L’enfant terrible du rap français récidive avec un sixième album fraichement sorti. "Vampire", pour celui qui cumule les concepts albums, et ultime doigt d’honneur à tous les suceurs de sang. Dernière livraison avant fermeture définitive pour Michael Eveno aka Supermicro Grems.

Aujourd’hui comme on se plait à le dire, tout le monde peut-être « journaliste » car bah oui, tout le monde peut donner son avis sur tout. En ce qui concerne Grems, il y avait ce commentaire sous une video youtube, il y a quelques années de cela, qui disait en substance : “Grems il réinvente tout le temps le rap car personne fait le taff“. Tout serait dit si ne suivait pas la suite.

Designer/graphiste par métier, graffeur et rappeur par activisme hip-hop, Grems est tout simplement un artiste complet si on ose prononcer la sentence, un bonhomme qui s’amuse et fait exactement ce qu’il veut. Au-delà de sa musique, Il n’y a qu’à voir ses vidéos, ou les visuels qu’il peut faire pour lui ou pour ses amis. Figure singulière mais pas solitaire, Grems égrène les projets au fil des rencontres, s‘entourant des meilleurs MC (Disiz, Sept, d’autres outsiders du rap game à la française), ou producteurs (Lefto, Noza), prenant de plus jeunes rappeurs sous son aile comme Entek et MiM avec PMPDJ, ou avec le collectif la Fronce qui fait couveuse pour toute une nouvelle génération de rappeurs déviants.

grems_vampireDroit jusqu’au bout, Grems a annoncé cet album comme étant son dernier, au moment même où le succès grand public pointe le bout de son nez. Il ne faudrait pas y voir une posture marketing façon -M- ou Johnny Halliday – qui n’en peuvent plus de mourir – mais simplement l’honnêteté intellectuelle de se retirer avant de se lasser, ou de lasser ses fans. Puisqu’il ne mourra pas prématurément façon rockstar, Grems met simplement les clés sous la porte tout en excluant pas les collaborations à venir. Sage précaution, ou clairvoyance ? Car cet album, porté par quelques titres imparables (l’entêtant Vampire, Cimetière), est presque fatiguant sur la durée. Vampirisé par son propre concept ? On pourrait dire que Grems fait maintenant du Grems, et que l’album s’essouffle par endroits, avec des productions qui jurent parfois avec l’ensemble (Full HD, Charogne) ou un rap un peu facile sur Les Bails qui nous font regretter le flow cabossé de Supermicro.
De manière générale, il s’agit tout de même d’un très bon disque, où les producteurs excellent dans l’exercice deepkhô (des productions deep-house / house sur lesquels un MC vient rapper) mais pas que, avec des productions variées (crunk, ou lorgnant vers la techno), et où Grems passe en revue toutes les facettes du vampirisme et règle ses comptes avant de dire au revoir en déployant son rap où l’absurde fait sens dans l’urgence des images accumulées. Tout cela nous faisant déjà regretter le Grems qui produit un rap d’un genre rare, vif et original.

Grems // Vampire // Grems Industry
http://www.gremsindustry.com/

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