Lafayette Afro Rock band s’est formé dans le New York ultra groove du début seventies.

Lafayette Afro Rock band s’est formé dans le New York ultra groove du début seventies. Une ère pré-disco ou héritage rythm n’blues, afrobeat naissant, jazz funk, et glam black cocaïné se mélangeaient dans une euphorie assez démesurée. Peut-être l’époque et l’endroit où j’aurais voulu être par-dessus tout.

Sauf que les mecs ont émigré en France. Trop de concurrence et pas assez de place. Les voici dans le Barbes seventies, plongés entre squats, hippies et communautés africaines. Pendant que d’autres se torchaient sur les New York Dolls à Pigalle, ça groovait sévère non loin de là. Une compilation toute neuve de leurs meilleurs titres. Quoique certains albums présentent des perles dissimulées. Avec à peine cinq albums et une poignée de singles, enregistrés également sous le nom de Ice, ce groupe à neuf têtes malaxait avec brio tous les traits de la musique black, empruntant autant aux Meters, qu’à Fela en passant par les premiers Funkadelic, Earth Wind and Fire, voir le jazz funk de Donald Byrd ou Roy Ayers.

Des morceaux qui tournent en boucle avec tous les ingrédients des seventies. Rhodes mark one, congas, cuivres bien gras, batterie au son de breakbeat, moog, et basse prodigieuse. L’instrument patron du funk. On se perd un peu à travers ces 15 morceaux. Assez longs et hypnotiques. A noter deux bijoux de Lafayette qui les font passer dans une avant-garde proche de celle du Kraut Rock. Racuba et Dr Beezar partent dans des contrés de funk futuriste. La première avec son thème de saxe maléfique, la seconde avec son duo basse moog en mode disco sortit d’une autre galaxie. Ces mecs étaient monstrueusement doués. Un groove qui reste intacte. Quels sont les blancs qui pouvaient prétendre jouer aussi carré à l’époque ? Led Zep et les Who paraissent bien pales à côté. Même si le style n’a rien à voir.

Aujourd’hui, Lafayette Afro Rock Band reste une anecdote pour beaucoup mais soulève la passion chez les dj et amateurs de groove pulpeux dont je fais partie. Le Wu tang Clan et bien d’autres ont samplé ces architectes talentueux aux breakbeat dorés. La musique black a depuis disparu. Les meilleurs d’aujourd’hui, Madlib, Jurassic 5 et autres Roots sont considérés comme les plus purs parce qu’ils remixent en préservant cette chaleur humaine. Si les gamins blancs se sont remis aux guitares début 2000, les petits blacks devraient bientôt se remettre à la basse (instrument le plus à la mode dans le Harlem seventies). Après de nombreuses écoutes dansantes du Lafayette Afro Rock Band et d’autres vieilleries, je ne souhaite qu’une seule chose en bon soulman réac: la mort du hip hop !! Darkest light…

Lafayette Afro-rock band // Darkest light // Strut (La baleine)

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