La dernière sortie Born Bad… Après, Frustration, Magnetix, et Cheveu (à quand les groupes Montagne, Déception et Jardin ?), voici Intelligence. la musique, quand elle vous

La dernière sortie Born Bad… Après, Frustration, Magnetix, et Cheveu (à quand les groupes Montagne, Déception et Jardin ?), voici Intelligence. la musique, quand elle vous plaît, fait paraître le temps plus court… Trop court? Réflexion sur le rapport quantité/qualité.

Que puis-je dire de cet album ? Un premier constat : JB Wizz aime toujours chapeauter les organisateurs de partouzes de crécelles (de) garage électrico-psychédéliques. Bienvenue dans une petite boutique de machins métalliques qui ne carillonnent pas du tout…. Plus précisément, Intelligence esquisse un digne continu dans un cycle de bruit saturé-structuré, tourbillon psychédélique qui s’est pris les jambes dans le Strawberry Alarm Clock et une bande-son de série Z. Personnellement, ça me convient tout à fait. Le label assume toujours son parti pris salvateur du vacarme cohérent dans un univers rempli de musiciens qui savent jouer (beurk !) et ne procurent aucune émotion. Ce n’est pas une mince affaire. La dissonance demande une cohésion, qu’il n’est pas aisée de trouver comme ça, d’une éjaculation artistique incontrôlée. Je tiens donc à témoigner aux membres du groupe tout mon respect et…

« Tiens, pourquoi y a plus de musique ? Le lecteur a buggué ? Non ! Le disque est terminé… »

Relevé des compteurs. 27 minutes. Je cesse de tapoter sur mon ordinateur. Je repasse par la pochette de l’album. Pas marqué « EP », ni « maxi », ni « échantillon offert », ni « supplément cadeau ». Durant un court instant, je crois au foutage de gueule. Prix de l’objet en question ? 13 €. Pas pire que NOFX et ses livraisons de 30 minutes, facturées 100 balles dans mes années collège, à l’époque du disque-roi. Mais bon… Self contrôle. Brainstorming intense… Je relativise. J’admets un réflexe (peut-être) puéril. Après tout, je chronique un CD reçu par la rédaction. Cela dit, difficile de ne pas penser à l’association d’idées, public = acheteur…

Si l’étalage du produit culturel en tant que vulgaire marchandise a conduit à un état d’énervement passager, je tente d’inverser ce processus afin de sortir de cet état d’esprit un brin chafouin. Après tout, il est possible de payer 9 € pour aller voir des films de merde de deux heures, boire une pinte de Guiness coupée avec de l’eau pour 6,50 €, bouffer des pâtes dans un restaurant pour 8 €. Album Crepuscule with Pacman = 13 €.

Album : n. m. Objet qui, comme chacun le sait, est un bien durable, contrairement aux séances de cinéma, à la bière et aux plats de restaurants…

Et rien ne m’empêche de me le repasser si la came est de bonne qualité, c’est précisément le cas ici. Le chemin de ma rédemption continue donc, au prix d’un raisonnement plus que limite.

A ce prix là pour une telle durée, la qualité doit-elle fondre dans une crème de paradis, et s’élever au rang de caviar musical ? Pas forcément. Après tout, le beau est une des priorités essentielles de l’éphémère…Argument faisant davantage le poids : la quantité ne s’évalue pas sur ce-que-vous-savez et je me dois avant tout de faire partager mon ressenti à propos de ce Crepuscule with Pacman.

Reste tout de même la question des 27 minutes… Je ne peux m’empêcher d’y revenir…

Alors, pour ne pas gaspiller son fric, un ciblage des heureux destinataires de l’objet s’avère nécessaire. Parce que quand même, il n’est jamais trop avenu de bien jouer son rôle de prescripteur… Surtout en période de crise, blablabla… Et pour ceux qui se contrefichent de la beauté de l’éphémère…

À qui se destine cette ordonnance d’Intelligence ? Pour répondre à l’épineuse question, j’ai conçu ce barème, prenant en compte les affres du contexte de l’époque et mon quotient de dérangement mental. Les résultats sont les suivants :

1. Ce disque colle à l’air du temps et du « vite consommable ». En 27 minutes, il peut faire office de bande-son pour un voyage en transports en commun. Ou d’une partie de jambes en l’air avec un robot rouillé. Les raisons ? Maelstrom métallique, canaux graisseux et guitares mal huilées. Les cadres pressés, psychotiques et priapiques, s’y retrouveront aussi, à tout moment de la journée.

2. Les amateurs de séries B ou de séries Z. Le second titre de l’album pourrait illustrer une formidable course-poursuite de poulpes-extraterrestres sous Prozac sur la route 66…

3. Les nostalgiques, les tordus du c’était-mieux-avant et autres passéistes. Tout compte fait, il n’est même pas question d’être passéiste. Le trip psychédélique a du bon. Car comme le dit (joliment) mon prof de philo : « ce n’est pas passéiste de savoir distinguer les belles choses de la merde ».

4. Moi. Je me le repasse souvent, ayant toujours l’impression que j’ai quelque chose à en tirer, sans savoir vraiment quoi… Je fais également partie des deux premières catégories. Mais je ne suis pas cadre… Seulement étudiant. Alors, pas de méprise, hein ?

Intelligence // Crepuscule with Pacman // Born Bad records.

http://www.myspace.com/theworldisadrag

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38 commentaires

  1. Et pour Joe Satriani, c’est sûr que si on devait enlever tout ce qui est pas bon dans sa masturbation floc floc guitaristique, c’est sûr qu’il resterait plus grand-chose…

  2. De quel prof de philo tu parles exactement ?

    Et désolée, mais aussi bon soit-il, avec un album de 27 minutes, moi, je me sens flouzée. Pas le temps de vraiment s’immerger dedans, et du coup, t’es obligé de t’y doper…

  3. Chère Bergamote:

    – Pour le prof de philo, je parle de Mister Grillo, une (pas si) vieille connaissance…
    – Peux-tu préciser ce que tu entends par “t’es obligé de t’y doper…”?
    – Après, je pense que c’est la qualité qui fait que l’on s’immerge dedans..
    Reprenons l’exemple de Melody Nelson (28 minutes): je sais pas pour toi, mais pour moi, ça a beau être court, j’ai l’impression d’avoir fait un sacré voyage…

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