Entre psychédélisme à moitié assumé et envie de renouveau, les rockeurs les plus cools de l'ouest taclent les groupes hyper productifs et donnent un avant-goût de leur prochain album.

Les Night Beats, c’est l’histoire de 3 copains qui voulaient tout et rien à la fois, conquérir l’ouest d’un côté, le revendre à la sauvette de l’autre. Lassés des comparaisons avec Tame Impala et autres Black Lips, les cowboys veulent voir du pays. C’est à coup de reverbe déstructrice et de paroles pas toujours engagées que le trio compte mettre le monde à ses pieds. 2 ans après « Who Sold My Generation », les Night Beats reprennent la route afin de précher des contines pas super catholiques et de transformer l’eau en whisky. L’occasion pour Gonzaï de prendre la température quant à la sortie du prochain album des ambassadeurs du cool made in Texas. Afin de marquer le début de la trentième tournée des Night Beats, rencontre avec Danny Lee, leader du parti et Evan, nouvelle recrue et batteur à ses heures perdues.

On vous considere comme un des groupes phares du psychédélisme, vous en pensez quoi ?

Danny : C’est un honneur pour nous d’être une source d’influence. Jamais je nous collerai une étiquette sur la tronche genre « on fait tel type de musique ». Je ne peux pas empêcher les gens de le faire, je leur dis juste qu’au final, on fait du rock’n’roll comme un tas d’autres mecs. Tu peux creuser notre répertoire et y trouver de la soul, du R’n’B et même du blues. Le garage ou même le rock en général, c’est un gros fourre-tout et c’est pas si grave au final.

 Vous en avez pas marre qu’on vous compare aux Black Lips ?

Danny : Non, c’est des potes. C’est pas totalement idiot comme comparaison.

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Vous pensez qu’il y a un renouveau dans la scene rock garage actuelle ?

Evan : Je ne mettrais pas notre groupe dans ce gang là. Le psychédélisme c’est un terme qui attire, c’est triste mais c’est limite devenu une norme sociale. C’est un gage de qualité aux yeux d’un certain public.

Danny : J’apprécie de voir émerger des groupes qui assument leur étiquette « psyché », c’est comme dire « je fais du punk », ça ne devrait pas être une honte. C’est la perception des gens vis-à-vis de ce genre qui est faussée. On entend de la reverbe et du delay alors forcément c’est de la musique psychédélique. C’est faux. La vraie musique psychédélique te fais voyager, comme le deuxième album de Tyrannosaurus Rex par exemple, qui a pourtant été enregistré à la guitare acoustique.

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Vous en êtes au moins à votre vingtième tournée, quelles sont les différences entre vos différents publics ?

Danny : En Europe, ce qui est dingue, c’est que les gens attendent notre venue, ils chantent même la moitié de nos paroles. Il y a un vrai phénomène d’anticipation. Aux Etats-Unis, il y a tellement de groupes que les gens s’en branlent de rater une date. Ils se disent qu’ils ont la flemme de venir ou que le groupe reviendra sûrement dans un futur proche. Il y a tellement de choix que les gens perdent leur curiosité avec le temps.

Evan : On évoquait la musique psychédélique et Tame Impala, eux fonctionnent très bien aux Etats-Unis parce qu’ils savent faire attendre leur public. Et puis, Kevin Parker il a vraiment l’image de l’Australien hyper débrouillard et cool.

Vous arrivez à composer en tournée ?

Danny : On a déjà terminé de composer le prochain album ! Je commence à écrire celui qui viendra après lui. Je ne peux pas en parler mais je me sens vraiment léger et confiant. Pour répondre à ta question, je ne me pose pas dans le van, une guitare à la main dans l’idée d’écrire un tube. Je n’écris jamais chez moi, ma vie est un voyage permanent. Les concerts c’est notre métier mais nous sommes des artistes avant tout, composer, créer, c’est un vrai besoin.

« On a deux albums à notre actif et c’est important pour moi de les exporter le plus loin possible. »

« Who Sold My Generation » est sorti il y a 2 ans, il est prevu pour quand ce disque top confidentiel ?

Evan : On ne peut rien dire ou on nous tuera. Je peux juste te dire qu’on en est fiers et qu’il représente une nouvelle étape dans l’histoire du groupe. C’est une extension du son des Night Beats.

Quel est-il ce son ?

Danny : La recette ce serait peut être ma voix, mon jeu de guitare et l’équilibre entre la guitare et la section rythmique. Le groupe évolue et c’est difficile de nommer des ingrédients que l’on utilise toujours. Il y a 2 ans, je t’aurais répondu un truc du genre « des guitares assez violentes, des paroles plus ou moins engagées et une batterie solide ».

Evan : J’ai rejoins le groupe il y a deux ans et j’ai toujours apprécié l’esprit du groupe. Je n’arriverai pas à mettre des mots là-dessus mais je ne cherche pas forcément à rationnaliser ce que propose le groupe. On passe juste du bon temps entre potes qui s’inspirent. C’est un honneur pour moi d’être à la batterie, je sens que je tiens le groupe par les couilles mais en même temps j’attache beaucoup d’importance à valoriser la guitare et la voix de Danny.

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Vous ne faites pas partie de ces mecs qui sortent un album juste pour débuter une tournée, si ?

Danny : C’est notre dixième tournée, peut être même la trentième. On a deux albums à notre actif et c’est important pour moi de les exporter le plus loin possible. Il me faut du temps pour cerner les limites de ce que l’on sort. J’aime prendre mon temps et sentir que les gens attendent notre prochain disque.

Evan : Je respecte les mecs comme King Gizzard, Ty Segall ou les Oh Sees qui sortent 3 albums par an, ce n’est pas notre cas. D’ailleurs, ce qui m’énerve avec ces groupes c’est qu’ils prétendent proposer de la nouveauté mais le plus souvent ils sortent des versions alternatives de certains de leurs titres.

Danny : Attends, je peux rajouter un truc ? J’aime teaser les gens, tester des morceaux en live en cas d’incertitudes. Ma priorité est de proposer du contenu différent. Je te sers du whisky ?

Pour la prochaine question ça pourra peut être t’aider. Sinon que t’inspire la politique de Trump ?

Danny : Tu sais quoi ? Je ne veux même pas mentionner le nom de cette personne. Partout où l’on va, on entend son nom. La politique américaine et mondiale influencent ma manière de penser en tant que citoyen du monde. Je me sens concerné par la violence policière, le racisme et l’abus de pouvoir, c’est un fait. Cette personne ou cette chose à la tête du monde moderne ne mérite pas une goutte de plus de ma salive, ou de mon whisky.

Evan : Fuck Trump.

Le groupe sera présent aux côtés de Ty Segall & The Freedom Band, des Warbly Jets et de Mike Donovan à l’occassion de la prochaine soirée Gonzaï à La Rochelle le 31 Mai prochain. 

« Who Sold My Generation », toujours disponible sur Heavenly Recording.

 

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