Après avoir fait ses preuves dans la bricole de bootlegs et balancé ses mashups explosifs à la face du monde, Stéphane Mourgues alias « DJ Moule » arrête pour un temps de culbuter des LA Women quarantenaires à l’arrière de sa Benz. Hello Bye Bye arrive comme la fraîche rosée du matin, crachouillant ses embruns de jouissance aux ouïes du poulpe encore sur le cul d’avoir découvert par hasard le mollusque imposteur accroché à son rocher.

Non, le poulpe ne sait pas tout, le monde de la musique est aussi vaste et riche que le fond des océans. Mais quand on aime la musique, la moindre découverte est comme une seconde naissance, une bouffée d’oxygène obtenue à l’arrache par 300 mètres de fond. C’est ce qui m’arrive par cette rencontre inattendue avec la moulasse. J’étais à 20 000 lieues sous les mers de m’intéresser aux bootlegs et autres concours de mash-up quand il m’a fallu décortiquer le mollusque imposteur et m’enquérir de ses précédents méfaits. Mal m’en a pris car j’ai bizarrement aimé, j’ai succombé à son puissant Kids are Stronger et à son vociférant et tordant L.A. Woman dans ta Benz. Bref, le concept m’a plu ; j’ai trouvé le travail bien fait, rien à dire de ce côté-là. Avec Hello Bye Bye, Stéphane Mourgues change de direction et veut nous faire croire qu’il est aussi capable de proposer ses propres compos.

DJ Moule troque sa coquille étroite contre une ample tenue de cornac.

Le cerveau embrumé par je ne sais quelle substance hallucinogène, la moulasse choisit le cithare, l’intègre dans plusieurs de ses compos (Fast, Vertigo, I like the way, Good old Days) et devient le guide spirituel de centaines d’oliphants qui déboulent dans mon salon. Bien heureux de me faire croire que sa musique pourrait bien m’offrir un petit reste d’été indien en attendant l’hiver, l’album me fait débuter une sorte de voyage initiatique par un Optimism musclé et atmosphérique, une odeur d’encens emplit la pièce. Puis c’est au tour de Fast de me plonger rapidement dans l’ambiance Sex and the City version Bollywood d’une soirée branchée, cithare et vocodeur au Tantra de Calcutta. Il était évident que la perversité du mollusque allait se faire sentir. Si l’on cite en référence des influences telles que Air, les Chemical Brothers, Death in Vegas ou encore Phoenix, Taste et Don’t look at the past, petits bijoux d’électro pop atmosphérique me projettent quelque part dans New York à la recherche de l’amour perdu. True love Will Find You In the End de Daniel Johnston me revient alors en écho.

Out of my head clôt le voyage mais me reste gravé dans le bulbe.

Non la moulasse, je veux bien te dire hello mais certainement pas bye bye ! Pour une fois que je trouve un mollusque capable de faire voyager le poulpe d’un bout à l’autre du monde en restant bien calé au fond de son bocal, je ne te lâcherai pas comme ça. Tes compos m’ont convaincu, ton univers me plaît, suscite en moi le rêve et me regonfle d’énergie. Aller, c’est clair maintenant, I think it’s Gonna make it !

Hello Bye Bye // Hello Bye Bye // Pyromane Records
http://www.myspace.com/hellobyebyeproject

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