A toi qui as sûrement manqué l’annonce du repressage imminent de ‘Pictures, Movies And Appartement’ par Paul Jacobs, le canadien prolifique bénéficie d’une nouvelle sortie prochaine par le bien aimé Stolen Body Records.

Depuis qu’il a commencé à enregistrer en 2012, ce ne sont pas moins de dix contributions (split/LP/EP) que le Monsieur nous a livré. En tant que one man band d’abord, puis progressivement avec une équipe de mercenaires ne tirant pas une seule balle à blanc.

Le LP ‘Pictures, Movies And Appartement’, originellement sorti en 2016, n’a quant à lui pas de date de péremption. Ca commence par un doux murmure, larsen indocile, qui visiblement ne laisse pas le temps d’en allumer une… Tout part à 170 BPM en explosant ta pièce d’une saloperie indécrottable. Le son général de l’album est crasseux, un coup de boule tendance lo-fi agrémenté d’un songwriting à toute épreuve. A mi-chemin entre un rock’n roll brutal et des balades pop salement arrangées. L’histoire aurait pu s’arrêter là mais cette passion du ‘slow-listening’ peut motiver à écouter de plus près ce tas de sillons bordéliques du meilleur effet.

Tout en ruinant la moquette à coup de Chalong Bay, probablement dû à un trop-plein d’excitation, l’esprit lo-fi à la Billy Childhish ou Bob Log III frappe de nouveau. L’atmosphère y est crasseuse certes, mais notre ami Montréalais ne s’y cantonne pas et brouille les frontières entre garage, psychédélisme haute fidélité, punk et pop. Evoquant sans gêne les tauliers du genre comme Meatbodies ou Segall, s’acoquinant même avec Love et les Stooges !

L’étrange l’animal qu’est Paul Jacobs sait aussi taper dans le post-punk (cf The Basement). Ou s’envoler vers des horizons presque cinématiques quand l’envie lui prend (Born in The Zoo). L’ambition expérimentale et contemplative se révèle sous son meilleur jour sur des titres comme See Through You. Une dernière perle : Moving Away’, track hallucinée, dans la lignée d’un West Coast Pop Art Experimental Band. La flemme de changer d’acétate après ça…

Pour conclure, l’album est un putain de parpaing dans le salon. Mention spéciale à la pochette et plus généralement à l’art graphique de Paul Jacobs, qui propose une couche d’Hémoclar après s’être fait tabasser pendant 40mn.

Disponible en vinyle chez Stolen Body Records, dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel (ou presque) et plus encore.  Et en concert le 19 janvier avec les copains de Guadal Tejaz et Princess Thailand à l’Espace B, Paris.

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