(Los) Chicros n’est pas un groupe de punk argentin à castagnette destroy qui tente

(Los) Chicros n’est pas un groupe de punk argentin à castagnette destroy qui tenterait un vuelto (come back, en français dans le texte) après quinze années de purgatoire à errer avec le bombo leguero sous le bras dans les rues de Bueno Aires. Le nom prête certes à confusion, mais là s’arrête toute ressemblance, à priori fortuite, avec un groupe de pop à barbes existant ou ayant existé quelque part dans les Andes. Les Chicros (Faire la liaison pour ne pas postillonner) sont Parisiens comme vous et moi. Enfin surtout comme moi en fait.

Leur musique oscille avec talent entre un sens de l’écriture quasi parfait et une richesse instrumentale à faire pâlir les plus grands songwriters à barbes de la planète ; de Neil Young à Granddady en passant par Syd Matters, les Boo Radleys et Demis Roussos. Cherchez l’erreur(s).

Leur nouvel album, intitulé Radiotransmission, est un zapping radio fictif conceptuel, brillant, tant sur la forme que sur le fond, qui revisite en 19 chansons et 36 minutes, montre au poignet, tous les standards et les genres musicaux de la bande FM en les embrassant  affectueusement sur la bouche, la langue bien calée au fond du palais et la main posée avec nonchalance sur le popotin. Interview.

Radiotransmission est un album hommage à la  bande FM. Ca vous fait quoi de savoir que vos morceaux, aussi bons soient-ils, ne passeront jamais la barrière formatée des programmateurs de la bande FM ?

Ah, ah : bonne question. Mais il faut ne pas oublier qu’il y a radio et RADIO. C’est à dire que 80% des parts d’audience sont trustées par ces radios : RTL, Europe 1, Nrj, Nostalgie, Skyrock et France Info. Est-ce que nos idoles, Pavement, Boo Radleys, Dion ou même Neil Young y sont programmées ? Pas de surprises et pas de regrets de ce côté là donc. Mais par exemple, à notre grande surprise, What’s New Today On Tv? est en playlist sur Nova, FIP, le réseau Férarock et est passée sur France Inter, Oui Fm, Virgin 17, RTL 2 … Ceci dit, on est bien conscient de ce qu’on est : ce n’est pas en s’appelant Chicros, en chantant en Anglais et en s’enregistrant au 4-pistes avec de la reverb à bande sur quasiment tous les instruments qu’on va faire de l’ombre à Renan Luce. On lui laisse tous les Zéniths de France contre des concerts en clubs au Japon, en Allemagne, Espagne etc…

La majorité des titres de Radiotransmission ont été enregistrés à la maison sur un magnétophone 4-pistes avec des instruments vintage comme on dit quand on veut se la péter un peu. Parlez-nous de votre façon de composer, de travailler ? Qui fait quoi au sein du groupe ?

L’influence du matos vintage sur notre façon de composer est simple : on part en brocante, on trouve des trucs pas chers, on les achète, on les ramène chez nous, on les essaie. En les essayant, on trouve souvent des nouvelles idées liées à ces sons nouveaux pour nous. Alors on maquette très vite (avant de perdre l’idée ou le bon réglage), on réfléchit à comment arranger le morceau au mieux puis on amène tout ça en studio pour le refaire au propre. Sauf sur Radiotransmission, où l’on a refait en studio que trois ou quatre chansons. Pour les autres, enregistrées au 4-pistes et à la maison, on a publié les versions primales, quand les chansons sont encore un peu neuves et spontanées. Ensuite évidemment on les a arrangées, et on s’est pris la tête à les mixer (enfin surtout Phil) pour que Radiotransmission sonne comme un vrai disque, pas juste un truc pour fan hardcore de lo-fi. On semble y être arrivé d’ailleurs, puisque très peu de gens parviennent à distinguer les chansons enregistrées à la maison de celles qu’on a faites en studio.

Vous composez aussi beaucoup pour le cinéma et la télévision, c’est une volonté délibérée ou un hasard de circonstance ? Ou les deux ?

Et bien c’est en effet un hasard de circonstance : Back in the wild pour la série Grey’s Anatomy et le film Hello, Goodbye, ou encore des demandes particulières comme faire 20 minutes de musique house/psychédélique à la demande de Nicolas Klotz pour son film La Question Humaine, tous sont venus nous chercher.

Pour la sortie de votre EP What’s new today on TV ? (l’année dernière), vous avez fait gagner, grâce à des tickets d’or disséminés dans ce 45 tours, des concerts acoustiques en appartement aux chanceux qui ont trouvé le graal dans le vinyle. Parlez-nous de cette idée et de cette expérience qui est en train de devenir une vraie tendance  de fond ? (le retour des troubadours…)

On a fait ça comme ça sans trop se poser de questions. Effectivement, ça devient une ‘tendance’, et ça nous ennuie un peu, pas parce que du coup notre truc du ticket d’or semble moins original, mais pour deux raisons : D’abord parce que, même si les concerts ticket d’or sont toujours une expérience géniale pour nous, j’ai peur que malgré nous, on contribue à rendre le public très blasé, que parce qu’on a donné un concert chez eux, la simple écoute d’un disque ne suffira plus à les faire vibrer. J’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de gens qui discutent pendant les concerts, de gens qui ne se sont jamais de leur vie assis pour écouter une chanson en entier sans faire autre chose en même temps… Peut-être parce que la musique est maintenant tellement partout tout le temps, gratuite et dévaluée… L’autre raison, c’est ce truc de ‘troubadours’, ça nous fait chier. On est les premiers à penser que si une chanson est vraiment bien, elle restera bien en acoustique avec peu d’instruments. Mais quand même, ça, ça va bien cinq minutes, il faut avoir un peu d’ambition artistique, utiliser l’outil qu’est le studio, faire des choix de production et d’arrangements. On dit que la vie se résume aux choix qu’on fait, eh bien c’est encore plus vrai pour un groupe. Entre un enregistrement quatre pistes à la maison et une surproduction gonflée artificiellement au compresseur digital, il y a un juste milieu, et c’est précisément là qu’on a essayé d’aller avec Radiotransmission.

Vos influences musicales, celles qui vous ont profondément marquées ? Les autres, celles qui vous font profondément baillées ?

Quand on a créé notre page myspace on a fait une liste de nos influences qui reste d’actualité: les Kinks, Robert Wyatt, les Who, les mp3 qu’on t’a filé, restent des influences majeures. Pour Radiotransmission on pourrait rajouter les Soft Boys, les Turtles et Ween. En ce qui concerne nos contre influences, les trucs qui nous ont donné envie de faire de la musique en réaction, eh bien justement la radio nous en donne des exemples tous les jours. Dans les années 80 il y avait de la merde sur toutes les radios, et aujourd’hui beaucoup de gens sont nostalgiques des sons de merde avec lesquels ils ont grandi, c’est pathétique. C’est une des raisons pour lesquelles notre album est un zapping sur une bande FM fantasmagorique où il n’y aurait que de la bonne musique.

Vos projets à court et moyen terme ?

Se décider sur quelles chansons maquettées on va s’arrêter pour le prochain album. Avec les Chicros, on est deux compositeurs plutôt prolixes, donc on a toujours plein de chansons en stock. On a déjà le concept, les chansons… En revanche on n’est pas d’accord sur le titre. Et on hésite pour la prod : est-ce qu’on le produit à nouveau nous-mêmes ou est-ce qu’on fait appel à une producteur chevronné?

Ecouter la playlist idéale des Chicros, c’est ici.

www.myspace.com/loschicros

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