©Franck Alix

On a laissé les mecs nous expliquer les chansons du nouvel album « Houses Are Built The Same » qui sort ces jours-ci sur Howlin’ Banana Records, et qu’on vous fait écouter en avant-première.

Parler, écrire, disséquer et argumenter, c’est normalement notre boulot. Sauf que parfois, on a besoin d’avoir des éléments de contexte pour bien cerner le propos, le sujet ou la vision. Bref, tout l’équilibre d’une chronique tiendra dans un bon dosage entre le storytelling et l’analyse musicale (et sociétale) des musiques, puisque les deux sont liées. Mais là, on n’a pas eu envie. La flemme, peut-être. Ou alors le fait d’avoir un disque, certes meilleur que le précédent, mais a qui il manque encore une pièce pour compléter le puzzle.

Sur « Houses Are Built The Same », le troisième disque du groupe toulousain, la ferveur ne manque pas. L’envie non plus. Et franchement, les jeunes rockeurs ont passé un cap, tant dans la production (qu’ils ont confié à Syd Kemp, un français exilé à Londres qui a bossé avec Thurston Moore, Vanishing Twin ou encore Ulrika Spacek) que dans la maîtrise de leurs compositions, plus vénères que par le passé. Les rythmes sont plus précis, plus carrés et globalement, l’album se hisse en haut de l’étagère. Mention spéciale pour Gold Rush qui est l’une des meilleures chansons du disque (avec Right Time et Institutions).

Au final, à la réécoute du disque tout en écrivant ces lignes, je me dis qu’en fait, c’est clairement par flemme qu’on a demandé aux membres de nous écrire quelques mots sur chaque chanson de l’album. Parce que ce disque, contrairement à cette introduction bancale, trouve son équilibre et son rythme.

The Bet. « Ce morceau raconte l’addiction au jeu, plus généralement l’addiction, mais via le prisme du jeu. Le fait de toujours être addict, au jeu, à la clope ou autre, ça revient sans cesse, et on n’arrive pas à suivre les conseils qu’on te donne. On l’a mis en premier parce que le morceau est entrainant et il colle avec l’introduction parlée de Maxwell James Farrington et Dewaere. »

Aquiel. « Ce morceau parle d’Aquiel, qui est un démon qui te bousille ton dimanche. Dans l’histoire, il est le démon qui est contre la messe du dimanche. On lui a rendu hommage car on le connaît bien ! »

Right Time. « Globalement le thème général, c’est l’aliénation que tu peux avoir au boulot : ne pas avoir de vie, tu ne fais que bosser, et ça te ronge. 35, 40 voire 45 heures par semaine et ça te détruit au final. C’est dur d’avoir une vie à côté, de faire de la musique ou d’avoir d’autres projets. Le personnage principal craque dès le début de sa journée, suant à grosse goûte à cause de son costume trois pièces obligatoire. L’angoisse de la routine. »

Institutions. « Ce morceau critique clairement les institutions publiques françaises qui sont parfois froides, pas accueillantes, administrativement pesantes, épuisantes, inhumaines, incompréhensives, illogiques et irrespectueuses. »

Open Your Eyes. « Quand t’as les réponses à tes questions, qu’elles soient minimes ou existentielles, sous les yeux, mais que malgré tout t’es trop têtu et aveugle pour les voir. »

Hidden Museum. « Il y a des gens qui collectionne des souvenirs de guerre sans les montrer, des collections d’objets sexuels, de livres interdits, ou encore d’animaux empaillés interdits. Ça parle donc d’avoir un musée caché à soi, qu’on ne montre presque à personne. C’est perso, tu n’y touches pas. »

Gold Rush. « Encore un morceau critique et un constat du monde du travail. Ça parle d’un mec qui galère à trouver du boulot, il est prêt à se vendre au diable pour trouver du taff. Une idée mise en lumière et illustrer dans le superbe clip d’Alison Flora. »

Taste Good. « Ce sont les renards de Londres qui sont malmenés. Les pauvres, ils bouffent de la merde, mais ils arrivent toujours à narguer les corbeaux. »

Reverence. « Cette chanson parle de la tournée de 20 dates qu’on a faite l’année dernière. On est allé jusqu’en Russie pour, au final, se faire refouler parce que les Russes sont hargneux. Le morceau parle de la tournée en général, tout le temps en mouvement, avec très peu de repos, rester coincer des heures dans un van à 7 ou 8 personnes… il n’y a pas trop d’intimité. Et puis il y a des concerts qui te donnent envie de continuer et d’autres qui te donnent envie d’arrêter. »

Shine The Light. « Le chevalier qui combat le mal, il porte une armure et un bouclier, il bosse de nuit, il a sûrement dû combattre Aquiel. »

Is Human A Reptile. « C’est l’histoire d’un lézard qui a un cerveau humain, il essaye de se transformer en humain, de se métamorphoser. Il y croit, mais ça ne marche pas et les autres reptiles le prennent pour un con et ne le comprennent pas. »

L’album « Houses Are Built The Same » sort le 24 avril sur Howlin’ Banana Records et le 22 mai en format physique.

10 commentaires

  1. Ben s’ils avait chanté en français y aurait pas eu à donner d’explications sur le sens des chansons
    C’est ballot cette affaire quand même….

  2. J’aimerais savoir où se trouve l’intérêt dans ce groupe.
    Y’a deux fois plus de trouvailles dans les chansons de Culture Club, c’est dire !

  3. “Ce disque trouve son équilibre et son rythme.”
    Quand t’as dit ça…
    Le discours de Benoît Hamon a trouvé son équilibre et son rythme.
    Le concert de Julien Doré a trouvé son équilibre et son rythme.
    Le dernier livre de machin-chouette a trouvé son équilibre et son rythme.
    Le film de Nicolas Bedos a trouvé son équilibre et son rythme.
    Même le confinement, si ça se trouve, a trouvé son équilibre et son rythme.
    Aarrrararrararrararghhhhh, je vais gerber.

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