« Calme ta joie le poulpe, le classique n’intéresse pas les lecteurs de Gonzaï, rappelle moi quand ton Schlimé aura enfin décidé de sortir un vrai putain d’album rock’n’roll !». C’est sur ces doux mots que Klavier Stuc, notre spécialiste du piano, furibard, m’a récemment violemment raccroché au nez. C’est vrai que Bach ou Cage ne sont pas des compositeurs très sexy ni même catchy. Me reste à relever tout seul le challenge d’une chronique de suivi que certainement personne ne lira. Ça sent déjà sacrément le pied de facteur, bonjour l’inspiration.

Bref oui, quand on a encensé à de multiples reprises un artiste en l’exhibant comme une bête de foire, l’élevant au rang d’Interface homme-machine ou au génie d’un Mozart rebaptisé à l’arrache Aufgang Amadeus Schlimé, on se doit de le suivre partout où il va, quitte à en payer le prix fort. Suer ses tripes d’écrivaillon à la recherche de l’inspiration qui viendra peut-être, aux forceps, donner de l’intérêt à ce BachCage en forme de  revival classique de bonne famille. Peut-être un petit peu trop pointu pour donner de l’appétit au lecteur de Gonzaï, et peut-être un petit peu trop prétentieux pour appâter le classicos de base. La démarche de Schlimé s’inscrit ici encore dans la proposition de nouvelles idées. Rapprocher Bach de Cage est périlleux mais aussi douteux, les baroqueux purs et durs n’apprécieront que moyennement le mélange des genres. Qu’à cela ne tienne, il bouscule encore le protocole et y colle même ses propres compositions pour finir de donner le liant nécessaire, un bon Tristano introit en levé de rideau. L’argument principal n’est certainement pas de révéler au monde incrédule que les musiques de Bach et de Cage se ressemblent. Mais de mettre en valeur deux compositeurs innovants, chacun dans son siècle (XVIIIe et XXe), chacun pionnier dans la découverte de tout ce qu’on peut faire avec un clavier puis, par extension et pour Cage uniquement, ses entrailles. Si Bach multiplie les formes baroques avec ses sarabandes, allemandes, gigues et autres menuets, Cage « prépare » son piano en lui fourrant divers objets entre les cordes histoire d’en modifier le timbre et d’en faire un véritable orchestre de percussions. Il devient le loup blanc de la musique classique contemporaine, mais ses compositions minimalistes influenceront définitivement le genre. L’esprit mathématique et spirituel de Bach se rapproche de celui d’un Cage pétri de philosophie hindoue et de « zen » qu’il découvre en Chine et au Japon. Le décor étant planté, je n’ai plus qu’à me laisser porter par la musique en espérant que l’interprétation me fasse, pourquoi pas, atteindre le Nirvana.

Tristano joue Bach sur piano moderne à la Gould, limitant son legato et l’usage de la pédale. Passe sur ordinateur et synthé vintage pour faire résonner le minimalisme onirique percussif des compositions de Cage. L’ensemble tient sacrément la route et inspire mes ouïes de classicos bien au-delà de ce que j’avais pu espérer. Les instruments se rapprochent et les univers se fondent en harmonie tonale, les ondes sonores se transforment en ondes cérébrales, invitant à une méditation bienfaitrice doucettement lovée dans sa structure cyclique. Surtout ne pas décrocher, se laisser porter et apprécier pleinement ce vrai moment de paix intérieur et d’harmonie. Je lévite et me dis que, finalement, je n’aurai pas trop sué à faire l’écho de ce BachCage, puisqu’à la fin c’est toujours Schlimé qui gagne. De mon côté, j’ai fait le taf et j’attends dorénavant, avec Klavier Stuck, que notre pianiste fétiche nous ponde enfin un vrai putain de bon disque rock’n’roll déjanté. On l’aura bien mérité !

Francesco Tristano // BachCage //Deutsche Grammophon (Universal)

11 commentaires

  1. pourquoi cette musique ne plairait pas aux lecteurs de gonzai, depuis la guinche des clodos ou j’ai gaffé sa terrine et plotté ses roberts; mon palpitant n’a pas vibré autant .alors si comme mézigue vous pincez pour francesco et que vous avez le palpitant a la godille si vous pincez pour tézig comme moi pour sa poire réécoutez; lavez vous les esgourdes et refaites une petite écoute pour la rondibée!!!!!!!!!et dites merçi le poulpe !!!!!!!!!!!!!!

  2. pourquoi cette musique ne plairait pas aux lecteurs de gonzai, depuis la guinche des clodos ou j’ai gaffé sa terrine et plotté ses roberts; mon palpitant n’a pas vibré autant .alors si comme mézigue vous pincez pour francesco et que vous avez le palpitant a la godille si vous pincez pour tézigue comme moi pour sa poire réécoutez; lavez vous les esgourdes et refaites une petite écoute pour la rondibée!!!!!!!!!et dites merçi le poulpe !!!!!!!!!!!!!!

  3. comme une pesante envie de se suicideren ecoutant la 1ere minute. Non pas que ce morceaux soit triste, ou nostalgique ou même beau, seulement c’est chiant, on ne sait pas trop où il se situe : sans être grave on peut dire qu’il s’exempte de toute frivolité, en effet il se balade avec ou sans son piano. Alors quoi on allume une cigarette, on renoue son echarpe puis on se laisse surprendre par cette course que nul n’annonce, alors on se retrouve face à la boulangerie à regarder son propre reflet dans la vitrine accompagné de tartes meringuées ainsi que de pains au chocolat et on a envie de demander son nom à la boulangère qui semble si fragile pour une fois, et tout fini, nous avons droit à un triste monologue avec nous même et peut être le nom de cette enfant pour dernière note. Alors on se dit pourquoi pas, où le classique devient mainstream et moins encore.

  4. @Rasier : Hey mec, si t’aimes pas le classique, pas de soucis hein, te suicide pas pour ça. L’album de Schlimé n’est pas qu’un « Morceau » comme tu dis même si s’en est un gros pour toi apparemment. Marrant que ta prose soit si développée pour dire que finalement tu n’aimes pas. T’es un poète mec, tu me rappelle Prévert quelque part avec ta vitrine qui pourrait convenir à la « grasse matinée ». Mais ce ne sont que des mots posés à l’arrache. Le classique ne deviendra jamais mainstream.

  5. haha que de mots posés à l’arrache et pourtant tu semble bien émoustillé mon ami. Très bien finalement ce morceau est bien choisi pour introduire ce néoclassique qui ne conviendrait ni aux classiques ni aux branchés mais seulement aux orpailleurs gonzo. en réalité ce morceau ainsi que tout l’album doit s’écouter en compagnie de Luciesd pour être compris, alors toute la fragilité de l’interprete née et nous laisse en émois jusqu’a ce que le glas ne sonne, laisse un court moment de reflexion et t’entraine dans le gouffre de la passion et par inadvertance tu pense à la fois où t’as dépucelé cette fille, ha tu ne te souviens pas de son nom quel dommage, où tu pars tranquile tu tiens à ce qu’elle apprécie puis au bout d’une minute tu te lasse, alors commence la symphonie, la pièce vie et respire à ton rythme qui s’est adapté au sien et tu jouis d’une infinie liberté jusqu’a ce que le milieu de cette jolie fleur ne bouffe ses pétales. alors tu n’as plus que ces quelques notes pour te finir et ça te suffi et tu te dis que c’est pas si mal finalement et alors tu te contente du médiocre, tu le glorifie même à partir du moment qu’il sort du lot. J’aime le classique, je peux me branler dessus pendant des heures seulement ce n’est pas cette vierge minaudé qui me fera devenir PD, juste bon pour un trip. Alors je regarde ma bite, son ventre immaculé et je ne peux m’empecher de sentir une certaine frustration qui me rend eunuque le temps d’une croche.

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