Vous vous êtes forcément un jour demandé pourquoi des mecs comme Jimi Hendrix ou Kurt Cobain sortaient en moyenne deux albums inédits par an, accompagnés de Deluxe Editions (et quand les ventes de la Deluxe baissent, on sort l'édition Super Deluxe), 30th Anniversary mon cul, B-sides, bonus tracks faussement inédits au son soi-disant remasterisé-que-ça-claque-encore-plus-que-sur-le-vinyle-original sauf qu'en fait non, ou encore de mauvaises démos de mauvais morceaux repêchées au fond de l'étang industriel.

Vous vous êtes sans doute également demandé pourquoi l’excellent groupe que vous avez vu en concert au bar La Féline, et qui vous a donné l’impression de voir les Stooges en 69, ne sera jamais signé sur aucune maison de disques. Ou alors, vous vous demandez pourquoi on laisse Mareva Galanter enregistrer des albums, pourquoi nos dirigeants ont voté la loi Hadopi, pourquoi le rock est absent de nos téléviseurs, pourquoi la plupart des groupes français ne s’exportent pas à l’étranger, pourquoi NRJ diffuse exclusivement de la merde, ou tout simplement pourquoi Pascal Obispo n’a pas été emprisonné pour crime contre l’humanité. Les réponses précises à toutes ces interrogations se trouvent dans un objet d’apparence assez répugnante : le livre écrit par Pascal Nègre.
Rien que la couvrante : popotin vissé au fond d’un fauteuil design avec sa tête de plombier sympa – vous savez, le plombier qu’on appelle pour changer un joint et qui finit par vous facturer 3000€ la réfection de toute la tuyauterie de l’appartement. Le genre de livre qu’on s’évertue à dissimuler quand on fait la queue à la caisse pour l’acheter, en espérant ne croiser personne qu’on connaît ; un peu comme d’acheter en loucedé un magazine pornographique.

La politique de transparence et les cagoinces sur le palier

Pascal Nègre, illustre président d’Universal Music France, autoproclamé « empêcheur de pirater en rond », a donc éprouvé le besoin de prendre la plume. Un livre qui, vu le titre, veut jouer la carte de la transparence. La transparence, le concept à la mode, le truc qui marche à tous les coups… Le truc à Sarko, tiens ! Étonnant, non ? de la part de pareil auteur… Le nigga en a entendu des vertes et des pas mûres sur sa profession, s’est vu accusé de tout et n’importe quoi, en a souffert dans les tréfonds de son petit cœur de chouette bonhomme comme vous et moi… Il va donc rétablir la vraie vérité, tout bien nous expliquer comment ça fonctionne dans le buisness de la ziquemu, pour que les Français comprennent, pour qu’ils cessent de le traiter de tous les noms d’oiseaux et de télécharger illégalement de la musique.

Tout de même, pour que Pascal Nègre prenne la peine de faire l’apologie de l’industrie du disque, c’est que ladite industrie doit être très, très mal en point…

Fort logiquement ma foi, le livre commence par le début. Le petit Nègre, sa famille, ses études, ses premiers émois musicaux, ses débuts dans le métier, son escalade de l’échelle hiérarchique grâce à son seul mérite. Famille modeste, papa et môman employés des PTT, Nègre croit bon de mettre l’accent sur ses origines populaires – dans son appartement, il n’y avait pas de salle de bains ! Il se lavait dans la cuisine ! Non mais vous vous rendez compte ?! Pauvre Pascalinounet… Et hop ! au détour d’une ligne, un petit côté gauchiste qui se dégage : « En 1981, je vote évidemment pour Mitterrand », ben voyons !..

Lorsque l’on écrit son autobiographie, on a forcément tendance à se donner le beau rôle, à passer sous silence les moments peu glorieux et à enjoliver les autres ; c’est humain. Il n’empêche qu’ici, le nigga en fait tout de même un peu trop, en rajoutant allègrement sur le thème « l’argent ne m’intéresse pas plus que ça – d’ailleurs je n’en gagne pas beaucoup -, je suis un type simple avec une sensibilité de gauche, un type qui aime les gens, et qui aime la musique… » L’homme allant jusqu’à proclamer : « Je n’ai pas envie d’être un banquier, je préférerais faire des disques plutôt que du reporting international. » Parfois, il se rêve en buisnessman poète : « Nous voulons faire exister la musique, favoriser l’expression libre des artistes, enchanter le monde et éclairer nos vies. » … La vache. Mettez-vous bien ça dans le crâne : les bénéfices engrangés par l’industrie du disque sont modestes. Universal est loin d’être une entreprise du CAC 40, et même avant la crise du disque, son chiffre d’affaire ne dépassait pas celui d’un hypermarché de province. Limite si le PDG d’Universal ne vit pas dans une chambre de bonne de 17m2, avec les cagoinces sur le palier…

C’est ceux qui aiment qui ont raison

La partie poilante du bouquin : l’adolescence de Pascalinou, la musique (oui, la musique !) qui vient donner un sens à sa vie. « Nous passons notre après-midi à écouter The Wall, c’est notre hystérie du moment. J’adore the Dogs, groupe punk de Rouen, et les Stranglers […] J’assiste à mon premier concert à douze ans : Michel Fugain et le Big Bazar. » Cherchez l'(es) intrus. Le bonhomme a la référence musicale riche – pensez donc ! il a débuté à la radio, puis est passé par Barclay, puis Colombia, puis Philips puis machinchose puis PolyGram… Il n’a pas eu qu’un peu l’occase d’écouter des disques, d’où une culture musicale conséquente. Ce puits de science nous livrera donc des petites phrases comme « le mur de Berlin est tombé avec des gens qui dansaient la Lambada autour », « Ma rencontre avec Julio Iglesias aurait pu changer ma vie », ou encore « Mariah Carey est une gamine extraordinairement douée »… Autant de pépites ponctuant son discours, autant de diamants bruts, oserais-je dire, qui suffisent à rentabiliser l’achat du livre, tant le lecteur s’en tape le cul par terre.
Mais rassurez-vous, ma bave de crapaud n’atteindra pas la blanche colombe Nègre : il fait partie de ces gens aux goûts éclectiques, qui ne supportent pas les élitistes de la presse musicale « pointue ». On a tout de même affaire à un type qui trouve qu’Olivia Ruiz est trop « spé »… et qui pense que c’est ceux qui aiment qui ont raison. [D’un autre côté, vu que c’est ceux qui aiment qui achètent les disques… à sa place, on serait peut-être moins regardant. Peut-être même irait-on, comme lui, jusqu’à dire qu’on n’aurait pas honte d’avoir sorti La danse des canards … Ou peut-être pas.]

(C): Vincent Capman pour Paris Match

Du Bashung comme s’il en pleuvait

Pascal Nègre le sait, son livre n’est pas destiné au public de Lorie. Il sait que les gens qui le liront sont des connaisseurs, qui ne prendront jamais au sérieux un mec qui avoue aimer les pires merdes de la variété française. Or il se trouve que Nègre a eu l’occasion de travailler avec… Alain Bashung. Tout de suite, ça en jette. Le mec le plus respecté de la chanson française, LE mec, carrément on n’a plus le droit d’y toucher depuis qu’il est mort (tiens d’ailleurs, c’est moi ou en entend moins parler de Gainsbourg depuis ?). Tentez l’expérience, postez le statut Facebook suivant : « Bashung, c’est de la merde. » Vous aurez 30 commentaires indignés au minimum, « Mais enfin comment peux-tu dire une chose pareille ??!!! Insulter de la sorte un tel poète, un tel artiste !.. Sacrilège ! » [soit dit en passant, les mecs qui écoutent du rock ont beau proclamer que les religions c’est nul, ni dieu ni maître et tout l’Bronx, ils n’en sont pas moins les premiers à vouer des cultes à des icônes intouchables.] Donc, Pascal Nègre va profiter de la canonisation de l’interprète de Ma petite entreprise pour s’acheter une crédibilité rock. Il s’entendait très bien avec le saint homme, il croyait en sa musique. C’est lui qui a eu l’idée de sortir Osez Joséphine en single, lui qui a eu l’idée du clip avec le cheval blanc et la pouffe en rouge sur la piste de cirque… Du coup, rares sont les pages de Sans contrefaçon où le nom de l’icône n’est pas mentionné. Du Bashung à toutes les sauces pour faire croire qu’on a bon goût. La tactique aurait pu marcher, remarquez. Sauf que, comme d’habitude, le président d’Universal en fait des caisses ; c’est à se demander si, par le plus grand des hasards, il ne prendrait pas un peu ses lecteurs pour des cons.

Mais rassurez-vous, Bashung n’est pas la seule corde à l’arc de Pascal. Nègre, tel le professeur Slughorn de Harry Potter, s’enorgueillit de côtoyer des célébrités. Il est l’ami des artistes (oui oui, les « artistes », c’est comme ça qu’il les appelle), par exemple Johnny avec qui il fait la chouille, ou encore Mylène Farmer, la grande Mylène qui est l’une des rares artistes Universal qu’il ne tutoie pas : ils se vouvoient par jeu, c’est un vouvoiement complice. Le cas Farmer atteint son apogée à la toute fin du livre, dans les remerciements : « Merci à Mylène pour m’avoir prêté son titre. » « Mylène » tout court, pour souligner l’intimité de leur relation. Le pauvre homme, tout de même…

Passons hâtivement sur les chapitres L’affaire Hallyday (où son vieux pote Johnny, chic type au demeurant, subit l’influence néfaste d’avocats véreux et colle un procès totalement injustifié à Universal), et A quoi sert la Star Ac’ ? (ben à rien, pourquoi ?) – notons tout de même les efforts du Négro pour crédibiliser cette émission ; notons aussi que c’est lui qui a découvert la talentueuse Jenifer qui autrement se serait fait jeter par la production, comme plein d’autres vainqueurs d’ailleurs ; notons également qu’il n’est jamais fait mention de ces candidats épuisés et surcocaïnés qui finissaient par tomber des les vapes devant des hordes de journalistes lors des prime times, ni du fait que Nègre en personne venait prévenir lesdits journalistes que si l’envie leur en prenait de publier la moindre ligne sur ce qu’ils venaient de voir, ils pouvaient d’ors et déjà prendre rendez-vous chez Pôle Emploi…

Jusqu’ici, rien de bien surprenant : cet homme, comme beaucoup de gros patrons, s’évertue à dire qu’il n’est pas le monstre avide de thune, le broyeur de gentils musiciens, que le bas peuple imagine. Je vous le répète, il aime foncièrement les gens. C’est le genre à se vanter de payer des cafés à la femme de ménage, vous voyez ? Sans se rendre compte que s’il considérait vraiment la femme de ménage comme une égale, il lui paierait des cafés sans aller le clamer sur les toits. C’est agaçant ou comique, mais guère surprenant de sa part, et surtout pas très excitant. « Pascal Nègre est un gros con« , tu parles d’un scoop…

Arrive la seconde partie du livre, là où la fameuse politique de la transparence va vraiment nous être utile. Explications sur les chiffres de l’industrie du disque, la vie d’un album depuis l’enregistrement jusqu’aux bacs de la FNAC en passant par la (ô combien indispensable) promotion, qui dépense quoi et qui gagne quoi… Tableaux à l’appui, on comprend qu’un artiste dont l’album se retrouve disque d’or ne gagne, au final, guère plus que le SMIC. Nègre, sans qu’on saisisse bien pourquoi, nous dévoile les rouages souvent pas bien reluisants, d’un monde jusqu’à présent inconnu du grand public.

L’empêcheur de pirater en rond

Le piratage est le vrai thème de cet ouvrage. Forcené de l’Hadopi, reconnaissant à Sarkozy d’être le seul homme de pouvoir à s’être enfin penché sur la question de la crise du disque, l’homme Nègre affirme que depuis que la loi est entrée en vigueur, les chiffres des ventes de disques ont cessé de chuter. Voire, ont commencé à remonter la pente. Bonne nouvelle. Sauf qu’entre-temps ces fameux chiffres ont été diffusés publiquement : en baisse, forcément. C’est pas de bol ça, Négro, vu qu’en vertu de cette prétendue hausse des chiffres, le dernier chapitre est intitulé « Notre curieuse victoire ». Genre : la crise nous a affaibli, mais nous avons lutté, bravement, certains d’entre nous sont morts au combat, mais nous en sortons vainqueurs… Cette « victoire » est pour le moins « curieuse », n’est-il pas ? On appelle ça « faire un bide », je crois.
Toutefois son analyse sociologique du phénomène du téléchargement et de ses conséquences reste assez pertinente – la gratuité n’a rien de bon pour la musique, au-delà de cette histoire de déficit pour les maisons de disques : vous vous souvenez quand, ados, on allait acheter un disque avec notre maigre argent de poche ? Eh bien ce disque, on l’écoutait. On l’écoutait jusqu’à en comprendre les subtilités, on l’écoutait dans ses moindres recoins, on aimait ce disque. Quand on télécharge, on clique par vague curiosité et puis on écoute la chanson en faisant autre chose, voire on ne l’écoute pas du tout, on l’oublie… Culture du zapping, de l’immédiateté, on s’en branle mec, c’est gratos. Pour Nègre, le téléchargement a deux conséquences fâcheuses :

1) Universal (et les autres, indés compris) gagne moins d’argent, donc signe moins d’artistes, et surtout prend moins de risques en signant les artistes : il faut miser sur des valeurs sûres. Et qui dit « valeurs sûres », dit « méfions-nous de la créativité comme de la peste et du choléra réunis ». On ne signera plus de groupe innovant, car il y aurait un risque pour que le public n’adhère pas immédiatement. Et lorsque l’on signe un groupe dont le premier album ne cartonne pas tout de suite, on lui montre aimablement la porte. Aussi simple que ça.

2) Seconde conséquence du téléchargement : le désintérêt du public pour la musique. Pourtant, les chiffres nous le montrent, les gens n’ont jamais autant écouté de musique que ces dernières années ; sauf qu’ils l’écoutent avec moins d’attention. Devant une telle profusion de musique, qu’écouter ? Prenez un mec qui possède, disons, 10 CDs à tout casser. Mettez-le au milieu d’une pièce remplie de vinyles jusqu’à la gueule : il choisira d’écouter un truc qu’il connaît déjà. C’est ce que Pascal Nègre nomme la « théorie du restaurant vietnamien » : la carte des restaurants vietnamiens sérieux propose généralement une bonne centaine de plats très variés ; or, le client moyen se retrouve à commander toujours le même plat, nems, raviolis de crevette ou canard laqué (amateurs de rouleaux de printemps, merci de ne pas m’insulter dans les commentaires ; je ne vous oublie pas). C’est précisément ce qui arrive avec la musique en général, et le téléchargement gratuit en particulier : trop de choix tue le désir de découvrir de la musique.

Alors, le bon vieil œuf ou la bonne vieille poule ?

Donc : d’une part on télécharge, les labels n’ont plus une traître thune, ils signent peu et uniquement des valeurs sûres donc de la merde, et le fait [avéré] que les DA aient des goûts de chiottes n’arrange rien. D’autre part, le consommateur de musique n’est plus curieux (les gens qui ont encore soif de découvertes, faites comme les amateurs de rouleaux de printemps : abstenez-vous de commenter ; je sais bien qu’il existe des exceptions, mais là on parle de Pascal Nègre les amis, les exceptions il s’en fout, il veut faire du chiffre.)

En résumé : on n’est pas dans la merde.

Ajoutez à cela qu’un groupe (ou « artiste ») français n’a quasiment aucune chance de s’exporter… Eh ouais, vous l’ignoriez peut-être, mais Pascal Nègre le sait : du point de vue d’un étranger, les Français font de la world music. N’avez-vous jamais entendu un Amérloque, pas spécialement con par ailleurs, déplorer que bon nombre de Français chantent dans la langue de Lou Reed ? Depuis les yéyés, la musique française s’est américanisée. A l’étranger ça ne passe guère: s’ils achètent un disque français, c’est qu’ils aiment une certaine idée de la France, un certain folklore… C’est comme si on achetait l’album d’un groupe péruvien en escomptant entendre de la flûte de pan et que, posant le disque sur la platine, on avait droit à un truc qui sonne comme Manowar.

Ach so, musicien français, tu as le choix : soit tu fais du sous Mireille Mathieu, soit tu te trouves un bon job (ton big boss ne sera pas moins puant que Pascal Nègre si ça peut te consoler, si ça se trouve il ne connaîtra même pas les Dogs, groupe punk de Rouen, mais seulement Michel Fugain et son Big Bazar…), et tu fais de la musique le dimanche avec tes potes. Quel avenir pour la musique ? Cela, le PDG d’Universal ne nous le dit pas ; il nous fournit juste assez d’explications pour nous laisser imaginer le pire.

Pascal Nègre // Sans contrefaçon // Fayard
Le clip qui dit tout: http://www.youtube.com/watch?v=fatNS2bpmxs

56 commentaires

  1. Et de toutes façons on ne coince pas ses chaussures dans les coussins d’un canapé crème. Surtout quand on a marché dans la merde toute la journée.

  2. Héhé, elle me chatouillait aussi celle du nègre qui a écrit le bouquin de Nègre, mais j’ai vaillamment résisté.

    Cela dit, ne vous dispensez pas pour autant de la lecture du livre, il est bien écrit, franchement agréable et intéressant.

  3. Ouais, moyen en fait.
    Si tt le monde sera d’accord pour dire que l’industrie de la musique a foiré le passage au net, Universal autant que les autres; ta vision des maisons de disques est d’un idéalisme infantile.
    Je suis pas fan de Nègre, maintenant,en tant que dirigeant de ce type de structures, filiale mineure de grands groupes capitalistes(sa comparaison avec l’hyper de province est économiquement juste), c’est un type qui est plutôt un bon « scout », un développeur de projets solide, un bon pro dans ce qu’on lui demande de faire.
    D’ailleurs, si Universal (Vivendi donc) l’a fait monter dans sa hiérarchie mondiale, ce n’est pas que pour ses costards.
    Ce n’est pas non plus un hasard si cette major est celle qui a dû le moins licencier en France, et n’a pas besoin d’envisager une fusion pour survivre.
    (Alors que tôt ou tard, Warner et EMI…)
    Evidemment y’a beaucoup de cynisme, beaucoup de « j’en rajoute », les histoires sur les gosses de la Star Ac dans les pommes sont vraies (mais sans doute plus du fait d’Endémol, intervenant plus puissant qu’Universal Music France), mais bon, au moins Nègre par rapport à ses comparses de majors, reste un mec rigolo qui s’est fait sur les tas et connait sans doute le monde de la musique bien plus que ses collègues DG.
    Un des derniers à occuper ce genre de poste dans l’entertainment sans avoir fait d’école de commerce. Et ça, ça vaut des points.

    Vincent Guillot

  4. Bravo pour cet article Sylvia. Il a le mérite de recontextualiser de manière très synthétique et très juste le problème de l’industrie musicale. Surtout il met des mots sur ce que des personnes s’intéressant à la musique ont toujours pu penser d’un mec comme Pascal Nègre(ou d’autres types du même acabi, mais surtout Nègre qui est l’incarnation la plus médiatisée du système). Je pense qu’on peut d’ailleurs réduire la lecture de cet ouvrage au périmètre de la couverture et du titre sans trop prendre de risque sur son contenu et son style. Le problème des majors, selon moi, est essentiellement un problème de segmentation : ces gens-là (je ne suis pas expert mais bon…) ne savent clairement pas faire de marketing. Ils raisonnent exactement comme si le disque était un paquet de biscuit mais ils sont encore moins bon que Lu ou Nestlé qui eux savent segmenter et étudier la réussite de produits sur des cibles bien déterminées. Ils produisent uniquement ce qui se vend mais c’est simplement parce qu’ils ne savent pas vendre. Ce n’est vraiment plus une question de risque mais une question de savoir-faire et d’intelligence du disque et du marché qui manque à cette industrie en perdition. Quand comprendront-ils qu’une major ne doit plus représenter un groupe d’artistes définis mais bien plutôt un groupe de labels réunis à travers une cohérence stylistique ou spirituelle mais proposant des genres différents s’adressant à des publics variés. A quand une major prendra sous son aile (économique) des labels aussi variés que Tricatel, Born Bad, Tigersushi, Paneuropean, Record Makers, Vicious Circle (un peu comme le fait Beggars, avec Rough Trade notamment, à une moindre échelle) et s’occupera uniquement de ce qui l’incombe, à savoir la partie financière? Là, on verrait sans doute la musique s’exporter. Il faudrait proposer un contre-modèle coopératif pour niquer cette bande d’incompétents en réunissant musiciens, designers, bookers, techniciens et autres financiers passionnés du disque et à l’esprit aventureux et enfin arrêter de ressasser le même débat en ayant cette sensation de dégoût et de mort du système. En gros il faut se réveiller.

  5. « Pascal Nègre est un gros con », c’est le titre d’un chapitre ? Sinon, attention à l’injure publique.

    Même si honnêtement, je pense que dépeindre Pascal Nègre comme Satan c’est apporter une vision un peu trop manichéenne au bousin, c’est pas très grave. J’ai vraiment aimé lire cet article fouillé subjectif et passionné.

  6. @Matt Oï : le modèle que tu décris existe déjà depuis près de 3 ans, il s’appelle Cooperative Music, il représente entre autres dans toute l’Europe, le Japon et l’Australie Bella Union, Wichita, Moshi Moshi, City Slang, Heavenly, DFA, Kitsuné, Lex, Spinefarm ainsi que de nombreux groupes et artistes en licence directe sur leur propre label ou compagnie de management (Phoenix, Black Keys, Eels, BRMC etc…). Et devine à qui il appartient (d’un point de vue financier, s’entend) ? : Universal ! (euh… LOL ?…)
    Plus généralement, cet article, au demeurant plaisant et bien écrit, est encore une charge à peine voilée contre l' »Industrie » et son représentant le plus visible et le plus médiatique, stigmatisant une nouvelle fois la soi disant incurie de ses dirigeants et employés, pfff… Faudrait quand même voir à changer de disque des fois. Les professionnels de la musique en ont autant (voire plus) au service des médias et de tous les auto-proclamés redresseurs de torts du music business, ils ne passent par leur temps à les fustiger à longueur de colonnes éditoriales dont ils ne disposent de toute façon pas, ils ont des groupes à développer, des artistes à faire bouffer et un modèle économique à sauver… Laissez à certains d’entre eux une tribune et vous verrez que « No One Is Innocent » comme le criaient en leur temps les Pistols, un groupe magistralement « markété » par Malcolm McLaren, lui même illustre ancêtre de Pascal Nègre, quoiqu’habillé de manière un peu plus fantasque…

  7. Mwé, bof.

    C’est un peu la chasse à la galinette cendrée dernière scène que tu fais la … le problème avec ce genre de brulot – facile – c’est de s’attaquer avant tout à un homme plutot qu’à ses idées.

    C’est pourquoi je rejoins, et évite ainsi la paraphrase, le commentaire de Vincent Guillot.

    Oui, Negre n’est pas blanc comme neige. Oui Negre n’est pas un altruiste. Oui Negre est blindé de défauts. Mais donc en gros … comme nous tous, non ? Ah sauf que lui a réussi. La forcément, ca fait toute la différence, avec nous tous.

    Reste ensuite le style d’ecriture de l’article, très agréable à lire. Ce qui est souvent le cas chez Gonzai.

    See U.

  8. Cher Matthieu,

    comme souvent – quoique pas assez à mon gout – ton avis est pertinent. En l’occurence, sans parler à la place de l’auteur, il me semble que ce qui est en jeu ici c’est la prise de parole du bonhomme, le coté révisionniste sur sa propre histoire (ses débuts troubles avec NRJ, notamment) et son coté grand communiquant sur Twitter à refaire le monde devant ses sujets.
    Bien d’accord avec toi sur le fait que le coté « tous pourris » a déjà dix ans de retard, ce n’est pas forcément le fond du papier, finalement. Il y a toujours une brebis galeuse dans le groupe (c’est souvent le manager ou le batteur frustré), cela vaut aussi pour les labels.

  9. Cher Bester,
    Tu connais mon côté preux chevalier au service des opprimés du music business, je ne pouvais que réagir 🙂 Pôv’ Pascal, il va être tellement triste en lisant ça entre une réunion forecast et un rendez vous avec le management de Lara Fabian… ;))

  10. Erreur Matt De Coop : Lara Fabian vend plus que des clous et sort Best of ou album de covers. C’est donc un sbire qui se tape la réu avec la management, pas fou Pascalou…

  11. @Matt Oï: tu dis « Il faudrait proposer un contre-modèle coopératif », regarde ce que fait http://www.cd1d.com la fédération de labels indépendants (dont Vicious Circle entre autre, est à l’origine. 7 labels en 2004, plus de 200 maintenant). Des outils créer par les labels pour les labels une rémunération équitable pour les labels et artistes, une distribution sans intermédiaire du producteur à l’auditeur, une diversité musicale sans filtre et une diversité de format (cd, dvd, vinyl, livre, digital).

    @Sylvia: merci pour ce « décryptage », c’est clair que ce livre s’adresse aux connaisseurs. Pour les autres c’est plus compliquer à entendre et à comprendre.

  12. @Vincent : ne crois tu pas que c’est justement parce que Lara ne vend plus grand chose (quoique son album avec le frangin lalanne ne s’est pas si mal vendu il me semble…) que le management doit tanner Pascal pour un rdv en direct ? 🙂

  13. @Mathieu de Coop : OK, je connaissais Cooperative Music, je ne savais pas que c’était Universal à la tête mais cela corole ce que je précise dans mon commentaire à savoir la simple utilité financière de la major qui me semble être une bonne évolution. En tous cas, je comprends les personnes qui critiquent le fait de viser une major en particulier même si j’invite ces personnes à faire un tour sur le site Internet de cette même major pour comprendre la désolation : il n’y en a que pour Mylène Farmer, Nolwenn Leroy, Vanessa Paradis et les Black Eyed Peas. Bref, c’est l’enfer quoi.

  14. Sauf erreur de ma part, il ne me semble pas avoir décrit Pascal Nègre comme Satan : j’ai toujours imaginé le diable beaucoup plus sexy, et surtout beaucoup moins drôle à son insu. (Et puis, visualiser Satan allant voir des concerts de Michel Fugain avec le Big Bazar, comment dire…)

  15. C’est amusant, le titre semblait provocateur, plein de promesse, je n’ai finalement lu qu’un journaliste à la plume tellement mauvaise, la revanche gauchiste tellement poignante, qu’il n’est même pas publié chez libé, ce qui doit le frustrer et expliquer cette fougue masculine et me donnerait presque à apprécier Universal…

  16. Très bon article.
    Sa lecture m’a convaincu de ne pas acheter ce livre (que je n’avais pas avait pas envie de lire)
    mais peut-être que comme pour la musique, il faut acheter ces merdes pour que des petits jeunes puissent se faire signer par un éditeur…?

  17. Merci Meynard ; j’aime qu’on vante ma fougue masculine, ça arrive trop rarement à mon goût. Allez steup, tu veux pas me dire que j’ai une grosse bite ?

  18. Quel bon moment de lire cet article :

    « C’est comme si on achetait l’album d’un groupe péruvien en escomptant entendre de la flûte de pan et que, posant le disque sur la platine, on avait droit à un truc qui sonne comme Manowar. »

    Hilarant.

  19. Ce papier est désolant, démagogique, manichéen et visiblement écrit par quelqu’un ne connaissant rien au sujet mais qui avait envie de briller devant d’autres personnes bourrées d’idées reçues et sans légitimité aucune sur ce même sujet.

    Pascal Nègre est le directeur général de la major ayant le moins licencié d’employés, ayant su bâtir un vrai fond de catalogue, contrairement aux autres majors concurrentes même pas évoquées ici. Et c’est tout ce qu’on lui demande: gérer la boîte.

    Hadopi? c’est dans les pays où la politique anti-piratage est la plus répressive que le marché se porte le mieux. Itunes ne prend pas en France comme ailleurs, c’est expliqué dans le livre.

    On parle d’une industrie capitaliste, qui pèse peu d’argent comparées aux autres, et qui se doit de faire du profit. S’il y a quelques artistes de qualité signés, c’est déjà gagné.

    Je n’aime pas Farmer ou autres mais sans eux et leurs chiffres de vente, pas de signatures différentes possibles. Quant à Bashung, il n’a pas été rentable pendant des années et il n’est pas dit qu’une autre major ne l’aurait pas dégagé.

    Désolé pour mon franc parlé, mais je suis vraiment consterné par ce que je lis, j’ai été en majors, en indé, et Nègre est vraiment le plus intelligent de tous les DG du métier et s’il est aussi longtemps à la tête de cette boîte ce n’est pas dû au hasard.

    NB: Et voir un groupe rappelant les Stooges de 1969 et bien c’est cool mais what the fuck, si ça suffisait ça se saurait depuis longtemps!

  20. bravo, très bon article qui se substitue aisément au livre.
    Ca n’est pas parce que sur certains points (études, débrouillardise, sourir benet etc…) le Nègre est plus intéressant que d’autres dirigeants du secteur qu’on doit le féliciter pour ça.
    En tant que PDG de la maison de disque la plus puissante du monde, passer son tps à écrire sa bio pour dire les même conneries qu’à la télé est très inquiètant, triste. Combien de démos d’artistes a-t-il mis de côté pour avoir le tps d’écrire son bouquin ?
    Un tel pouvoir et une telle influence conférés par son statut devraient le placer naturellement responsable et chef de file de la lutte pour le redressement de l’industrie de la musique, au lieu de ça il produit zaz. On l’entend plus dans les journaux que dans les rapports sur les projets de loi qui touchent son secteur.
    Et comme le révèle Steve Knopper (Appetite for self-destruction : The spectacular crash of the record industry in the digital age), on se rend compte que les patrons de majors n’assument pas cette responsabilité, et sont de manière récurrente impliqués dans les vices du secteur.

    Alors jouer sur l’industrie du livre pour remplir les poches d’un patron du disque, c’est qd mm à la limite de l’indescence, et témoigne simplement de l’état d’esprit réac, tradi, et démago qui, paradoxalement, règne dans ce milieu.

  21. @undersound : si je puis me permettre une petite rectification, Zaz n’est pas produite par Universal mais par un label indépendant, Play On, distribué par Sony Music. Sa musique n’es reste pas moins intolérable… 🙂

  22. @ mathieu ( pas l’homme de la cop qui a pondu le meilleur commentaire soit dit en passant)

    il faudrait quand même dire qu’universal a dégagé pas mal de personnes au compte goutte pendant qu’EMI, sony et warner faisaient des plans sociaux. Universal, s’est même fait épinglé là dessus pour ne pas avoir encadré ça dans un plan social si je ne m’abuse
    pascal Nègre ou le vireur masqué ? ( cela étant je crois savoir qu’il a laché des beaux chèques, ce qui est la moindre des choses dans ce cas là)
    on lui demande seulement de gérer la boite ? euh ok mais il n’est pas censé vendre des couches culottes, si ? dans le temps il existait un truc qui s’appelait la direction artistique, aujourd’hui ces mecs bookent des studios et jouent à la nounou, ils n’ont plus d’autonomie. Pour la légitimité perso j’ai quelques années de major au cul et même si je n’encense pas la sacro saint indé, je n’irai pas jusqu’à défendre la politique de Nègre qui, comme tout comptable musicale ( c’est son métier), se paluche avant tout sur ses forecasts et dine en ville accroché à son blackberry.
    Tant que les types comme Nègre, (un symbole à peine déformé et caricatural du système) seront en place, on ne reviendra pas à un équilibre fondamental pour une maison de disques à savoir remettre l’artistique au centre de l’entreprise et financer du moyen/ long terme.

    cette industrie, malgré ses bénéfices astronomiques au cours des quarante dernières années, est tout simplement victime de la rapidité des flux financiers actuels. Nègre joue avec le vent et ne modifie en rien les mauvaises habitudes devenues légions en major, et là dessus il sera vraiment comptable au bout de l’histoire. Point barre

  23. Frank Riester, député UMP de Seine et Marne a tenté un amendement afin de soutenir le secteur de la production musicale car , selon lui, la situation est la suivante :

    Citation :
    « Depuis 3 ans, alors que la création de contenus migre vers l’internet, le marché français de la musique enregistrée a perdu plus de 31% de sa valeur, soit une perte de 275 millions d’euros

    On admirera le syllogisme une perte de 275 millions d’euros.

    Une diminution du chiffre d’affaire qui ne semble pas due à l’échange de fichiers sous droit.

    Finalement si Pascal Nègre raconte ce que bon lui semble, c’est qu’il ne s’émeut pas d’être contredit. Son livre n’est pas destiné à une large diffusion.

    En 2005, il y a déjà cinq ans, on avait constaté que les ventes mondiales de CD et DVD musicaux avaient moins chuté que les années précédentes.

    Apparemment, ça n’a pas duré et les ventes son plombées à nouveau. Ce qui ne change rien à la mauvaise affaire, l’offre numérique française étant si peu attractive, les éventuels client achètent quelques hits sur Itunes et dédaignent les CD.
    Bien plus pratique le Ipod, surtout que, contrairement à l’opinion générale, peu de jeunes personnes savent comment dupliquer les morceaux des CD en format mp3.

    L’offre légale sur Internet dans l’union européenne ne peut guère se développer parce que les distributeurs principaux, des sociétés multinationales, qui optimisent avec un grand succès leur fiscalité sur les bénéfices, ratissent les chalands avec des tarifs bien plus bas que l’industrie française du divertissement ne le souhaiteraient.

    Aussi, en France particulièrement, il n’y a personne qui se bouscule afin d’investir dans des plateformes de ventes de fichiers numérisés.

    Et si on croit la Hadopi capable de renverser la situation, c’est que les directions du secteur musical ne connaissent pas bien l’état de l’art et ignorent ou font semblant, cela revient au même, les tendances du marché.

  24. A la décharge de Nègre, il n’est pas DA mais DG.
    Merci aux quelques commentateurs qui le défendent, ça rétablit un peu la balance.
    Mais une question me taraude : pouvez-vous me citer un seul artiste intéressant découvert et développé par Universal France depuis 10 ans ?

  25. « Trop de choix tue le désir de découvrir de la musique ».

    Ce raisonnement me paraît singulier pour justifier votre opposition farouche au téléchargement GRATUIT, Mr Nègre. Pensez-vous vraiment que le public serait plus curieux s’il était contraint de payer ses « découvertes » face à ce choix pléthorique ? Personnellement j’aurais tendance à penser le contraire …

  26. Ce raisonnement est pourtant d’une logique implacable. « Trop de choix », qu’ils soient gratuits ou payants, tuent l’envie. On ne désire que ce qui est rare, c’est dans la nature humaine.

    Les artistes cités, (Emilie Simon, Alister, Hocus Pocus, Feist, , Emilie Loizeau, Bojan Z, Booba, j’aurais pu ajouter les come-back de Daniel Darc, Polnareff, Christophe, dont Universal est l’instigateur) ne me paraissent pas être spécialement nuls mais ils sont certainement bien au-dessous du talent de Mademoiselle Sylvia Hanschneckenbühl!

  27. Pour info Christophe s’est barré de chez Universal cette année, et sans qu’on puisse trop s’avancer, pour certaines des raisons évoquées dans l’article.

  28. Quelques exemples non exhaustifs mais volontairement choisis:
    ALISTER c’est pas dégueu mais aura-t-il le temps de s’installer (voir ci-dessous)
    KATERINE soutenu depuis 15 ans surtout quand il vendait que dalle
    TAHA toujours là
    c’est vrai que ces 3 là sont chez BARCLAY, label le moins pire d’universel
    par contre:
    Frédéric LO (en solo) viré y’a 10 piges
    Daniel DARC viré
    TANGER viré
    Alex ROSSI viré y’a 10 piges aussi
    tous chez Mercury à l’époque…

  29. @Mathieu de Coop

    je cite
    « comme le criaient en leur temps les Pistols, un groupe magistralement « markété » par Malcolm McLaren, lui même illustre ancêtre de Pascal Nègre »

    je trouve le raccourci rapide…

    Malcolm McLaren était un situationniste, il est vrai qu’il a marketé son groupe, mais je suis convaincu que sa principale motivation et ce qui le faisait « jouir » c’était de foutre la merde même si il n’était pas contre se faire de l’argent

    dans tous les cas je ne crois pas que Pascal Nègre ait eu un jour comme ambition de mettre le bordel

    bref un raccourci facile mais guère surprenant de la part d’un intervenant dans une maison de disque
    quoi que tu puisses défendre à juste titre ton bifteck, la meilleure des façons c’est encore de jouer cette fameuse carte de la transparence évoqué un peu plus haut

    on est d’accord tous les types en maison de disques ou de major ne sont pas des abrutis finis mais une part d’entre eux le sont effectivement
    c’est pas que moi qui le dit, ou même des gens extérieurs à l’industrie, CF une récente charge en règle de JB Wizzz dans Vice

    et à mon niveau, ayant été un jour (pendant peu de temps) stagiaire dans un label rattaché à Universal, ça ne m’a pas du tout envi de bosser dans ce milieu, ils n’avaient pas le feux sacré et se prenaient très au sérieux, ça m’a même assez dégouté, peut être que j’étais nul, ou que je suis mal tombé

    évidemment ce n’est pas une généralité, et peut être qu’une exception, mais on ne peut pas non plus l’occulter

    enfin bref, cher Mathieu de Coop

    combien as tu acheté de disques sorti cette année?
    combien as tu payé de place pour des concerts?

    voilà de bonnes questions
    et on devrait poser les mêmes à ce cher Pascal Nègre

  30. Un *chanteur* français qui s’exporte mal, ok.
    Un *musicien* français, désolé mais pas d’accord 🙂
    Musique n’est pas nécessairement chanson et voix. Et en matière de musique « instrumentale » (au hasard le Jazz, l’électro, etc.), les français s’exportent aussi bien que n’importe qui 🙂

    Alors évidemment, si on parle de JJ Goldman…

  31. L’ajout de commentaires a été désactivé pour cette vidéo.

    C’est tellement dommage, le droit de réponse chez Universal n’existe pas sur la toile. Je vais essayer de leur envoyer un texto.

    Merci pour cet article (et merci à écrans.fr de vous avoir linké). Et à Mylène aussi.

  32. @ Alexandre
    Désolé, j’avais un peu lâché ces commentaires et je viens à l’instant de voir le tien.
    Concernant Malcolm McLaren, je ne saurais te dire la motivation de ce dernier lorsqu’il a produit les Pistols, je n’étais pas là. Ce que je peux te dire en revanche pour avoir travaillé avec lui en 1999 à l’occasion de la réédition de son fameux projet archéo-hiphop « Buffalo Gals » par Virgin, c’est qu’il ne crachait pas sur le blé, les petits hôtels de St Germain à 1000 francs la nuit et les dîners au Costes aux frais de sa maison de disques… A ce compte là, le Situationnisme a bon dos…
    Quant au nombre d’albums que j’ai acheté cette année, je le situerais autour de 5/7, tous en vinyle car je suis collectionneur. La plupart ont été acheté en direct sur les stands des groupes que j’ai été voir en concert (certains étaient même des groupes sur lesquels je travaille et dont je disposais déjà du son en CD ou en digital car j’ai gardé cette tradition d’acheter aux groupes que j’aime pour les soutenir à mon petit niveau de fan).
    Quant aux concerts, effectivement je n’ai dû acheter ma place cette année que pour Pavement au Zénith (j’aurais pu l’avoir gratuitement mais je me suis dit que s’il n’y en avait qu’une à acheter en 2010, c’était celle là…). Cela dit, j’ai assisté à plus de 150 concerts cette année (à la louche), dont au moins la moitié étaient des concerts d’artistes sur lesquels je ne travaille pas.
    A ma décharge, je te pose une autre question : Les plombiers paient ils leurs robinets ?…
    Bien à toi.

  33. @Mathieu

    payer une fois par an un concert? c’est à peu près le nombre de fois que je ne paye pas l’entrée quand elle est payante
    j’exagère
    mais je dois payer 75% du temps mes places de concerts, je sais donc ce que ça représente de mettre 25€ pour voir un groupe qui fait le minimum syndical…

    tu achètes 5-7 disques par ans? sérieusement? purée, c’est ce que j’achète en un mois rien qu’en nouveauté, on te file tout le reste ou tu le télécharges?

    je cherche pas à jouer à « qui a la plus grosse » mais je crois vraiment que pour vendre des disques faut sois même être « convaincu du produits » et peut être comprendre les motivations des acheteurs potentiels, en gros des types comme moi pour qui cela compte quand un nouvel album sort et qu’il peut enfin se le procurer et le mettre sur la platine

    et puis payer ça permet d’avoir un « vrai » avis sur les choses, quand tout est gratuit, c’est tellement plus difficile d’être honnête et de ne pas tomber dans le copinage et cie

    bref achète toi des disques sur ton argent, redécouvre ce plaisir que d’attendre une sortie, aller toute les semaines chez un disquaire pour guetter le moment où le précieux objet va arriver, c’est ça moi que j’aime, c’est ça que j’ai envi de défendre

    en tout cas je sais un truc, moi et Pascal Nègre on a pas la même vision de la musique, et ça tombe bien parce que j’ai pas du tout envi d’acheter des disques universal en général (sauf qq rééditions)

  34. @Alexandre
    Je comprends ton point de vue mais je me permets d’en douter pour mon cas personnel. Il se trouve que je travaille en maison de disques depuis près de 15 ans et qu’effectivement, mon réseau me permet de recevoir à peu près tout ce que je veux écouter gratuitement. Cela ne m’empêche pas de prendre toujours un immense plaisir à mettre sur ma platine un nouvel album attendu de longue date, une nouveauté excitante ou encore aller voir ou revoir en concert un groupe dont je suis fan. L’idée qu’il faudrait impérativement payer sa musique pour avoir un « vrai avis sur les choses » me semble un peu erronée, en tout cas pour ce qui concerne les professionnels de la musique. L’amour de la musique n’est pas une psychanalyse…
    Pour ma part, la première chose que je fais chaque matin en arrivant au bureau est de mettre un disque et la dernière est d’éteindre la chaîne.
    Quant à savoir qui a « la plus grosse », pour ce que j’en ai entendu dire dans le métier, il parait que c’est Pascal Nègre…
    Bien courtoisement.

  35. Tres drole,jai travaille avec Pascalou et vraiment n importe quoi…la fin CD Pascalou prepare ca depuis des annees 25 ans au moins…imaginez plus de supports plastiques, sacrees economies…Le roi de l enfumage!

  36. J oubliais recrutement entre mafia G et incompetents pistonnes qui ne connaisent rien a l a Zic…sans parler de l organisation foireuse comme ca l est sur que personne va lui piquer sa place…Des nuls qui produisent de la merde academique! Vive le concept plutot que fe faire de la qualite habituons le public a la merdedes tout petit et il en redemandera…allez courage cest la vie Pascalou est juste dans la lignee…

  37. Sans contre facon Pascal Negre est un gros Con! pathetique les merdes qu il ose sortir…musique francaise musique de merde…Marketing de folle…aucun respect des artistes…contracts d escrocs etc…
    attitude immonde… J espere qu il sera virer un jour comme il a virer tellement d artistes de maniere repugnante…sans compter ses petites manipulations ses mensonges qui sont legions…je comprends les trauma de l enfance chez ce messieur et la revanche mais lui n a paS vu la lumiere la bonte et reigne comme le maitre des salopards…de toute facon il a aucun gout donc irrecuperable…

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