Dur à casser ou à cuir, « Je suis une île » est à l’image de Maud Nadal, musicienne insaisissable à la manœuvre derrière ce premier album qui permettra aux fans de Björk et Christophe de se réconcilier pendant au moins 43 minutes. Comme il s’agit d’une jeune artiste, ça ne vous intéresse peut-être pas, mais on tenté, autour d’une tasse de café, de casser la coquille.

Pour qui l’a déjà vu sur scène aux côtés de Melody’s Echo Chamber, Lescop, Marietta ou Moodoid, Halo Maud dispose de ce super pouvoir peu fréquent dans la musique indie : un magnétisme. Impossible de la lâcher du regard, elle hypnotise, fait le vide autour d’elle, c’est un trou noir impénétrable. C’est comme ça ; on l’a ou on l’a pas. Halo Maud, elle l’a. Et ce pouvoir d’attraction, physique, on le retrouve autant sur les photos presse qui accompagnent « Je suis une île » que dans ces chansons gazeuses pas vraiment financées par Coca Cola et chantées loin du micro par une multi-instrumentiste à la fois lointaine et proche. Dire qu’elle possède le charme de l’horizon, c’est peu dire ; Halo Maud n’a pas vocation à devenir l’artiste « next door » prête à tout pour une soirée pyjama avec l’auditeur qui, de toute façon, ne veut plus coucher avec qui que ce soit.
C’est peut-être ça, d’ailleurs, qui dans un premier temps l’a perdu. Après avoir été repérée par La Souterraine, Maud use gentiment ses nerfs à frapper à la porte des labels français. Les lettres de refus se suivent, toutes semblables : « c’est bien mais c’est pas pour nous », « j’écouterai ça chez moi, mais je ne sais pas à qui ca s’adresse ». Jusqu’à, dixit Maud, la plus magique : « merci de faire de la musique lettrée ». Ce qui, évidemment, ne veut absolument rien dire.

Maudd

Les chansons d’Halo Maud, elles non plus, ne veulent rien dire ; leur vérité est ailleurs. Il suffit d’écouter Du pouvoir/Power pour s’en rendre compte ; elle chante dans une espèce d’Esperanto elfique, un peu comme Christine & The Queens quand celle-ci baragouine en Anglais du faux Michael Jackson avec un dictionnaire dans la bouche[1], mais en plus vaporeux. Björk française, alors ? C’est pas moi qui l’ai dit… mais ça fait longtemps que la comparaison avec l’Islandaise n’aide plus à signer en France. « Quand le milieu de la musique veut pas de toi, ça te force à te blinder » dit-elle, avec cette distance charmeuse qui la caractérise. Alors, persuadée qu’elle possède néanmoins une carte à jouer, Maud envoie une bouteille à la mer. Trente-trois kilomètres plus loin, elle débarque en Angleterre. Et trouve une place dans la maison de Baxter Dury, Saint Etienne et King Gizzard & The Lizard Wizard : c’est Heavenly Recordings.

Overseas telegram

Des artistes français(e)s qui signent de l’autre côté de la Manche, on n’en connaît pas des tonnes. La majorité se prennent les pieds dans le tapis au premier concert sous-payé à Londres, tous ou presque sont la risée des Anglais qui croient avoir tout inventé. Bref, Halo Maud signée chez Heavenly, mine de rien, c’est une petite première pour la génération des musiciens révélés par La Souterraine. L’histoire de cette expatriation ? : « Parce que j’ai cherché un label en France et que je n’ai pas trouvé ; donc j’ai été voir ailleurs si j’y étais. Donc les chansons se retrouvées via un contact sur le bureau de deux labels anglais : Bella Union et Heavenly ». Bonne pioche. « Ca m’a fait du bien de bosser avec des gens qui comprenaient là où je voulais en venir, même sans parler Français. Là au moins j’avais l’assurance d’être présentée d’une façon qui me satisfaisait ». Comprendre : sans avoir à faire trois posts par jour sur Instagram ou à se taper des premières parties dans des versions rabotées au minimum syndical. « Chez Heavenly, ils m’ont demandé une seule chose : virer une sorte de cri, dans une langue inventée, au début du morceau Wherever. Ca sonnait trop freaky selon eux, j’ai accepté. Comme c’était un peu le ‘’single’’ de l’album, ça faisait sens ». Oui bon, on dit « single », mais on n’est pas dans la grande fabrique à tubes automatisés de chez Beyoncé ; mais cela suffira pour éviter de se retrouver avec son nom en tout petit et en bas d’une affiche de concert de Clara Luciani.

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Parfum d’histoires

Biberonnée depuis ses 15 ans au grand écart, de Blonde Redhead à PJ Harvey en passant par Fred Frith (cofondateur du groupe Henry Cow), Maud Nadal a appris, avec l’âge, à se discipliner. Devenir écoutable par le plus grand monde sans jamais se renier, sacré défi. Sur « Je suis une île », il y a donc des nappes gazeuses à la Christophe – avec qui elle a bossé sur « Les vestiges du chaos », des guitares noise, « des explorations » pour la citer ; bref, un voyage vers une destination inconnue, et qu’on atteindra, en tant qu’auditeur, jamais. N’est-ce pas ça, en fait, le propre d’un disque ?

Sur le sien on retrouve les contributions de Ô, Julien Gasc et Benjamin Glibert d’Aquaserge, Ricky Hollywood. Voilà pour les faits. Pour le storytelling, il y a le père de Maud, pasteur de profession, qui l’a baigné à l’adolescence dans le mystique et les croyances. « Mais bon, je ne pense pas à Dieu quand je compose ». Non, évidemment. La vraie magie, pour Maud, c’est la naissance des chansons. Comment viennent-elles ? Et comment deux accords trouvent-ils le chemin l’un vers l’autre ? On n’aura pas la réponse, et c’est peut-être justement cette énigme qui permet à Halo Maud de continuer à intriguer. « Je crois que je ne sais pas raconter des histoires, ce qui m’intéresse c’est de trouver un angle pour décrire des émotions ». Œuf dur à casser, peut-être, mais de ce point de vue, son premier album ne tombe pas à plat.

Halo Maud // Je suis une île // Heavenly
https://www.facebook.com/allomaud/

[1] On y va un peu avec la truelle mais Damn dis moi reste un excellent tube d’été.

6 commentaires

  1. DE LA MERDE EN BARRE 78 CARATS ,,ROBI LA FEMME HALO MAUD ,MELODY’S ECHO CHAMBER ,LA FELINE ET CONSORTS ,DES FEMELLES ULTRA CHICHITEUSE QUI JOUE DU CLAVIER AVEC DEUX DOIGTS ET QUI FONT UNE MUSIQUE ULTRA INSIPIDE ET Lyophilisé,TOUTE DES Pistonné SANS TALENT AUCUN ,il y a marre de ses belettes pseudo intello parisienne blanche coincé du cul

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