Après avoir crée à la fin des années 70 le son de la « Hi-NRG » à lui tout seul, l’Américain Patrick Cowley, décédé du SIDA en 1982, a pour la cinquième fois droit aux hommages posthumes grâce au label Dark Entries. Peut-être la fois de trop.

Imaginez la situation : vous avez réussi vos obsèques. Certes, vous êtes parti trop tôt, victime du SIDA dans une époque où la maladie touche en priorité la communauté homosexuelle. Mais vous avez eu le temps de composer/arranger deux tubes pour Sylvester (You Make Me Feel (Mighty Real) et Do you wanna funk).

Et puis le temps a fait le reste. Après votre mort, l’exigent et pointu label Dark Entries a tenté – avec succès – de vous réhabiliter au début des années 2010 grâce à quatre rééditions, dont le majestueux « School Daze », où l’on trouve d’ailleurs le titre Zygote, parangon de la disco frénétique expérimentale à côté de laquelle même les productions de Moroder avec Pete Bellotte sonnent toute riquiqui.

Et c’est ainsi qu’on en arrive au drame qui nous habite : après avoir réussi brillamment vos obsèques, donc, voici que le très fidèle Dark Entries propose une cinquième résurrection nommée « Mechanical Fantasy Box », collection de 13 chansons inédites et composées en 1973 et 1980, soit le temps où vous œuvriez dans l’ombre, quelque part entre les laboratoires expérimentaux pour synthétiseurs et les studios de films de cul pour garçons tous nus. C’est peu dire qu’après « Afternooners », édité en 2017 », ce nouveau gros paquet post-mortem rate un peu le coche et donne l’impression d’essorer une machine pourtant à sec. Les chansons de « Mechanical Fantasy Box », si elles ont le mérite de dévoiler les esquisses de Cowley du temps où il n’avait pas encore croisé la route de Sylvester à San Fran Francisco, pédalent toutes dans le vide. Rien de plus que de la musique au kilomètre qui, aussi innovante soit-elle pour l’époque, peine véritablement à rentrer dans la tête de l’auditeur (exception faite de Right here, right now, seul titre à oser le 130 BPM)

Plus Library que vraiment disco, l’ensemble, sans être pénible, n’est pas indispensable à ceux possédant déjà le reste de l’œuvre cowleyienne. On aura pourtant du mal à accuser Dark Entries d’opportunisme commercial ; l’intégralité des gains du disque étant reversé à une association de San Francisco luttant contre le SIDA – qui contrairement aux dires de Donaled Trump n’est pas encore éradiqué. Disons, en synthèse, qu’on a peut-être enfin touché le fond du puits Patrick. Laissons désormais son corps tressauter en paix.

Patrick Cowley // Mechanical Fantasy Box  // Sortie le 19 octobre chez Dark Entries.

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