(C) Caroline Ruffault

Gwendoline, ce sont deux Bretons, un peu perdus, qui cherchent derrière une désinvolture feinte, un peu de sens. Dans un message hautement subversif en ces temps macronistes et en hommage aux slackers et aux glandeurs, ils vous donnent rendez-vous au bar du coin pour picoler toute la journée, raconter des conneries entre potes et accessoirement regarder le monde s’écrouler.

L’interview aurait pu très mal commencer, à l’aune des paroles de Gwendoline et du nombre de bières avalées par Mikael en attendant son concert avec Lesneu pour la Route du Rock. Mikael, l’un des deux membres de ce groupe au nom de fille sans fille est aussi le guitariste de Lesneu qui joue ce jour-là sur une plage des bords de Rance. Un petit air de Ian Curtis avec son corps longiligne et ses cheveux bruns en bataille, il traine son spleen dans un t-shirt Mourir à Brest.

C’est le seul créneau pour rencontrer Gwendoline, j’assiste donc à ce concert un peu dystopique. Nous sommes en plein air et les malheureux festivaliers, masqués et encerclés par du rubalise , sont tous surveillés par deux vigiles qui patrouillent. Après le concert, Pierre, le deuxième membre de Gwendoline nous rejoint pour l’interview.

Gwendoline, c’est une fille que vous connaissiez ?

Non (blanc). On avait déjà un groupe avec un nom de fille et on a repris l’idée.

C’est quoi l’histoire de Gwendoline?

Pierre : On fait de la musique ensemble depuis plus de dix ans. Tous nos groupes se sont séparés et je suis parti en cuisine. Mikael lui a continué la musique et on s’est retrouvé un été avec l’idée de faire une musique qui nous fait marrer, un truc cool , bien cold quand même et qui nous permet de déboiter tout ce qui nous énerve.

Vous deviez jouer aux Transmusicales de Rennes l’année dernière. Ce n’était pas une trop grosse déception?

Mikael : On l’a fait à la téloche! C’était marrant, c’était la première fois et on va y jouer cet hiver.

(C) Caroline Ruffault

Nous sommes entrés dans une guerre de l’imaginaire, on est en train de créer les dystopies imaginés au 20ème siècle. Votre univers est aussi très pessimiste et noir, comment vous imaginez le futur?

Mikael : Moi je n’arrive pas à l’imaginer.

Pierre: Un peu no future quand même.

Mikael : C’est dur de se dire qu’il y a un avenir, c’est aussi essayer de ne pas se voiler la face. C’est cool de voir qu’il y a des beaux moments. Là on est au bord d’une plage, c’est trop beau mais à côté de ça c’est de la merde.

Pierre : Il n’y a pas beaucoup de gens optimistes dans notre entourage. Gwendoline c’est ça, c’est parler de tout ce qui nous rend malheureux, mais d’une manière qui nous fait rire.

Faire de la musique, c’est thérapeutique, c’est moins cher que le psy?

Mikael : Il y a beaucoup de ça!

Il y a une idéologie prolétaire dans vos textes, les chèques vacances, le PMU, la mobylette, etc. Pourtant le clip Audi RTT est un clip participatif, ce n’est pas une démarche bourgeoise, faire travailler les autres à sa place?

Mikael : On est tous plein de contradictions.

Pierre : L’idée c’est que Gwendoline appartienne à tout le monde, même si au final on a reçu surtout des vidéos de potes. C’est mieux que de voir nos gueules dans le clip.

Toutes les infos sur Gwendoline sur leur Facebook officiel. Le duo sera en concert le jeudi 2 décembre au Hall 3 aux Trans Musicales.

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