Tout juste descendu du cosmos et de sa navette spatiale avec 17 hippies qui mélangent électro, funk et afrobeat, le leader du Golden Dawn Arkestra cite Sun Ra et revendique l'afropsych comme seule religion. Quel est donc le chaînon possible entre un texan blanc dont le space name est Zapot Mgawi et un égyptologue cosmonaute noir ? En pleine phase glande pinéale et troisième œil, j'ai tenté d'avoir quelques explications.

Direction le Sahara Lounge, un bar  génial et crasseux de l’east side où flotte en permanence une odeur de haricots noirs brûlés. Derrière la table de billard et à côté de la corbeille à tortilla chips, les haricots surchauffent dans une casserole à la propreté douteuse. De toute façon ils mangent tous tellement épicé ici qu’ils doivent être naturellement immunisés contre toutes sortes de bactéries digestives. Je m’abstiens et en regardant mon verre je regrette même de ne pas avoir pris une bière en bouteille. Zapot revient vêtu de son habit de lumière.

ATX

Vous pouvez nous raconter la naissance de Golden Dawn Arkestra ?

Depuis longtemps nous voyageons ensemble dans l’espace et dans le temps et nous avions pour la plupart déjà collaboré sur d’autres projets. La terre est malade et il nous a semblé que le bon moment était venu de nous retrouver ici pour inspirer les hommes à échapper à leurs addictions aux technologies, aux médias. Bref, apporter un peu de fantastique et de joie.

Vous dites être les enfants de Sun Ra et vous avez nommé votre groupe d’après le nom de son orchestre. Vous croyez comme lui que tous les êtres humains sont d’abord des êtres spirituels et que nous venons tous de l’espace. Avez-vous vécu une révélation mystique ?

Ma famille et les amis de ma famille étaient tous baignés de spiritualité. Je n’ai pas eu de moment déclencheur mais à travers la musique j’ai eu des expériences transcendantales et Sun Ra a été le premier qui a amené mon corps dans un état supérieur. Enfant, j’ai aussi vu plusieurs fois des OVNIs et des vaisseaux spatiaux. Cela s’est passé à Austin et près de Dripping Springs. La première fois, dans le jardin de nos voisins, nous avons vu trois grand disques de lumière, des cercles très brillants qui ont traversé le ciel. Une autre fois chez moi, c’était beaucoup plus intense, c’était tout près, flottant au-dessus de moi, un vaisseau avec une multitude de fenêtres éclairées. Évidemment que la vie existe ailleurs, ces êtres ne nous ressemblent certainement pas, ils sont peut être des énergies, de la lumière. Tout a été créé à partir d’énergie et de vibrations. Tout ce que nous prêchons, je n’aime pas spécialement le mot prêcher mais nous prêchons un peu, c’est que l’univers est tellement grand et nous faisons partie de cet univers immense, tout est énergie, particules et poussières d’étoiles.

Il y a un engagement politique très fort dans la musique de Sun Ra. Est ce que vous avez un message à faire passer ?

Sun Ra vient d’une époque très différente mais tout ce pourquoi il se battait est toujours pertinent aujourd’hui. Je suis sûr qu’il venait de l’espace. Nous essayons de convaincre le public qu’il est possible de faire un monde meilleur avec moins de négativité. Nous sommes en train de tuer la planète et cela doit s’arrêter. Nous croyons en notre système solaire et nous vénérons Ra. Sun Ra est notre leader spirituel et nous l’étudions mais Ra, le dieu du soleil a créé tout ce qu’il y a sur cette planète sinon il n’y aurait rien et aucune nourriture. Cela peut paraître étrange de vénérer le soleil mais c’est lui qui nous donne tout. Nos chansons sont souvent écrites dans notre propre langage mais nous écrivons beaucoup sur l’importance de changer avant qu’il ne soit trop tard, pour protéger la terre. Il faut aussi vivre dans le moment présent, s’amuser et faire la fête, surtout si la fin du monde est proche.

“Dans les années 70, tout le monde avait un groupe avec beaucoup de musiciens et ils portaient tous des déguisements. Aujourd’hui tout le monde a un ordinateur et une guitare.”

D’où viennent vos influences africaines ?

J’ai grandi en écoutant mon beau-père jouer de l’oud et j’écoute beaucoup de musique africaine. Je suis un grand fan de Fela Kuti et de William Onyeabor, un autre artiste nigérian. Il a été une grande influence sur cet album. Nous sommes tous originaires d’Austin mais il y a dans notre sang des horizons très divers : l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie. Naturellement, notre son est un mélange de genres : électro, surf, disco, funk, jazz. Les danses et les costumes nous permettent de voyager à travers les cultures et les musiques. Récemment, j’ai vu une vidéo d’Earth, Wind and Fire et je me suis rendu compte que dans les années 70, tout le monde avait un groupe avec beaucoup de musiciens et ils portaient tous des déguisements. Aujourd’hui tout le monde a un ordinateur et une guitare.

Un groupe aussi éclectique pourrait-il exister dans une autre ville qu’Austin ?

Ce serait dur. Nous avons choisi ce moment précis dans le temps, ce groupe de gens et ce lieu. On entend partout qu’Austin est en train de changer mais ce sont seulement des immeubles. Ce qui est important c’est ce qu’il y a dans la tête des gens. L’ouverture d’esprit et l’acceptation de la nouveauté est toujours là.

Vous êtes propriétaire du Sahara Lounge, une des salles de concert les plus cool d’Austin où se mélangent les riverains de cette partie pauvre de la ville, les ouvriers et les cool kids.

Cet endroit magique est notre maison spirituelle. À Austin, ça a été possible de faire ce lieu. Nous répétons ici, nous y avons fait nos premiers concerts. J’aime cet endroit et j’y venais déjà avant. J’ai eu une vision très cinématographique comme un mini script et le nom m’est apparu.

Pourrons-nous vous voir en concert en dehors d’Austin ?

Nous allons tourner un peu, louer un avion ou un vaisseau spatial, peut-être même en France. Nous avons eu quelques propositions. Nous essayons d’apporter de la joie et de ramener les hommes à leur être primaire, les transporter dans une sorte d’état extatique, entre méditation, transe et beauté.

https://www.facebook.com/TheGoldenDawnArkestra

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