Avec des paroles en lien direct avec la culture de leur pays et une esthétique post-punk bien ficelée, Hotel Lux montre que le punk anglais peut s’extirper des tendances avec un propos original.

Il faut, pour comprendre Hotel Lux, éclaircir plusieurs points spécifiques à ce pays où les poissons frits et les courses de chevaux sont des emblèmes de la classe populaire. Originaire de Portsmouth mais désormais installé à Londres, Hotel Lux est depuis 2017 dans l’ombre de ceux qu’on veut bien nous mettre en avant (Idles, Shame, Fontaines D.C.) alors qu’il a le potentiel pour leur mettre une sacré branlée. Influencé par des réalisateurs comme Alan Clarke (aux manettes du génial Made in Britain) and Ken Loach (pas besoin de vous le présenter), ces jeunes gens veulent documenter « la façon dont les pauvres sont traités dans ce pays » et prennent un malin plaisir à critiquer les habitudes des britanniques, comme sur le dernier morceau en date, English Disease.

Au pub avec une Stella Artois

Les Anglais passent au crible les passe-temps (course de chevaux), les soirées dans les pubs à boire de la Stella Artois en parlant de Sartre et de Danny Dyer (un acteur moqué devenu tête de turc à juste titre pour avoir fait des émissions sur les rivalités dans le foot) et la manière de vivre (rentrer de soirée à 11h après avoir dépense 70 livres pour regarder l’équivalent de Jour du Foot à la télévision). En une seule chanson, Hotel Lux synthétise toute l’Angleterre.

Avant cette lettre d’amour à sa patrie, Hotel Lux avait sorti en 2017 un hymne mystique à Albert Pierrepoint, l’un des derniers exécuteurs officiels au Royaume-Uni. Baptisée The Last Hangman, la chanson retrace le parcours de cet homme qui a tué plus de 400 personnes avant de retour dans sa ville gérer un pub (Albert aurait, par exemple, pendu son meilleur ami sans le savoir). Après un morceau sur un tranche-tête, Hotel Lux s’est ensuite attaqué à un autre type de bourreau : un pédophile, sur la chanson Daddy. Autant dire que ça change des histoires d’amour à la con ou des nuits de défonce à la con aussi. Pour la vidéo, le groupe voulait un mixte entre Alan Clarke dans Scum (un drame policier de 1980) et Shane Meadows (This is England) avec un zeste d’Orange Mécanique.

Avec une poignée de chansons par-ci par-là, Hotel Lux devra confirmer les attentes avec un premier EP ou un album, des tournées, de la promotion et tout le touin-touin habituel pour qu’ils arrivent jusqu’à vos oreilles. Mais quitte à surfer sur la vague post-punk du moment, autant partir slammer pendant  l’un de leurs concerts. Hotel Lux saves the Queen.

5 commentaires

  1. ‘idles’ de la merde en barre je sais pas combien de carats, blah, blah, NOT CARES!, dixit peuêtre la mascotte perçé de zaï, vu cette nuit sur c8,

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