Chaque détail compte pour atteindre le nirvana de la prescription journalistique. Faire face à ses préjugés, aux affres de l’informatique et aux noms pou

Chaque détail compte pour atteindre le nirvana de la prescription journalistique. Faire face à ses préjugés, aux affres de l’informatique et aux noms pourris des groupes. Récit d’un périple qui nous conduira jusqu’à la découverte – je l’espère – d’un quatuor prometteur : Polar Strong.

Il y a quelques mois, Julien Deverre, l’attaché de presse de Babylone Promotion  proposait à Gonzaï de faire visiter les premiers fragments de sa nouvelle vitrine musicale, Babylone Promotion : le groupe Victory Hall. Format du message envoyé sur nos boîtes mails : pas de visuels qui prennent les trois quarts de l’écran, juste du texte, un véritable effort de personnalisation à l’intention de destinataires, pas de phrases en capitales d’imprimerie avec comme principaux arguments « LE GROUPE QUI A CONQUIS L’ANGLETERRE », « VU A LA TELE », ou « ILS VONT VOUS LES METTRE A L’ENVERS ». En plus de cela, notre ami Julien joignait quelques charmantes paroles du genre « on peut envoyer des vinyles, pour ceux que ça intéresse » (et un petit bouquet de pétunias avec ça ?) et qu’il serait « ravi de voir quelques petites lignes sur notre site ». L’artifice classique de la promotion doublée d’une démarche honnête : mouais, pourquoi pas. Je me téléportais sur le serveur FTP pour faire parvenir à mes oreilles la musique du groupe. Du rock indé sympatoche niveau « probable qu’ils feront des premières parties toute leur vie » : pas de quoi casser trois pattes à un canard. Le quotidien du défrichage et son lot de contrariétés. RAS. A la prochaine.

Quelques semaines plus tard…

Le Julien revient à la charge, BTS « force de proposition honnête », toujours en poche. Une nouvelle fois, Babylone Promotion – non, ce n’est pas du reggae – envoie une missive électronique que mon cerveau-traitement de texte- embrumé interprète de la sorte : « Eh les gars, y a personne qui parle de Polar Strong? »

Une nouvelle fois, Julien fait un véritable effort de promotion qui fleure bon la proximité, ce qui n’est pas forcément bon signe non plus : absence de « gros » visuels, absence de capitales d’imprimerie, absence de points d’exclamation, personnalisation, et toujours la petite touche « s’il vous plaît, les gars, ça serait cool ». T’inquiète : Gonzaï est un média au combien populiste et marchera toujours à côté des petits… Donc, comme un gros benêt toujours sensible aux petites attentions, j’acquiers la chose sur le FTP, sans me bercer d’illusions. Et pourtant.

A la première écoute de cet Extended Play (EP, abréviation également usitée pour Ejaculation Précoce), la chose sonne pas mal du tout ! Du garage soft speedé et peu de déchets. Et avec une petite touche psychédélique dans la trempe Born Bad. Et comme par hasard, ils jouent avec Intelligence le 14 mai à Bordeaux ! Fais gaffe Julien, Jb Wizzzz va venir à Bordeaux tel un requin de l’Atlantique et te piquer les Polar Strong (les gars, j’espère que vous avez 27 minutes d’excellentes chansons…) !

Aussi, dans Young Virgins, le premier titre de l’EP, le chanteur parvient à glisser les mots « Strawberries » et « Coconuts », ce qui est assez idiot dit comme ça, mais relève tout de même de l’exercice de style. Et puis, viennent deux réécoutes successives, habile mélange de flux électrique et de filtres déformant. Ça passe toujours bien. OK. Ça mérite largement ce que vous êtes en train de lire. Comment ça, c’est meilleur?

Satisfait, back sur le document PDF pour en savoir plus sur les p’tits gars. Check Check Check. Problème : le groupe est de Bordeaux. Et je me méfie de tout ce qui vient de cette ville. Leur club de foot schlingue même quand il gagne. Leur maire aussi. Même mon chien vient de Bordeaux et je peux vous dire que c’est un sacré salopiaud. Donc, dès que je peux, je change de trottoir à l’approche d’une quelconque affaire girondine, mis à part le petit rouge qui fait glouglouglou et possède une belle robe quand il ne vient pas de Carrefour.

Deuxième couille dans le potage : le nom du groupe : Polar Strong. C’est nul. Vous me direz des patronymes tels que Beatles, Rolling Stones et the Who pour ne citer qu’eux, ce n’est pas tellement mieux. Manque quelque chose. Comme si on avait séparé Brian Jownstone du petit Massacre. Une particule en queue de proposition peut-être. Pour combler ce déficit, quatre suggestions personnelles et totalement gratuites :

a)     Polar Strong Suicide Club

b)     Polar Strong Disco Shoot

c)      Polar Strong Football Club

d)     Polar Strong Eczéma’s sensation

Une fois corrigés ces problèmes, ça sera dans la poche : vous deviendrez riches et célèbres. Et rappelez-vous, Gonzaï marchera toujours à côté des petits. Des grands et des morts aussi. Même Bordelais.

www.myspace.com/polarstrong

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632 commentaires

  1. La posture tendancieuse du Gonzaïman diffère un peu de mon caractère lisse de poète idéaliste dont la charge cynique s’opère encore à l’échelle d’allitérations et de balbutiements bien sentis sur la marche du monde. J’aurai peur de devenir le François Bayrou de la critique musicale, moi qui comme lui sort d’une prépa du lycée Montaigne de cette belle endormie où quelques barbus érudits, grâce à Dieu, prennent d’assaut les bars à coups de Fender dans un mouvement d’une violence à rendre la consommation de Leoville Las Cases accessible au moindre clodo. Je réfléchirai donc à deux fois à ce défi qui a tout de même le mérite de m’exciter les papilles.

    Marouane Marcus

  2. Le conservatisme prôné par Ulrich Ramé et Souleymane Diawara a semble-t-il une emprise assez puissante sur la ville. Heureusement traînent quelques Gourcuff, Chamakh et autres Cavenaghi qui font fondre la glace girondine.
    Bien à eux.

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