Réveillez vous branleurs, le grand Weller revient plus électrique et sanguinaire que jamais, quelques saisons seulement après son manifeste 22 dreams que seuls les vrais esthè

Réveillez vous branleurs, le grand Weller revient plus électrique et sanguinaire que jamais, quelques saisons seulement après son manifeste 22 dreams que seuls les vrais esthètes peuvent comprendre.

Sa carrière solo débutée en 1991 avait vu l’acid jazz monter, la britpop chauffer, avant ce passage à l’éternel après quelques albums aux côtés de Ronnie Lane, Bobby Womack ou autres illuminés du genre. Puis, sur 22 Dreams, Weller avait touché un folk feutré et caressé une soul de grand maître en 22 titres; un des grands doubles albums de ces dernières années. Dans Wake up the nation, il est question de révolution. Reprendre la torche brulante de In the City avec une seule obsession: « This is the modern world ». La vérité arrive enfin, et son meilleur album sans doute.

Pour secouer la nation, Weller s’est entouré des plus fervents mercenaires rock du royaume. Quatre générations de soldats de l’hombre, précis et sans pitié au service du modfather: Kevin Shields (My Bloody Valentine), Bev Bevan (The Move, Electric Light Orchestra), Little Barie et Bruce Foxton son fidèle lieutenant connu pour ses actes de bravoures au sein des Jam, tireur d’élites imparables en matière de basse heavy soul. Si 22 dreams était impeccablement mixé dessinant des paysages très seventies dans un ciel totalement moderne, Wake up the nation débarque à fond la caisse, moteur trafiqué et esprit futuriste respectueux du passé. Weller est devenu une influence pour lui-même. Seize nouveaux titres sous forte pression psychédélique. Les guitares sont démentes et la tension du brulot insoutenable. Un gospel métallique.
On se plonge dans cette guerre civile pour mods en manque de vérité, l’album débute sur Moonshine. A coup de battes dans les mollets sous fond de rock’n’roll amphétaminé. Tambourin épileptique et piano stonien. Le titre Wake up the nation balance une soul blanche, crispée et excitée. Steve Marriott n’est jamais mort. No tears to cry, moment suprême de l’album, chevauchée pour crooner en terre Walker Brothers. Puis retour à la source urbaine avec Fast car /slow traffic et la basse de Foxton qui nettoie au napalm comme à la meilleure époque des jam, glissando de piano free jazz.

Les titres n’excèdent pas 3 minutes et le concept prend forme.

Andromeda et ses guitares brit’ indouisante pose un moment d’euphorie. 1min53 de transe comme si Revolver des Beatles sortait aujourd’hui. In Amsterdam, instrumentale perdue d’une représentation de cirque, synonyme d’une nuit de rêve dans la ville hollandaise. She speaks, est une échappée mystique de 22 dreams, où larsen et piano inquiétant s’entremêlent; Alice Coltrane devait sûrement roder dans le studio. Moment de doute. Find the torch, burn the plans balance une lumière de guitares aux rythmiques magiques. Cette fois Weller ne relâchera pas la pression. La lévitation est à son paroxysme.

Aim High, shuffle échappé du meilleur de Curtis Mayfield. Arrivé d’un bataillon funky, ça groove sévère, missile de cordes à l’appui, le Style Council dans le rétroviseur. « I’m your sky and you are my night time ». Tout est dit. Le modfather est couvert d’or. Trees a la texture d’un R n’B deluxe. La fin est furieuse, Grasp & still connect débarque tel un métro en furie tandis que Whatever Next se recentre sur un funk mystique, instrumentale tendue qui débouche sur l’ovnie 7&3 is the strikers name. Un attentat. « I don’t want to fuck it up this time » clame Weller. Des bulldozers de larsen et effets reverse s’énervent. La nation n’a pas le choix.

Up the dosage ajoute la touche finale en mode disco punk, du Bowie fin seventies armé de rafales à la Who. Du rhodes apparaît, l’instrument qui me paralyse. Pieces of dream, dernière prière avant le sacrifice. Une ode soul restée en l’air le temps d’une pause. Weller s’interroge: « There’s 12 steps to Eddie Cochran baby ». C’est ta dernière balle mec. Two fat ladies débarque avec Little Barrie, speedé et vicieuse, dégainée des premiers Flamin’ Groovies.

Wake up the nation est un album missile.16 éléments. 40 minutes. Et un dessin du rock fanatique et transcendant. S’il doit rester une évangile selon Weller, je prierai pour celle-ci. Réveille ton prochain !

Paul Weller // Wake up the nation // Island Records
http://www.myspace.com/paulweller

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