Enfin si : après 4 albums et autant de musiciens usés jusqu’à la jante, le leader d’ANO revient sous une nouvelle identité, Sphaèros, pour un album (« Possession ») qui ne dénoterait pourtant pas dans la discographie du groupe, débutée officiellement en 2008. Un autre siècle en somme, avec sous les pieds du leader Davis un paquet de rockeurs enterrés.

A quoi s’attendre quand on ne s’attend plus à rien ? C’est en ces terme que se pose l’équation « Possession », nom du premier album d’un homme pourtant là depuis des lustres (30 ans, à en lire la bio). Avec une « carrière » (et l’on met des gros guillemets) débutée voilà 3 décennies, à une époque où Lemmy était encore en vie, où les Strokes n’étaient même pas encore un groupe et où Kevin Parker n’avait même pas encore déroulé la première bandelette de sa statue momifiée, David Sphaèros parcourait déjà le monde comme aux temps anciens, dans les années 60, quand Pink Floyd, Gong et tant d’autres cherchaient l’inspiration et le kif en Turquie, au Maroc ou dans d’autres contrées exotiques. Certains l’ont donc vu jouer à Stonehnenge, d’autres sur la cime de montagnes magiques et les retardataires à Paris pour son premier album ; c’était en 2008.

On doit ici saluer la fidélité du label Pan European car, douze ans plus tard, Aqua Nebula Oscillator est toujours là ; certes sous un autre nom, mais si le nombre d’adorateurs n’a pas grandi – ce serait même plutôt l’inverse – c’est encore sur le label de Flavien Berger, jadis réputé en psychédéliqueries, que Sphaèros publie son premier album solo avec un hommage sans doute inconscient à Dr John sur la pochette. Premier album solo, vraiment ? La légende raconte que David a usé plus de musiciens dans sa cave que Hannibal Lecter de victimes non consentantes – et pour cela, il suffit de compter le nombre de musiciens barrés sur la fiche Discogs du groupe, dont la chanteuse Shazzula dont les livres d’histoire se rappelleront surement.

Bref, « Possession » sort aujourd’hui dans un monde qui a changé. D’abord, les fans de ce genre musical – le psychédélique ésotérique pour résumer – sont moins nombreux qu’hier. Ensuite, le terme psychédélique ne signifie plus rien depuis la popularisation des Black Angels. Mais tout cela rend paradoxalement l’écoute de cet album visiblement concept (7 chansons pour 7 clips qu’on n’a pas regardé jusqu’au bout, pour être honnête) à la fois désuète (qui veut encore entendre des râles de plaisirs féminins sur des nappes de farfisa ?) et somme toute assez plaisante. Il se dégage de ce disque non identifié de vrais moments hippie, avec flutes et tambours, comme aux plus belles heures du « More » de Pink Floyd pour Barbet Schroeder.

Voilà donc un album qui, à défaut de faire se relever la nuit, pourrait bien tenir en éveil ceux qui ont du mal à s’endormir avec les gamineries électriques des rockeurs trois fois plus jeunes que David Sphaèros. Un disque à l’ancienne donc, à regarder comme le dernier des vaisseaux du dernier des Mohicans, section lutherie chelou. Pas sûr qu’il y ait de la place pour tout le monde, l’embarcation spatiale est petite. PS/ prévoir à manger, le voyage risque d’être long.

9 commentaires

  1. David t’a vé pas besoin d’être dans c pages & de plus avec ce sale boss, tu les vends sur ton bandcamp ! pas besoin de faux culs pour toi!

  2. Eudeuline va surement nous pondre un papier sur ce monument du Goth,
    Quand on voit l’état de la nation Rock, tout ces mômes qui ont plongé et consomment ces albums d’inspiration 70’s aux psychédélisme soi disant noir, rappelant plus le grand guignol de Black Sabbath que les délires de Kenneth Angers…
    Qui aurait cru que ces milliers de disques cramé par trop de trip dégueulasse et adoubé en leurs temps par Manoeuvre allaient faire genre…??!!??
    C’est bien les meilleurs qui partent en premiers

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