popeux’. se convaincre d’être un artiste en bougeant la tête sur la merde qu’on a pondu, pour moi ca en revient à se branler. qu’ils aillent designer des casquettes. les « esprits grands ouverts » n’en ont rien à foutre.

    (là, j’ai plus le temps pour essayer de t’expliquer ce qu’est un artiste – pour moi.)

    à bon entendeur…

  9. « A bon entendeur » … quelle condescendance … les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont.

    Bien à toi cher anonyme.

  10. Booba, c’est la meilleure chose qui soit arrivée au hip hop francophone depuis dix ans, avec le premier disque de La Rumeur et le rap mongol du Roi Heenok. Ces gens-là ont pour mérite de toujours nous faire tendre l’oreille, et ça c’est déjà énorme. D’un point de vue littéraire, les textes de Booba restent très inégaux, voire médiocres, mais bizarrement, c’est ce qui fait leur charme. L’ego trip à la Booba façon rap de gros connard en Hummer qui s’assume et qui en met cinq à ta meuf en passant, ça s’écoute au premier comme au 36ème degré. Pas non plus de quoi chier dans son benne hein, it’s only rock’n’roll.

    Et puis moi, quand j’écoute des prod’ comme « B2OBA » ou « Illégal », ça me donne envie de faire de la muscu et plein de boxe thaï. Chose plutôt saine comparée à Christophe Maé ou Renan Luce, qui sont une invitation à la violence et au suicide.

    http://heebooh.blogspot.com

  11. mon bon olivier : relis le post précédent, et tu comprendras que ce n’est que retour à l’envoyeur, quelqu’un qui lui-même se permet de formuler un jugement sur les personnes qui oseraient critiquer l’oeuvre de booba.

    je suis bien loin d’être condescendant : je regarde les gens en contre-plongée…

  12. olivier, je viens de relire ta phrase sur la vérité. tu peux pas savoir à quel point je suis d’accord avec toi.

    ce post de lazynaj m’a exaspéré, et je n’ai pas su m’empêcher un ton peut-être trop sec. son ‘bon entendeur’ et ses catégorisations (qui ne sont pas texto de lui, certes) m’ont scié. malgré toutes les crasses que je peux faire ou dire, celles-là me débectent tant elles sont débiles. enfin, à la satisfaction de tous, hormis les pervers, je vais me taire à partir de maintenant. j’ai l’impression d’avoir suffisamment alimenté cette polémique en carton et qu’il est temps que je ferme ma gueule – bien que je nourrisse un vicieux délice à faire chier les gens.

    « amen! » et bien le bonsoir!

  13. Pour tous ceux, y compris l’auteur de cet article, qui se branlent quand Booba dit « chuis une racaille, je viens du bled », sachez que c’est un fils de riche, mais bien sûr personne ne trouve ce paradoxe ridicule car il est noir. Si c’était un p’tit blanc qui tenait les mêmes propos, on n’entendrait pas le même son de cloche.

    Bref, Booba, s’il a un talent quelque part, c’est dans l’escroquerie, le mec braque un taxi pour aller en prison et ainsi se donner du crédit dans le « milieu du rap français » et auprès d’un public de trisomiques… En prison pour avoir braqué un taxi, oooh les gars réveillez-vous, ce mec est un putain de clown !

    Ensuite, il y a un mot d’ordre dans le hip hop qui est le « flow », le débit de paroles et l’harmonie entre celles-ci et le sample et le beat qu’il y a derrière, or, dans ce domaine, Booba est vraiment mauvais.

    Moi j’dis, tant qu’à écouter du rap bourgeois, autant écouter du rap bourgeois honnête avec le Klub des Loosers,
    et pas cet ersatz de rap crapuleux jouant avec les émotions de tous les connards qui fantasment les banlieues.

    Aujourd’hui, certes Booba a réussi, certes il occupe une place importante dans la musique française, mais ce que l’on doit retenir avant tout, c’est qu’il a mauvais goût, fait de la merde, vous ment à tous et à toutes et braque des taxis (hahahahahahahahahahahahaha)…

    Ce commentaire n’est pas un brulôt anti-rap de « popeux » ou je ne sais quoi, j’écoute beaucoup de rap, mais c’est vraiment pour dire que Booba c’est de la merde.

  14. Dans le Rap il y a le canal Historique que je peux écouter sans honte avec les Timides et sans complexes, Assassins (post illuminazi), la Rumeur, la Caution et NTM pour rester sur de la french Touch.

    Et le Rap comptant pour rien qui est clairement représenté par les Booba, Sinik, La Fouine, Rhoff et autres Sniper….Parmi ces personnages obsolètes, seul Seth Gueko arrive encore à me faire remuer avec ses lyrics et son imagerie qui fleurent bon la Caravalair.

    (Gonzai avait d’ailleurs réalisé un bon article à son sujet)

    Finalement en me relisant je pense que le « bon Francis » avait raison…. »c’était mieux avant »..

  15. Je pense que ceux qui sont persuadés que « personne n’écrit aussi bien que lui depuis dix ans » sont ceux pour qui la lecture s’arrête au dos des boites de corn flakes…

  16. je suis bien d’accord, BOOBA a une plume de malade, c’est la référence. c’est un putain de business man. La réussite des uns, la jalousie et le manque d’intelligence de certains font dire d’énormes conneries. Respect et longue vie à BOOBA.
    renflow, 46 piges

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