19 février 2017

Last Night, le punk est mûr

Le rock, et a fortiori le punk, serait l’apanage de la jeunesse, cette classe d’âge supposée porter en soi le germe de la révolte et les valeurs de la contre-culture. Mais cette idée reçue vole allègrement en éclat à l’écoute de « Friendly Fires », le second album de Last Night. Habile mélange de punk 80s, de hardcore, de garage sombre et de post-punk à la Devo, la musique du groupe parisien met la raclée à bien des groupes de jouvenceaux destroys en quête de sensations fortes. Elle est pourtant l’oeuvre de vieux brigands accusant une moyenne d’âge de 35 ans, tous occupés avec un « vrai » travail dans la « vraie » vie, bien décidés à ne pas se ranger des bagnoles. Et qui enterrent d’un doigt dans le bac à sable tous les petits Ian McKay en herbe des campus français.

Au départ entre 2011 et 2014, ce n’était pourtant pas gagné. Si l’urgence et la hargne nourrissaient déjà leurs premières compositions, elles s’exprimaient au travers d’un punk’n’roll garage sans grande saveur, tirant parfois vers le surf. Le tout momifié dans un son pseudo lo-fi sans relief. Vous imaginez, vous, Lance Armstrong gagner sept tours de France en plongeant tous les soirs ses mollets dans un bain froid aux huiles essentielles de tilleul ? Non, ce qui leur fallait, c’était de l’EPO – oui, en vieillissant, on a parfois besoin de produits.

Il y a deux ans, le trio d’origine s’est mué en quintet en enregistrant notamment l’apport d’un nouveau batteur et d’un troisième guitariste/claviériste qui ont apporté à l’ensemble un souffle hardcore salvateur. Résultat : la mayonnaise prend à merveille entre ces cinq vétérans de la scène punk-hardcore au CV long comme le bras – on compte ici des membres ou anciens membres de Frustration, Bain de Sang, Cavaliers, Fix-It, Actions Fall Short, Jetsex, M-Sixteen, Johnny Boy ou Master Master Wait.

À force d’enregistrements et de tournées DIY ces tauliers savourent aujourd’hui une dynamique de groupe rare, la maîtrise et la sérénité en plus : « Ça fait 15 ans qu’on fait ça, donc on ne tire pas un trait là-dessus comme ça, résume Jérôme, le batteur. Mais maintenant, on le fait plus sérieusement. Et le côté sauvage, on sait le mettre à profit. » Et étonnement, c’est très rafraîchissant.

Last Night // Friendly Fires // Le Turc Mécanique
https://lastfuckinnight.bandcamp.com/

3 Comments Laisser un commentaire

  1. Un doigt dans le sable? Ca va être dur,les jeunes n’écoutent plus Born Bad depuis trois ans,la faute au regard de travers du chanteur de Frustrmachin?

  2. huummm, y’a aussi le morveau @ cashier desk, y dit qui l’a tout, qui choppe tout, ça craint @ ce niveau. & y’a la bise @ JB, JP, JF, JK, JO,,,,,,,,,

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